Faits divers

Gilet jaune interpellé sur la RCEA, il se livre à info-chalon.com

Vendredi soir, six de la vingtaine des Gilets jaunes interpellés, trois hommes et trois femmes, ont comparu devant le procureur de la République suite au blocage de véhicules circulant sur la RCEA dans la nuit du mercredi 12 au jeudi 13 décembre à Saint-Rémy. Convoqué suite à son interpellation, un des Gilets jaunes a souhaité livrer son sentiment aux lecteurs d'info-chalon.com.

Devant se présenter à la Maison de Justice et du Droit de Chalon-sur-Saône, située au 5 Place de l'Obélisque, Joffrey F.,  28ans, cuisinnier saisonnier, résidant dans le quartier de la Mairie, attend la lettre du délégué du procureur de la République  «dans la semaine» lui indiquant la date de sa convocation.

Estimant avoir eu une attitude correcte vis-à-vis des forces de l'ordre, le principal intéressé qui souhaite nous apporter son témoignagne, trouve cela «injuste». 

«Il y en a six qui vont payer alors qu'on était bien plus que six. Pour moi soit on est tous  tous condamnés soit aucun. Je suis solidaire de mes camarades!» s'insurge le jeune homme, lequel estime «ne rien avoir à se reprocher». «Je ne comprends pas! On était une vingtaine, seule une dizaine a été amenée au commissariat. Où sont passés les dix autres? », se demande Joffrey.

«Malgré la pression des autorités et mon interpellation, je continue à être présent à chaque action des gilets jaunes même si je crains que suite à ma convocation, je serais probablement interdit, comme mes camarades, de manifestation». Il reconnaît toutefois se faire «tout petit» depuis sa mésaventure.

Revenant sur sa garde à vue "bien comique", comme il le dit lui-même, laquelle a commencé immediatement après son interpellation dans le calme, après 1h00 du matin, Joffrey s'est retrouvé à six dans la même cellule. «On a bien rigolé, ce qui nous a bien fait passer le temps. Ils (les policiers) nous faisait sortir au compte-gouttes après chaque déposition. Je suis sorti vers les 4h00 du matin» nous confit-il.

À propos de ce qui a été mentionné dans la presse locale au sujet de l'affaire, il dément catégoriquement l'affirmation selon laquelle le blocage soit le fait des gilets jaunes. «C'est un routier français qui s'est mis en travers de la route. À cause de ce put*** de camion, les Gilets jaunes ont été injustement accusés d'avoir bloquer la rocade! C'est lui qui a fait ce blocage! Nous, nous nous sommes contentés de faire un filtrage! Rien de plus!» s'emporte le jeune chalonnais avant de reprendre son calme et nous dire qu'il «espère que (mon) témoignage permettra à la population de connaître les faits réels». Selon lui, le commissariat a sciemment préféré ignorer la présence de ce fameux camion, préférant faire endosser aux gilets jaunes la responsabilité de ce blocage.

D'après le témoignage de Joffrey qui prétend être en possession d'une preuve de ce qu'il avance, «le camion s'est mis en travers de la RCEA, à 21h40. Il ne voulait plus bouger. Le routier a même eu une altercation avec l'automobiliste qui se trouvait bloqué juste derrière le camion». 

S'étant réfugié dans l'habitacle de son semi-remorque de marque Mercedes, pour éviter de se faire frapper par l'automobiliste, ce dernier, visiblement excédé par la manoeuvre peu courtoise du routier,  voulait en venir aux mains avec lui mais comme il a pas voulu ouvrir, «l'autre gars a frapper un coup sur la portière puis un deuxième juste avant de retourner dans sa voiture».

Il nous indique que c'est seulement vers les 22h30  «grand max» que le routier qui a cessé toute communication avec les Gilets jaunes, lesquels tentèrent une médiation, a décidé de se mettre au milieu des deux voies afin de ne laisser passer qu'une seule voiture à la fois  «et encore... c'était une ouverture étroite...», ralentissant considérablement la fluidité de la circulation sur la voie droite qui était libre jusqu'a l'arrivée de ce camion. 

«Je ne comprends pas pourquoi il a fait ça sachant qu'il avait le choix de continuer à rouler ou s'arrêter comme ses collègues!» s'interroge Joffrey poursuivant son récit des faits.

Peu de temps après, un bus immatriculé en Pologne, a voulu passer sur la file de droite, la situation a alors empiré, provoquant un gigantesque bouchon, à 4km du rond-point de Cortelin, sur la N80.  La situation a commencé à se débloquer seulement après l'intervention de la police nationale, la gendarmerie est ensuite venue en renfort.

En attendant, ce lundi, deux autres prévenus, un homme et une femme, placés en détention provisoire pour «entrave à la circulation» et «dégradation en réunion» sont jugés ce lundi 17 décembre à Chalon en comparution immédiate.

«Bien que nous, les Gilets jaunes, ne sommes pas responsables de la situation, je suis désolé que des familles se sont retrouvées bloquées. Cela n'a jamais été notre intention!» regrette Joffrey qui  conclut son récit, espèrant pour ses camarades et lui avoir pu rétablir la vérité et la clémence du tribunal pour celles et ceux qui seront amenés à passer devant le tribunal dont il espère la clémence ou au moins «la requalification des accusations».

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche