Chalon sur Saône

CONSEIL MUNICIPAL - "Vous me demandez de faire quelque chose qui existe déjà à Chalon sur Saône !"

Dans le cadre du vaste mouvement de lutte porté par les Coquelicots, l'opposition municipale a demandé au maire de Chalon d'interdire tout usage de pesticides de synthèse et de glyphosate sur la commune... Un sujet déjà clos depuis trois ans pour Gilles Platret.

Le mouvement des Coquelicots s'organisant à Chalon sur Saône comme dans de très nombreuses villes, le sujet de l'usage des pesticides de synthèse est venu sur la table ce jeudi soir à l'occasion du conseil municipal. Après la lecture du voeu déposé par les élus du groupe Chalon Autrement, Gilles Platret s'est dit quelque peu gêné sur le dossier, rappelant "vous me demandez de faire quelque chose qui existe déjà à Chalon sur Saône !". Le maire a rappelé que depuis trois ans, Chalon sur Saône a tourné le dos à l'usage de la chimie dans la gestion de ses espaces verts et que depuis quelques années, les méthodes manuelles et/ou plus respectueuses de l'environnement ont pris place. Afin de couper court à toutes polémiques éventuelles, le maire a proposé à l'opposition de retirer juste le dernier paragraphe du voeu, avant que ce dernier soit validé en conseil municipal, tout en profitant de l'occasion pour souligner que l'exception qui autorisait l'usage des pesticides dans les cimetières sera définitivement close à l'automne. La ville de Chalon ayant anticipé la fin de l'exception. 

Laurent Guillaumé 

 

 

Voeu déposé par les élus de Chalon Autrement 

Depuis plusieurs mois le mouvement des Coquelicots Chalon se rassemble pour demander l'interdiction
de tous les pesticides de synthèse, et sensibiliser la population à l'urgence de sortir des pesticides pour
promouvoir les alternatives. Dans cette perspective, le mouvement a mené une campagne d'interpellation
auprès des 51 communes de l'agglomération, pour accompagner les communes dans une démarche zéro
phyto, agricole notamment, et protéger les habitants. Chaque commune a reçu un exemplaire d'arrêté zéro
glyphosate et une motion de soutien au Mouvement des Coquelicots votés par Dijon, Chenôve et
Besançon,
Nous proposons donc ce soir de répondre aux citoyens soucieux de la santé des chalonnais et de présenter
un voeu de soutien.
Considérant que :
• Au sortir de la seconde guerre mondiale, il fallait reconstruire notre pays. Sur le plan de
l’agriculture la généralisation de la production et de l’usage des pesticides a pu sembler être une
solution.
• Aujourd’hui les pesticides ne sont plus une réponse appropriée au modèle de développement de
nos sociétés, qui doit être soutenable sur les plans environnemental, climatique, sanitaire et de
protection de la biodiversité. L’enjeu est désormais d’offrir des solutions protectrices pour notre
santé et les écosystèmes, et rémunératrices pour les paysans. Les pesticides sont partout, y compris
dans nos corps. Les résultats de 63 prélèvements d’urine réalisés récemment par le collectif
glyphosate de Côte d’Or sont sans appel : ils sont tous positifs au glyphosate.
• Des centaines d’études parues dans les plus grandes revues scientifiques démontrent les dangers
pour l’homme et l’environnement : explosion de maladies chroniques, pollution des eaux, déclin
massif de la biodiversité.
• L’intensification des pratiques agricoles de ces vingt-cinq dernières années et la généralisation des
pesticides sont à l’origine du déclin massif de la biodiversité : nos oiseaux, nos abeilles, plus
largement nos insectes disparaissent à une vitesse vertigineuse, à tel point que, comme le montre
un rapport de l’IPBES(*), et daté du 6 mai, nous sommes à l’aube d’une 6-ème extinction de
masse des espèces dans les prochaines décennies (1 million d’espèces menacées sur les 8 millions
répertoriées).
• Les professionnels, que sont les agriculteurs, ouvriers agricoles, épandeurs, employés de
l’industrie agro-alimentaire, techniciens testant les pesticides, ouvriers de l’industrie de production
et de stockage etc, pris au piège et dupés par les fabricants, sont les premières victimes des
pesticides. A ce titre, nous déplorons que le gouvernement ne souhaite toujours pas légiférer pour
l’interdiction de certaines molécules dangereuses, comme le glyphosate.

• En l’absence d’un véritable fond d’indemnisation des victimes des pesticides, ce sont les
agriculteurs qui financent eux mêmes la prise en charge des victimes. Les fabricants, eux, sont
exempts de toute participation financière tandis que les drames et les décès s’accumulent. Au
contraire, mus par la recherche effrénée du profit, ces fabricants cherchent par tout moyen à
contourner les mécanismes de régulation de l’usage des pesticides en proposant de nouvelles
molécules sur le marché. Pourtant, la population est prête et aspire à une transition écologique de
l’agriculture et de l’alimentation car les alternatives aux pesticides existent. C’est le sens des
rassemblements réguliers du mouvement « Nous voulons des Coquelicots », à Chalon comme
partout en France.
• Le mouvement Appel des Coquelicots milite pour l’interdiction des pesticides de synthèse en

France.
• Cet Appel a déjà reçu près de 500 000 signatures, soutenu notamment par des associations, des
personnalités du monde scientifique et médical.

Le conseil municipal de Chalon sur Saône, réuni en séance le 20 juin 2019 :
• Rejoint l’Appel des coquelicots, qui demande l’interdiction de tous les pesticides de synthèse.
• Soutient les victimes de maladies professionnelles et demande des mesures visant la réparation
intégrale de leur préjudice.
• Demande au gouvernement et à l’Assemblée nationale d’accélérer les mesures
d’accompagnement des agriculteurs dans la mutation de leur modèle de production agricole.
Cela, afin de permettre à la fois une juste rémunération de leur travail et une sortie rapide et
effective des pesticides de synthèse.
• Décide de publier immédiatement un arrêté d’interdiction du glyphosate et de tous les
pesticides de synthèse sur la commune de Chalon sur Saône.

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