Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON : Beaucoup d'alcool, grosse colère, 10 mois de prison

C'est un chalonnais pur jus, « un très bon père de famille, courageux », qui cependant, dans la nuit de lundi à mardi, à Chalon, a couvert les policiers d'insanités du type « fils de putes, connards, bâtards », réservant sa « bite » à la seule femme de l'équipage. Il a refusé de se soumettre à l’éthylotest. De son propre avis il frôlait le coma éthylique.

A Varennes où il a été incarcéré en attendant sa comparution il a écrit un courrier qu'il voulait remettre au tribunal. La visioconférence le contraint à le lire. Comme son compère d'infortune (lire : Faute d'escorte le tribunal juge en visio) il est assis au bout d'une grande table, la caméra le filme de bien loin, dialogue désincarné. 

Dans son courrier il présente des excuses à toutes les victimes de sa rage ivre. Excuses à la dame dont il a fendu le pare brise en étoile, de son poing. Il a confondu sa voiture avec celle de quelqu'un d'autre, à qui il en voulait. Des embrouilles de famille : l'éducation aux relations n'est pas portée aux programmes de l'éducation nationale, elle relève de l'éducation privée, parfaitement aléatoire, et ses ratés encombrent les prétoires d'histoires, souvent à la noix, qui produisent des infractions, et parfois des crimes. Il demande pardon à sa compagne, et à ses enfants.

Il présente ses excuses aux policiers : « Sans l'alcool je ne serais pas là. » Il dit qu'à jeun il ne lui viendrait pas à l'esprit de les agresser ainsi. Ses allusions au Bataclan, lourdes de menaces à la violence sans mesure, lui paraissent surréalistes avec un peu de recul. 

Les policiers ne se constituent pas partie civile.

Son interpellation n'a pas été simple, il était déchaîné cette nuit-là (blessé à l'arcade sourcillière, on lui a posé 3 points de suture), pour en effet des histoires à la noix, si on l'écoute.

« En général je ne suis pas quelqu'un de violent, d'agressif.

Mais vous le devenez quand vous buvez, monsieur. »

 

Le tribunal entend bien ce qu'il dit : il veut arrêter, « je l'envisage », il ne buvait plus en semaine, « ah ? On était bien sur un jour de semaine, lundi soir ».

Le tribunal entend l'homme en proie à l'alcoolisme, qui certes voudrait, comme beaucoup d'autres, en sortir, mais qui n'en est pas sorti, et recule sans cesse le moment des décisions.

Il raconte donc tous ses efforts, et tout ce qui vient les contrarier ou les anéantir. Les sanctions se succèdent, il a pris 12 mois de prison dont 4 avec sursis assortis d'un suivi mise à l'épreuve le 16 janvier dernier, pour conduite sous l'empire de l'alcool. Il avait demandé un aménagement de peine et rendez-vous était fixé avec le juge de l'application des peines, « et quelques jours avant ce rendez-vous, vous vous mettez dans une situation qui vous amène à être sanctionné », relève la présidente.

Pire, il est en état de récidive légale. Maître Richez Pons évoque un dossier pour une nouvelle cure de sevrage, ce dossier est bien chez le JAP, mais a priori encore vierge. L'avocate dresse la liste de tous les points objectifs qui indiquent que son client est conscient de son problème et réellement décidé à en finir. Le juge des libertés et de la détention, dit-elle, a dit à cet homme « vous êtes trop fragile, vous risquez de boire à nouveau », sauf que « la prison le sèvrera physiologiquement, mais il n'y sera pas soigné ». 

 

Ce châlonnais pur jus, très bon père de famille et homme courageux, est terrassé une fois encore par plus fort que lui. Le tribunal le condamne à 10 mois de prison et ordonne son maintien en détention. Sa sœur réprime à grand peine ses sanglots, elle est adossée à un petit meuble, et frôle la robe de la procureur qui rappelait qu'au regard de la loi l'alcool n'est jamais une excuse mais un facteur aggravant.

 

FSA

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