Faits divers

Tribunal correctionnel de Chalon - Il met en joue sa femme qui lui reprochait son alcoolisme

« Il faut que je me fasse soigner. Cette fois-ci il faut y aller », telles ont été les dernières paroles de Christian, avant que le tribunal correctionnel de Chalon ne se retire pour délibérer.

Cet habitant du canton de Montchanin, âgé de 44 ans, était en effet poursuivi ce lundi après-midi devant la justice pour avoir menacé de mort son épouse avec un fusil de chasse, dans la soirée du 20 novembre dernier, à son domicile, au cours d’une dispute.


Femme, filles, connaissances, tous s’accordent à dire que, lorsqu’il n’a pas bu, c’est quelqu’un d’adorable mais que, par contre, il devient méchant, quand il a picolé. Et c’était justement le cas ce soir-là, puisqu’un dépistage alcoolique a révélé un taux de 1,14 g par litre de sang.


Une addiction à l’alcool, dont le quadra n’arrive pas à se sortir. Il a déjà fait une cure mais, ayant arrêté trop tôt les soins, il a rechuté... Toutefois il semble bien que le fait de devoir se retrouver à la barre d’un tribunal, lui dont le casier judiciaire ne faisait jusqu’alors apparaître aucune mention, ait été un électrochoc pour le prévenu. Il l’a dit et redit plusieurs fois à la présidente Claire Foucault : il est enfin résolu à se soigner et a déjà entrepris des démarches pour un séjour de deux semaines à la clinique spécialisée de Létra, près de Lyon.


 Une résolution qui ne peut que satisfaire son épouse. Par la voix de son conseil, Me Malinka Trajkovski, n’a-t-elle pas confié qu’elle souhaitait seulement que son mari se soigne et que ce serait le plus beau des cadeaux pour toute la famille. L’avocate de la partie civile ajoutant par ailleurs « Ce que Monsieur doit comprendre, c’est la souffrance de sa famille. La souffrance est énorme et cela dure depuis des années ».


Christian a expliqué qu’il avait eu une enfance compliquée avec des parents alcooliques et qu’il ne buvait que le week-end. Quand il ne travaillait pas... Le jour des faits il avait consommé du blanc le matin et du pastis le soir. Un mélange qui s’est avéré détonnant.


« Les faits sont particulièrement graves » a fait remarquer le substitut Marie Gicquaud. Ce 20 novembre 2016, le prévenu a mis en joug sa femme, en lui disant « Je vais te tuer », parce qu’elle lui reprochait son alcoolisme et lui signalait qu’elle allait le quitter s’il continuait. « Le fusil n’était pas chargé » a précisé Christian, avant de poursuivre «  Je voulais simplement la calmer un petit peu. Quand elle est partie, j’ai aussitôt remis l’arme à sa place ». Des faits qui pour la représentante du ministère public ont eu un retentissement énorme sur son épouse et ses filles. « C’est peut-être plus violent que des actes physiques ».


Assurant la défense du mise en cause, Me Alice Girardot a notamment noté que son client avait l’immense chance d’être soutenu par sa famille et par son employeur. Après avoir fait observer que c’était la première fois qu’il parlait vraiment de sa maladie.
Finalement le Tribunal a été en deçà des réquisitions du parquet, qui réclamait comme peine principale 10 mois avec sursis, en n’infligeant à Christian que 6 mois avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve de 2 ans, avec obligation d’emploi, de soins, et interdiction de détenir une arme.

Gabriel-Henri THEULOT

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