Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Gros bosseur mais sans permis avec un souci avec l'alcool

A 25 ans, il vit chez ses parents dans le Jura, dirige deux petites entreprises, dit se coucher très tard et se lever avant l’aube. Contrôlé le 19 avril dernier sur la D11 au niveau de Cuiseaux, il roulait avec une alcoolémie de 2.60 grammes et malgré l’annulation de son permis.

« On a l’impression que votre travail vous mange et que vous êtes dans la négligence par rapport à votre santé, et aux autres », insiste la présidente Therme. « Ah oui, pour moi c’est le travail, le travail, le travail. Je travaille depuis mes 14 ans. J’y ai réfléchi tout le week-end. » Il a passé le week-end en prison. Surprenant jeune homme. A 25 ans, il vit chez ses parents dans le Jura, dirige deux petites entreprises, dit se coucher très tard et se lever avant l’aube. Contrôlé le 19 avril dernier sur la D11 au niveau de Cuiseaux, il roulait avec une alcoolémie de 2.60 grammes et malgré l’annulation de son permis. En état de récidive légale, il est jugé en comparution immédiate.

Mathieu X est déconcertant : en dépit de son jeune âge il a une vie de « patron », avec deux activités professionnelles, deux salariés, une comptable qui « s’occupe de tout » au point qu’il n’a pas connaissance exacte de sa trésorerie. Il cohabite avec ses parents et mène un quotidien d’homme d’affaires d’un autre âge, « je ne vous cache pas qu’à midi, je suis content de boire mon Ricard ». Le tribunal lui demande si son rythme effréné ne l’a pas poussé à s’alcooliser pour « tenir le coup ». Non. Mathieu pense que c’est plutôt par obligation professionnelle, tous ces repas n’auraient plus la même qualité sans apéritif et sans vin. « La culture du verre partagé, du pichet de vin sur la table, c’est une réalité », plaidera Benoît Diry.

Ne pense-t-il quand même pas avoir un problème ? Non. « J’ai été arrêté et incarcéré, je n’ai pas eu de manque ce week-end, c’est plutôt une question d’habitude. » Soit, mais son permis de conduire ? Annulé depuis octobre 2015… Il ne pouvait pas le repasser ? « J’ai eu des problèmes avec les entreprises, ça a été un engrenage, et j’ai eu d’autres priorités. » Et la présidente y revient : « On s’interroge… Quelqu’un de plutôt bien inséré, qui travaille et gagne sa vie, mais à son casier quelques vols, des dégradations, des conduites sous l’empire de l’alcool, et qui se retrouve en prison ? » Autant sur son casier, Mathieu X est flou, ne se souvient pas, explique qu’il y a eu maldonne de la même façon qu’il dit avoir perdu les points de son permis sur « des petites pertes » (dont une CEA et « un gros excès de vitesse »), autant pour la prison il est clair : « J’ai l’impression que c’est pas trop ma place. »

« La question se pose de savoir si monsieur X est alcoolique, commence la substitut du procureur, Marie Gicquaud. Plus de 2.60 g… Il parle de lui, de son travail, mais pas des autres. Or il doit d’abord respecter la loi et la sécurité. » Espérant que « la détention provisoire aura l’effet escompté », elle ne demande pas davantage de détention et requiert 8 mois ferme (aménageables). « Il connaît la valeur travail, le défend maitre Diry. Il vit sans être aux crochets de la société. Il me disait que lorsqu’il faut donner au RSI 20 000 euros tous les 3 mois, ça met la pression. Vous ne le mettrez pas dans la farandole de ceux qui ne travaillent pas. »

Le tribunal condamne ce jeune récidiviste au profil incertain à 8 mois de prison intégralement assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 2 ans. Obligations de soins, de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière, obligation de repasser son permis, interdiction toutefois de le faire avant 4 mois, « c’est une peine complémentaire obligatoire, mais on a mis un délai court ». Le tribunal tâche de ne pas grever sa vie professionnelle, mais pose un cadre pour les 2 ans qui viennent.  Personne pour lui dans la salle. « Le tribunal considère que vous avez un problème par rapport à l’alcool. »

FSA

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