Faits divers

TRIBUNAL de Chalon : « C’était pas lui ! C’est l’alcool qui parle à chaque fois !

Hier la chambre des comparutions immédiates avait à juger 5 hommes. Sur 5 dossiers, 4 affaires de violences sur conjoint. On a beaucoup parlé d’alcoolisme. Le parquet remarque que « les violences conjugales prospèrent de façon inquiétante ». 4 dossiers sur 5, ça ressemble à « un contentieux de masse ».

La jeune femme assise dans la salle était en larmes au début de l’audience. Elle avance de quelques pas à l’invitation du président Beneton, mais ne va pas jusqu’à la barre. Hésitante, elle s’arrête, puis lance d’une voix forte : « C’était pas lui ! C’est l’alcool qui parle à chaque fois ! Il lui faut un soin ! » Elle ne se constitue pas partie civile, elle retourne s’assoir, bouleversée.

A « chaque fois », c’est l’alcool. Il en fait des dégâts, l’alcool. Jeudi dernier, ce fut la dernière fois. La jeune épouse n’y reviendra plus, mais, observera le procureur, elle l’aime tout de même, sauf que « l’amour ne peut pas cohabiter avec la violence ».

Dans le box, l’époux. Dans la salle, sa famille, haute en couleurs, qui frémit à chaque décision du tribunal sur les affaires qui précèdent : quel sort sera fait à leur Stéphane ?

Stéphane X est né en 1981. Il avait épousé Emilie, mais Stéphane la frappe quand il a bu. 4 plaintes, une procédure de divorce amorcée mais suspendue. La justice pourtant était déjà passée en 2015 : interdiction de contact entre les époux, visite  du père à son fils en lieu neutre. En 2016 Stéphane est incarcéré : il avait agressé son beau-frère avec une hache. En prison il arrête de boire, il sort en avril dernier et s’installe chez sa mère. Mais Emilie a vent de son progrès et que fait-elle ? Elle l’invite à reprendre une vie commune, à essayer encore. Il accepte, et cela fait deux mois que le couple cohabite à Chalon avec le petit. « Et pourtant, vendredi dernier, explique Maître Marceau, c’est l’environnement toxique de monsieur qui est venu polluer ses efforts. Deux cousins sont venus chez lui et l’ont poussé à consommer, et tous les efforts sont partis en fumée. Le retour de la consommation éthylique le conduit à ne plus savoir où il est, ni ce qu’il fait. Quel avenir ? Les rapports du conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP) sont positifs : monsieur a montré sa capacité à faire des efforts. »

Décision du tribunal : Stéphane est condamné à 20 mois de prison puis à un suivi socio-judiciaire de 4 ans. Les juges prévoient 2 ans de prison au cas où il ne respecterait pas les obligations de son suivi. Pendant plus de 5 ans, Stéphane sera sous main de justice, un juge d’application des peines et un CPIP vont l’encadrer, dans le but que les soins portent leurs fruits, et que « ça tienne » enfin.

Sa famille est en larmes. « On t’aime ! On est là pour toi. »

 

FSA

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