Côte chalonnnaise

A Saint Désert, municipalité et viticulteurs déclarent la mobilisation générale

Les stigmates des inondations de la semaine dernière sont encore bien visibles et le ras le bol général de la population a obligé municipalité et viticulteurs à réagir. Les explications d'info-chalon.com.

C'est une urgence que Daniel Christel, maire de Saint-Désert, a convoqué une réunion, en présence des viticulteurs de la commune. Une réunion en présence de Jean-Luc Duvernay, viticulteur de Mercurey mais surtout en sa qualité de Président de l'Association Foncière de Mercurey. Une association née des terribles inondations du début des années 80 et qui avaient ravagé le centre bourg de la commune de la Côte Chalonnaise. "Ce sont 24 millions de francs qui ont été mobilisés pour faire les travaux" a rappelé Jean-Luc Duvernay, en sa qualité d'expert. "Un travail qui a été mené parce que Mercurey a été la première commune viticole de France a être remembrée" a précisé le viticulteur face à des viticulteurs de Saint Désert, confrontés à une problématique qui se rapproche de celle de Mercurey.

La RCEA et son passage en 2X2 voies pointée du doigt

Viticulteurs et municipalité n'ont pas été très tendres avec la responsabilité des services de l'Etat dans la prolifération des inondations sur la commune. Pour eux, le doute n'est guère permis entre le passage de la 2X2 voie et les conséquences fâcheuses en terme de gestion des eaux pluviales. "Il y a une responsabilité qui ne fait aucun doute et il va falloir que l'Etat prenne la mesure de ses responsabilités dans ce dossier" a laissé éclater Daniel Christel, alors que les viticulteurs ont fait savoir qu'ils avaient mal vécu d'être sur le banc des accusés après les inondations de la commune. Des inondations qui ont une fâcheuse tendance à se répéter. 

"Nous avons tous notre part de responsabilité, mais ça suffit de se voir toujours pointé du doigt" ont martelé les professionnels du vin. 

"On va demander la déclaration de catastrophe naturelle mais ne vous attendez pas à des miracles"

Daniel Christel a prévenu, "la notion de catastrophe naturelle répond au côté exceptionnel et là ce n'est plus le cas. Nous avons eu des inondations en 2015, 2016 deux fois, en 2017 et 2018, il y a urgence à agir, et je ne veux pas qu'il soit dit qu'on aura rien fait". 

5 à 6 bassins identifiés sur la commune pour l'eau pluviale

S'appuyant sur l'étude commandée par le Grand Chalon, le maire de Saint Désert a projeté le PLUI aux viticulteurs, marquant les 5 à 6 zones municipales ou privées retenues pour créer des bassins artificiels de rétention d'eau pluviale. Unanimement, les viticulteurs, pour nombre d'entre eux, propriétaires des dits terrains, ont fait savoir leur volonté de s'adosser au projet, et de trouver des solutions 

Un point de blocage ? 

Pour autant, d'autres viticulteurs ont pointé du doigt les responsabilités de l'ancienne équipe municipale, "ça fait vingt ans qu'on aurait du le faire et une époque c'est pour des raisons de querelles personnelles que les projets d'aménagements n'ont jamais vu le jeu. Je regrette qu'on en soit arrivé là !". Autre point d'interrogation, c'est bien évidemment la question de la gestion des eaux pluviales émanant des communes situées plus en amont à l'image de celle de Moroges, qui devra tôt ou tard se poser la question en terme d'aménagements, question sans laquelle les projets de Saint Désert resteront vains. 

En attendant, et en urgence, un premier bassin, sur un terrain appartenant à la commune va être mené, et des travaux de curage des fossés vont en mener en concertation avec les viticulteurs, notamment grâce à l'apport logistique de leurs remorques, permettant à la commune de limiter les dépenses. 

Laurent Guillaumé

 

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