Faits divers

Il filmait et photographiait sous les jupes, il écope de 6 mois de prison avec sursis

Le tribunal correctionnel de Chalon a condamné lundi un quadragénaire à 6 mois de prison avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve de 2 ans, avec obligation de se soigner et d’indemniser les victimes. La Justice lui reprochait d’avoir filmé et photographié sous les jupes avec son téléphone portable.

« Est-ce que sans cette bagarre, il se serait arrêté ? ». La question a été posée lundi par Me Alice Girardot lors du procès d’un routier de la région chalonnaise, prévenu d’avoir réalisé durant l’été 2015 avec son portable 28 photographies et 66 enregistrements vidéo sous les jupes de femmes. Le 30 septembre 2015, s’apercevant du manège du prévenu, le mari de l’une d’entre elles, lui avait en effet asséné un coup de poing au visage, entraînant l’intervention des policiers. Les agissements du mis en cause duraient depuis le 5 août 2015 et s’étaient déroulés à Crissey, Chagny, Châtenoy-le-Royal, Chalon et Lux. 
« Je ne pensais pas leur faire tant de tort que ça. Je n’ai pas d’explications. » s’est défendu le chauffeur routier, aujourd’hui âgé de 43 ans, et dont l’entourage a été étonné de ces faits. On a appris que le prévenu sélectionnait ses victimes, que c’était des femmes de 30-40 ans et qu’elles étaient toujours habillées en jupe. « Je suis quelqu’un qui respecte les femmes et je ne voulais pas leur causer de préjudice » a-t-il encore déclaré. On a aussi appris qu’il gardait les photos et les vidéos pour lui, qu’il les regardait, puis qu’il les supprimait.


Un sentiment mêlé de honte, de culpabilité

Conseil de l’une des victimes, Me Girardot a également indiqué que sa cliente avait eu un choc émotionnel et qu’elle n’aimait plus porter une jupe. Pour sa part, Me Benoît Diry, également partie civile, a signalé que sa cliente ne s’en était pas rendu compte immédiatement et que depuis elle avait un sentiment mêlé de honte, de culpabilité. 
Le représentant du ministère public Dominique Fenogli s’est interrogé sur le prévenu. « Ses pulsions sexuelles ont-elles définitivement disparu ? ». Car avant 2015 il y avait déjà eu 2011, sans que le prévenu soit inquiété. Après avoir évoqué brièvement la récente loi du 3 août 2018 sur le délit de voyeurisme, le substitut Fenogli a confié « Je pense que les soins devraient être continués ».
Me Mathilde Leray Saint-Arroman, qui assurait la défense du voyeur, s’est attaché à démontrer que dans ce dossier il n’y avait pas de véritable jurisprudence, à savoir qu’au départ on parlait d’atteinte sexuelle et que cela s’était transformé en violence avec préméditation ou guet-apens sans incapacité.

Gabriel-Henri THEULOT

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