Edito

Finale de la Coupe Davis - Mais où était donc passé le mental ?

Cela aurait du être une grande fête... La fête du tennis français... La fête du sport français... La fête de la France qui gagne.

 D'ailleurs, dans les plus hautes sphères de la République on y croyait. Le président et son premier ministre ne s'étaient-ils pas rabibochés avec la maire de la ville organisatrice de l'événement en vue de soutenir ensemble nos représentants. Et puis, patatras, en ce dimanche après-midi, la fête s'est mal terminée. La célébrissime Coupe Davis s'en est allée pour la première fois en Suisse. Comme cela lui arrive trop souvent, la France n'a pas été au rendez-vous que l'histoire lui avait donné.

A peine Roger Federer avait-il joué son dernier coup gagnant, que l'on a commencé à chercher des excuses. Les deux Suisses sont mieux classés que nos petits Français et il aurait fallu un miracle, un miracle qui n'a pas eu lieu... Mais à ce miracle, tout le monde, sans doute influencé par le président de la fédération française Jean Gachassin, qui est originaire de Bagnères-de-Bigorre, ville située près de Lourdes, tout le monde y croyait encore vendredi matin, quelques heures seulement avant le début de la finale. 

Ah si Jo-Wilfried Tsonga avait été en pleine forme et n'avait pas été blessé au coude, cela ne se serait peut-être pas passé comme ça... Soit, mais Roger Federer était-il, après ses ennuis au dos lors du récent Masters de Londres, au top physiquement ? La réponse est non, à moins que finalement sa blessure ait été diplomatique, ce qu'on n'ose à peine imaginer... 

On pourrait certainement trouver d'autres excuses mais la vérité est plus cruelle : contrairement à leurs adversaires, nos apprentis mousquetaires, à l'exception peut-être de Gaël Monfils - on ne saura jamais ce qu'il aurait pu faire dans un 5e match décisif- ont été littéralement emportés par la pression de l'événement. Perdre respectivement face au numéro 2 et au numéro 4 mondial est loin d’être un déshonneur mais on aurait bien aimé que les Tsonga, Gasquet et autres Benneteau ne laissent pas filer leur match, comme on a eu l'impression, en les regardant à la télévision. Autrement dit, on aurait aimé qu'ils ne rendent les armes ou plutôt les balles, qu'à l'issue de cinq sets ardemment disputés et qu'ils fassent un peu plus douter les deux champions suisses.
En fait, le sport français ne souffrirait-il pas d'un mal chronique, dont il n'arrive pas à se débarrasser : l'impossibilité à renouveler un exploit. Comme nos rugbymen, qui se sont inclinés samedi soir au stade de France face à l'Argentine, après deux tests prometteurs contre les Fidji et l'Australie, nos tennismen n'ont donc pas pu refaire le coup de la demi-finale, où ils avaient sorti la République Tchèque, tenante du titre. Mais doit-on vraiment s'en étonner ? Dans un pays, où depuis de nombreuses années le risque zéro et le politiquement correct sont rois et où l’on fait appel à une cellule psychologique pour un oui ou pour un non, il y a bien longtemps qu'on ne forme plus de guerriers au moral d'acier, de gens capables de gagner, même dans les conditions les plus difficiles.

Gabriel-Henri THEULOT

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