Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Le braqueur de la rue au Change placé sous contrôle judiciaire

Ce lundi 3 septembre comparaissait sous escorte un monsieur âgé de 55 ans : il a, le 30 août dernier, braqué le Carrefour City de la rue au Change dans le centre de Chalon, à l’heure de la fermeture.

Vol aggravé par trois circonstances, dont celle-ci : il avait dissimulé son visage sous une cagoule. Il comparaît alors que la prévenue suivante est déjà dans la salle d’audience, introduite avant le public, pour sa protection. Du coup il assiste à l’allocution du chef du Parquet en personne : chacun est prié de retenir ses réactions.

Quelle ambiance… Mais le monsieur dans le box semble indifférent à la salle comble, à la présence de plusieurs policiers à l’avant et à l’arrière. Il ne remarque pas la présence du commissaire lui-même tout au fond, il est ailleurs, dans son histoire, celle d’une vie réduite à ses acquêts : célibataire, mis en invalidité il y a 5 ans, cumulant les problèmes de santé, tant physiques que psychologiques, mais « jamais d’alcool, jamais de tabac », c’est toujours ça.

Une fois n’est pas coutume c’est donc un homme à jeun qui s’est pointé à la supérette aux alentours de 22 heures jeudi dernier, visage masqué, pour obtenir le contenu de la caisse, un peu plus de 3000 euros, « mais il n’a jamais eu l’intention de blesser qui que ce soit », explique maître Chavance. Ce point, aussi important soit-il, n’était pas porté en banderole le soir des faits. Il faisait nuit, et deux employées assuraient la fermeture : le choc subi, les peurs et leurs suites à métaboliser pèsent lourd pour les deux jeunes femmes.

Le gérant du magasin est venu à l’audience avec l’une d’elles. Ils sont restés debout, il n’y a pas un bout de banc de libre, les militants et les curieux qui veulent assister au jugement de la femme qui est déjà assise devant son avocate, le visage baissé et les mains jointes, saturent littéralement tout l’espace. Mais le braqueur ne sera pas jugé immédiatement : une mesure de protection de sauvegarde de justice le concernant rend une expertise psychiatrique obligatoire au préalable, et parce qu’il encourt une peine supérieure à 7 ans (« 10 ans », précisera le vice-procureur Prost), il a droit à un « long délai », soit entre 2 et 4 mois.

Il a deux dettes. Sont-elles en rapport avec le braquage ? « Pas du tout », répond le prévenu. « Il n’avait même pas compté son butin ! le défend maître Chavance. Il voulait se rendre et le restituer, il ne l’avait même pas compté. » A part ça, ce monsieur, toujours indifférent à l’ambiance pourtant lourde dans laquelle tout le monde baigne, trouve qu’il a bien été accueilli au centre pénitentiaire, et il y a vu un médecin, « mais le vrai médecin, je le verrai demain » (il parle sans doute d’un médecin spécialisé ?).  Pourtant son avocate dit que « le choc du milieu carcéral » est rapporté dans l’enquête sociale dont dispose le tribunal. Le parquet requiert le maintien en détention, elle plaide pour un contrôle judiciaire.

Le tribunal place ce monsieur sous contrôle judiciaire jusqu’à son jugement début décembre. Il verra un expert-psychiatre, il pointera chaque semaine au commissariat, a l’interdiction de paraître rue au Change, et d’avoir le moindre contact avec les victimes. Il doit aussi suivre des soins. Son casier est vierge mais la liste des acquêts est subitement augmentée d’un braquage, d’un passage en prison et devant un tribunal correctionnel.

Florence Saint-Arroman

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