Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON : La mauvaise foi envers et contre tout

« Comment expliquez-vous que sur les pare-chocs ont retrouve les plaques d’immatriculation du véhicule désossé ?
- Je ne peux pas expliquer, c’était le numéro de ma voiture.
- Oui mais, sous votre plaque, il y avait la plaque de l’autre voiture. 

Zoran D., 23 ans, est roumain. Il est arrivé en France pendant l’été 2016, il rejoignait ses parents. Il vit dans le quartier Saint-Cosme à Chalon. Or, le 2 septembre de cette année-là, un riverain le voit, à Lux, rue Joseph Bonin, en train de bricoler sur une Laguna, ou plutôt d’en ôter des pièces. Les phares, les pare-chocs, ceintures de sécurité, radiateur, ventilateur, durits, etc. Le témoin prévient les gendarmes lesquels constatent également que le bouchon de la trappe d’essence est déposé à côté de deux tuyaux, d’un bidon de 20 litres, et d’une bouteille en plastique dont le fond est découpé, et qui sent le carburant. En outre ils retrouvent des pièces balancées dans un buisson. La carte grise de la Laguna de Zoran, garée sur le bas-côté de la route, n’est pas mise à jour (changement de nom), le véhicule n’est pas assuré, et était de toute façon en principe immobilisé.

Lorsque les gendarmes se présentent au domicile pour porter une convocation devant le tribunal, la mère dit que son fils est reparti en Roumanie. Il sera contrôlé en février 2017 vers la frontière suisse, et dûment convoqué au TGI, mais « je n’étais pas reparti en Roumanie, dit-il, je n’ai pas fui, je suis là ce matin ».

Ce lundi matin, une interprète l’assiste.
« Comment expliquez-vous que le témoin vous ait vu les mains dans le moteur ?
- C’est faux, il ne m’a pas vu, j’étais allé pêcher.
- Ah, et ensuite vous vous êtes dit ‘je vais changer mes pièces automobiles ici’ ?
- Oui. »
Le jeune homme soutient mordicus, avec dans les yeux l’éclair qui dit « je suis innocent mais vous ne voulez pas me croire », qu’il avait acheté des pièces à Lons-le-Saulnier, et qu’il s’était installé à Lux pour réparer sa voiture. Il ne reconnaît que le défaut d’assurance, pour le reste, le fait que sa voiture soit garée à côté d’une Laguna qu’il démontait, sur les pièces jetées dans un buisson, sur cette fameuse pêche qui n’a jamais eu lieu, et surtout, sur ses plaques d’immatriculation qui recouvraient les plaques de l’autre voiture, eh bien ce n’est pas lui.

« Il nous ballade », dit madame Mollier pour le ministère public. Elle requiert, alors que le casier judiciaire de Zoran est vierge, 4 mois de prison avec sursis, une suspension de son permis de 4 mois, et des amendes, deux fois 150 euros, et une fois 400 euros.

Le tribunal ramène les amendes à des montants un peu moindres (2 x 100, et 1 x 200), pour un jeune homme sans revenus ou presque, et le condamne pour le reste à ce qui a été requis. Le casier n’est plus vierge.

 

FSA