Cinéma

La Bobine aborde le thème du harcèlement sexuel au travail dans «Working Woman»

Jeudi soir, l'association chalonnaise pour le cinéma, La Bobine, proposait, «Working Woman», un film israélien sur le thème du harcèlement sexuel au travail et ses conséquences dévastatrices. Résumé de la soirée et plus d'explications avec Info Chalon.

Jeudi, à 19 heures et à 21 heures, l'association chalonnaise des mordus de cinéma, La Bobine, proposait «Working Woman» (2019), un film israélien réalisé Michal Aviad, sur un scénario de Sharon Azulay Eyal, Michal Vinik et de la réalisatrice (Image : Daniel Miller) avec Liron Ben Shlush, Menashe Noy et Oshri Cohen.


Orna travaille dur pour aider sa famille et arrondir ses fins de mois. Brillante, elle est rapidement promue par son patron, Benny, mais très vite, les sollicitations de ce dernier deviennent de plus en plus intrusives et déplacées.


Le film était présenté, en présence, entre autres, du célèbre critique de cinéma Nguyen Trong Binh et de la présidente de l'association , Chantal Thévenot, du secrétaire de l'association, Jean-Luc Chemorin, la trésorière adjointe, Marie-Denise Mollard et de Janick Leconte, au Mégarama Axel, situé au 67 Rue Gloriette, à Chalon-sur-Saône.


La réalisatrice n'en est pas à son coup d'essai. Elle a déjà signé plusieurs documentaires et un long-métrage de fiction, «Invisible» (2010), qui mettent en lumière des destins des femmes. Michal les sublime, leur donne la parole et une place. «Working Woman» s'inscrit pleinement dans cette démarche. La réalisatrice nous immerge dans un film d'une justesse angoissante avec une analyse très étayée et subtile des mécanismes du harcèlement sexuel au travail. Il y a les actes proprement dits et aussi surtout ce climat de terreur insidieuse qui règne à partir du moment où un patron se permet des mots puis des gestes inappropriés vis-à-vis d'une employée.


Féministe engagée, Michal Aviad filme les conséquences dévastatrices du harcèlement sexuel sur la victime et tout son entourage, sans prendre position et en montrant l'engrenage froid d'un comportement pervers.


«Working Woman» explore les tourments psychologiques de la victime aussi bien que les contingences économiques qui pèsent lourdement. Le film montre la complexité de cette relation toxique où le bienfaiteur d'un jour est aussi un pervers manipulateur visiblement expert dans les rapports dominant/dominé. Tout se passe insidieusement, sans drame ni cris. Un baiser volé suivi de plates excuses, une remarque sur une coupe de cheveux, des coups de fil le soir... Orna subit de la part du chef d'entreprise qui vient de la recruter un harcèlement diffus, si proche de la maladresse qu'il suscite d'abord l'indulgence.


Le mélange vie professionnelle/vie privée ajoute une perturbante ambiguïté dans laquelle se trouve l'héroïne de «Working Woman». Les comédiens, tantôt touchants, violents ou acharnés donnent vie à des personnages d'un réalisme saisissant et d'une pertinence remarquable. La mise en scène est sobre et efficace.


Orna est une jeune femme pugnace et lumineuse, elle ne baisse pas les bras. Ses instants de faiblesses sont magnifiés par la bienveillance de la caméra. Elle nous emporte avec elle dans cette histoire et notre empathie envers elle nous fait respirer à son rythme.


Plus d'une centaine de curieux se sont rendus à l'Axel, à la découverte de ce digne ambassadeur du cinéma de l'État hébreu.


Prochaine projection proposée par La Bobine, en partenariat avec le festival des Musicaves, «Eric Clapton : Life in 12 bars», le documentaire de 2 heures 14 minutes réalisé par l'américaine Lili Fini Zanuck sur la légende vivante du Blues et du Rock, le lundi 24 juin, à 19 heures 30.


(Crédits photos du film: ©KMBO)

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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