Culture

Premier concert de l’année pour le chœur « Voix You Voix Yelles »

« C’est un peu notre maison. Nous y chantons toujours avec un immense plaisir » dit Olivier de Séresin. « Voix You Voix Yelles » aime revenir au temple de l’Eglise Réformée et cela s’entend...

Depuis 2011 le président de ce chœur « pas tout à fait comme les autres » et les membres qui le composent débutent toujours leur année musicale avec un concert dans l’édifice religieux de la rue Carnot et jusqu’à présent cela leur a constamment réussi. Alors pourquoi changer ?
En ce début 2018 « Voix You Voix Yelles » et son chef Grégory Johnson ont une nouvelle fois donné rendez-vous à leur fidèle public. Pour un vrai moment de bonheur qui a duré plus d’une heure et quart et au cours duquel les mélomanes avertis et les autres ont pu voyager dans l’immensité de l’univers musical.
Comme à leur habitude, les choristes chalonnais ont fait une entrée dans le temple, d’une façon originale, en interprétant un chant traditionnel flamand, « Zottelmarsch », que l’on avait déjà pu entendre il y a quelques années à l’abbaye de Tournus, à l’occasion du Festival des trois chorales.


Le « Panis Angelicus » premier temps fort


Un des temps forts du concert a été le « Panis Angelicus » de César Franck. « Panis Angelicus » est un des trois hymnes liturgiques écrits par Thomas d'Aquin pour la fête du Corps du Christ, la liturgie eucharistique et la liturgie des heures de l'Église. En 1872le compositeur franco-belge a arrangé l'hymne en l'incorporant dans sa Messe à trois voix opus 12.
Auparavant les membres de « Voix You Voix Yelles » avaient chanté successivement l’« Ave Verum Corpus » de William Byrd, « Lascia ch’io pianga » de Georg Friedrich Haendel et « Le Chant des Oyseaux » de Clément Janequin. Compositeur de la Renaissance, William Byrd est considéré par beaucoup comme le plus grand compositeur anglais de tous les temps. Malgré l'imposition de la religion anglicane, Byrd a continué à écrire des œuvres en latin pour des offices catholiques, sans être trop inquiété, du fait de la reconnaissance de son talent ou de pièces dédicacées en l'honneur de la reine Elizabeth 1er. On lui doit ainsi un "Ave Verum Corpus", un des plus beaux exemples de musique sacrée. « Lascia ch’io pianga » est une aria écrite par Georg Friedrich Haendel. La mélodie provient de son opéra « Almira », datant de 1705. Le compositeur anglais d’origine allemande l’a réutilisé dans son oratorio « Le Triomphe du Temps et de la Désillusion »  en 1707, puis dans son opéra « Rinaldo » en 1711. « Le Chant des Oyseaux » a été écrit en 1537 par Clément Janequin, considéré comme un des maîtres du chant polyphonique, profane, spirituel et religieux. Il s'agit d'une chanson avec un refrain et quatre couplets. Le 1er couplet est consacré aux oiseaux en général, le 2e au petit sansonnet de Paris, le 3e au rossignol et le 4e au coucou.  Janequin utilisant des onomatopées pour imiter le chant des oiseaux.
Avant l’entracte l’assistance a pu écouter tour à tour quatre autres chants, « Northern Lights » d’Ola Gjeilo, « Seinn Aililuia », « Signore delle cime » de Giuseppe de Marzi et « River in Judea ». Ola Gjeilo est un compositeur norvégien contemporain, vivant aux USA.  Il a créé « Northern Lights » en 2007 en voyant les aurores boréales dans son pays, où il était retourné passer Noël. Devenue un grand succès mondial « Signore delle cime »  a été composé en 1958 par Giuseppe de Marzi en hommage à un camarade tragiquement disparu en montagne en 1951. « Seinn Aililuia » est extrait de l’album « The ships that sailed » du compositeur liturgique américain Tom Kendzia, sorti en 2004. « River in Judea » est un gospel écrit par les Américains Jack Feldman et Linda Marcus, basé sur un texte profane séculaire issu de la métaphore de la rivière est la vie.


Deux « Marches nuptiales » d’Ernest Bloch à l’entracte


Pendant l’entracte Gregory Johnson a abandonné quelques instants la direction de la chorale pour interpréter deux des quatre « Marches nuptiales » pour orgue composées en 1950 par l’Américain d’origine suisse Ernest Bloch.
Un autre temps fort a été « Le chœur des voisins », extrait de « La jolie parfumeuse », un opéra comique en 3 actes mis en musique par Jacques Offenbach et créé au Théâtre de la Renaissance à Paris le 29 novembre 1873.  Pour débuter la seconde partie, les choristes de « Voix You Voix Yelles » avaient avant chanté « Quand l’Ennuy facheux vous prend » de Guillaume Costeley, compositeur de la Renaissance, un des maîtres de la chanson polyphonique française.
Ont suivi, pour le plaisir des spectateurs amoureux d’art vocal, « Nous voyons que les hommes » de Jacques Arcadelt et « Mascherata d’amanti » d’Adriano Banchieri. « Nous voyons que les hommes » fait partie de la centaine de chansons écrites au cours de sa longue carrière par le compositeur franco-flamand, dont la riche production touche toutes les formes de musique en usage au XVIe siècle. Musicien particulièrement brillant, Adriano Banchieri, lié à Monteverdi et à Frescobaldi, a laissé derrière lui une masse impressionnante de travail, dont « Le Festin du Jeudi Gras », cycle de vingt madrigaux pour ensemble à cinq voix, d’où est extrait « Mascherata d’amanti ».
« Voix You Voix Yelles » a terminé son premier concert de l’année 2018 avec « Insalata Italiana », œuvre du compositeur germano-autrichien au nom français Richard Genée. « Insalata Italiana » est une parodie d’une scène d’opéra italien. Son livret n’est constitué que de termes italiens relatifs au tempo, à la dynamique et à l’expression, complétés par des exclamations classiques, quelques noms d’instruments et autres mots dépourvus de sens.

Gabriel-Henri THEULOT

 

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