Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Drogue, garde à vue et déclaration de compte bancaire

« Je commence à être assez énervée, je dois le dire. » Maître Pamela Lépine s’avance devant le tribunal réunit en chambre des comparutions immédiates ce jeudi 19 avril. Ses cheveux, impeccablement lisses et ordonnés, sont comme à l’habitude tenus en palmier sur le bas de son crâne. Elle hausse le ton : « On lui reproche de ne pas avoir justifié de son compte en banque pendant le temps de sa garde à vue ? De qui se moque-t-on ? C’est le travail de qui, de s’assurer des comptes bancaires, quand la personne est privée de sa liberté ? »

L’avocate poursuit : « A la perquisition, on a croisé son père, et on lui a demandé de justifier. Il y est allé, à l’agence bancaire, mais il n’a pas de procuration, et son fils est majeur, eh oui, il est majeur. » Le fils en question a 25 ans, il est dans le box, escorté par la police nationale. Arrêté au quartier du Stade à Chalon-sur-Saône la veille. En fait, la BAC se trouvait là-bas, et le voit (« un comportement suspect ») quitter un groupe de copains pour aller vers un immeuble désaffecté au ventre à l’air, tendre le bras en hauteur, sur le seuil du premier balcon, y saisir un paquet qu’il met dans sa sacoche, puis il reconnaît les policiers et tâche de filer, on le rattrape. Direct il reconnaît porter du cannabis. 97 grammes.

Abdelhamid X raconte qu’il l’a acheté la veille, aux Grésilles à Dijon. « Un gros craquage moral », dit-il, et il décide de recommencer à consommer, alors qu’il avait arrêté, sans trop de soins visiblement puisque condamné en juin 2017 pour des faits de même nature, il n’a justifié que d’un rendez-vous, mais bon, peu importe à la limite puisqu’il portait sur lui le 18 avril une quantité susceptible de penser qu’il allait en revendre. Le ministère public le voit ainsi, car il avait aussi plus de 700 euros en liquide : qu’est-ce que c’est que tout cet argent ? « Il vient de mes salaires de missions en intérim, je l’ai retiré de mon compte, avec ma carte bleue », explique le prévenu, mais le parquet n’est pas convaincu, et voilà maître Lépine qui se fâche, qu’il faudrait un jour arrêter de supputer et faire le boulot rigoureusement, « je trouve scandaleux la façon dont on a traité cet élément dans le dossier. On se contente de dire : il y a des stupéfiants, il y a de l’argent, vous mentez tout le temps, et on ne vérifie pas !? »

L’avocate insiste : son client a coopéré, donné le code de déverrouillage de son portable, « il n’y a pas eu d’obstruction, et on n’a rien trouvé dans son téléphone. L’imaginaire n’a pas sa place au tribunal. » Abdelhamid a 3 mentions à son casier, la 1ère fois c’était le tribunal pour enfants, et la troisième c’était pour une question de drogue, ce qui fait, certes, qu’il est en état de récidive légale (ce qui double la peine encourue), mais requérir 4 mois ferme avec un mandat de dépôt, avec les éléments objectifs dont on dispose, ce n’est pas normal, maître Lépine n’en démord pas.

Le tribunal condamne Abdelhamid X à 3 mois de prison ainsi qu’à la révocation de 2 mois de sursis prononcés en juin 2017. 5 mois éventuellement aménageables, car les juges ne décernent pas de mandat de dépôt.

FSA

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