Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - En état de récidive de trafic de stupéfiants

Il entre dans le box, longiligne, presque maigre. Pantalon vert et haut jaune, « Fly Emirates ». Il n’utilise pas le micro qui est devant lui, il se tord pour placer son visage dans la petite ouverture qui est en bas de la vitre : « Mon adresse est chez ma sœur. Ma sœur, elle est là, et moi je ne connais pas son adresse. » Alors sa sœur donne le nom de la rue où elle vit. Brahim F. a 44 ans, il est poursuivi pour trafic de stups. 94 grammes de cannabis trouvés sur lui le 23 juillet. Il est en état de récidive légale. Il est en bien mauvais état.

« Je demande un délai avant d’être jugé, pour changer d’avocat, je veux un autre avocat. »  20 condamnations dont 8 pour stups, et puis des violences aggravées, des refus d’obtempérer, des refus de se soumettre à des analyses, Brahim F. est un opposant. Du reste au centre pénitentiaire, ça se passe mal. Un incident disciplinaire, le procureur de la République est saisi et profite de l’audience pour enjoindre à Brahim de « rester calme ». Il sera peut-être transféré ailleurs, mais d’ici là, du calme.

La version donnée par le prévenu n’augure rien de formidable, car il s’expose comme victime, ici et ailleurs, il en parlerait volontiers longtemps. On sent l’habitué, mais aussi le provocateur, et aussi l’homme qui va mal. Il n’aime pas le box, « moi je suis pas bien avec ça, on dirait un poisson dans un aquarium ». Quand la présidente Grosjean lui demande de se lever pour parler au tribunal, il reste assis. Un habitué, et un homme très abîmé. Il n’a aucunement l’intention d’arrêter de se droguer, il l’a clairement dit lors de son défèrement et le confirme à l’audience de comparution immédiate de ce jeudi 26 juillet.

« Monsieur veut changer d’avocat car je n’ai pas pu lui garantir sa remise en liberté dès ce soir, au vu de son casier », explique maître Bailly. L’avocate n’a pas de garanties à présenter au tribunal : le prévenu ne dort pas chez sa sœur, c’est juste une adresse postale parce qu’il est « un peu » séparé de sa compagne. La mère de ses 3 enfants. Son fils a 18 ans, « il est bon élève, travailleur ». Le deuxième ? « Je ne sais plus… 12 ? 13 ? » Le troisième ? « 9, 10 ans, à peu près ». IL perçoit le RSA, et dort ici ou là, et dans sa voiture. Il a refusé un traitement de substitution en prison, opposant toujours.

Le prévenu raconte donc une scène dans sa cellule, et les coups qu’il dit avoir reçus, il dit qu’il a perdu des dents à cause de ça, il crie « j’ai mal ! ». Il sera jugé mi-août, il est maintenu en détention. « Je sais que vous avez un contentieux avec des surveillants à Varennes, faites un effort », lui redemande le Procureur. Le prévenu acquiesce, mais on se demande jusqu’où il maîtrise son comportement. Quelle est la part de provocation délibérée, quelle est la part perdue.

FSA

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