Culture

Sylvie Vartan et Isabelle Mergault ont ouvert puis bloqué les vannes du rire...

Difficile à tout le moins d’être et d’avoir été ! Quand vous êtes affublé de ce satané statut de has been, alors la descente aux enfers s’avère innommable…C’est typiquement le cas de Victoire Carlotta, star de cinéma déchue, écartelée entre les fastes d’avant et la dureté de maintenant…

Il ne faut jamais désespérer

Pour la deuxième salve des Théâtrales 2016-2017 tirée ce jeudi soir à Chalon-sur-Saône dans une  salle Marcel-Sembat pleine à craquer, le théâtre de boulevard était à la parade avec la pièce « Ne me regardez pas comme ça » signée Isabelle Mergault. Exigeante, enflammée, assoiffée (énumération non exhaustive !), ainsi est apparue l’ex-diva Victoire Carlotta, incarnée par une Sylvie Vartan convaincante à souhait dans ce rôle où désuétude, usure du temps et désamour accomplissent sans vergogne leur sinistre besogne. Désireuse de ne pas laisser partir en fumée les pans d’un patrimoine artistique commun, prend-elle la décision de faire consigner noir sur blanc ses mémoires. Or, ne voilà-t-il pas qu’en pensant faire la connaissance de Marcel, l’auteur diligenté par son éditeur…la cabotine actrice tombe nez à nez avec Marcelle, auteur patenté, mais consécutivement à un ouvrage inhérent à la cuisine ! Pas vraiment la même chose, même si flatter les papilles est aussi un art à part entière !

Cette relative déconvenue devait être le point de départ du cheminement de deux femmes aux antipodes l’une de l’autre, mais qui ont toutefois l’impérieuse nécessité de s’apporter mutuellement pour que le résultat final n’en pâtisse point. Au cours d’un voyage à Rome, Ville éternelle où jadis Victoire tourna un film, Marcelle éprouve toutes les peines du monde à lui arracher des bribes de son passé resplendissant. Une réflexion l’assaille alors : « Ce trou noir, c’est troublant ! » Fort heureusement, devant les états d’âme de la grande dame à la conduite excentrique, Marcelle, très pince-sans-rire, est bourrée d’un humour primesautier qui fait mouche à tous les coups dans les travées. La patte reconnaissable d’Isabelle Mergault…Par le plus pur des hasards la campagne italienne allait à son corps défendant bouleverser l’ordonnancement jusque là en place, mené cahin-caha. Alors que Victoire se remet, semi-inconsciente, d’une morsure de serpent, Victor (Pierre Deny),un dessinateur-peintre, la croque au sens noble du terme à son insu.

Ragaillardie par ce soudain regain d’intérêt à son égard, l’actrice reprend du poil de la bête et se redécouvre une autoattirance passablement émoussée. Réticent au début, l’homme au crayon s’enhardit, et finit par succomber aux charmes de son modèle. En tout bien tout honneur, cependant la fulgurance de l’amour a bel et bien fait son œuvre des deux côtés…renvoyant Marcelle à ses chères études, cependant prompte à se raccrocher à une branche ! Le livre patientera, il n’y a plus péril en la demeure…

                                                                                              Michel Poiriault

                                                                                              poiriault.michel@wanadoo.fr

 

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