Faits divers

Tribunal correctionnel de Chalon
 : Passage par la case « prison » pour deux dealers bressans

John Meyer et Jimmy Weiss, deux dealers de la région de Pierre-de-Bresse, étaient jugés jeudi en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Chalon pour toute une série d’infractions à la législation sur les stupéfiants.

Trop poli pour être honnête... Tel est apparu John Meyer, qui, à chaque fois qu’il s’est adressé à Ségolène Lothe-Sordel, a entrecoupé ses propos par des « Madame la présidente ». C’est donc avec un « Madame la présidente » que celui-ci a commencé à affirmer que les témoignages l’accusant, « c’est n’importe quoi ». « Ces personnes mentent. Ils ont balancé pour se protéger. Ils ne prennent pas leurs responsabilités » a-t-il ajouté. 


Sur la base de plusieurs témoignages, la justice reprochait ainsi à John Meyer et à Jimmy Weiss notamment d’avoir revendu du cannabis et de la cocaïne dans plusieurs communes de la Bresse du Nord entre septembre 2018 et janvier 2019. Au total 7 kg de cannabis pour une valeur marchande de 36 000 € et 450 g de cocaïne pour un prix d’achat de 22 000 € et un prix de vente de 27 000 €, d’après l’estimation faite par les enquêteurs.


Pas revendeurs...


« Je ne suis pas un revendeur » s’est défendu John Meyer. « Comment voulez-vous que je trouve de l’argent ? Pour un jeune de 19 ans comme moi, qui ne travaille pas et n’a aucune aide, même seulement 10 g de cocaïne, ça représente de l’argent ! ». Et de poursuivre « Pourquoi je ferais ça ? J’habite en campagne. Je me tue à vous dire, Madame la présidente, que c’est n’importe quoi. Ceux qui revendent sont arabes. Si mon père savait que je revends de la drogue il me foutrait une torgnole comme jamais ». On voudrait bien le croire mais la longue et minutieuse enquête menée par les gendarmes aurait plutôt tendance à révéler le contraire.


... mais consommateurs

A écouter les deux prévenus, ils n’auraient été que consommateurs. John Meyer fumerait sept joints par jour et n’aurait goûté à la cocaïne qu’à deux reprises. Quant à Jimmy Weiss, il prendrait du cannabis depuis 5 ans mais n’aurait jamais touché à la cocaïne. Alors, pourquoi tous ces voyages à Besançon et de temps en temps à Quetigny ? C’était soi-disant pour leur propre consommation. « On ne dépassait pas les 20-30 € » ont-ils tour à tour indiqué. Ne parvenant toutefois pas à convaincre le Tribunal, et plus particulièrement la présidente Lothe-Sordel. « Besançon, ce n’est pas la porte à côté. Faire deux fois par semaine 200 km aller et retour pour une aussi petite quantité, cela coûte cher en essence et en autoroute ».


Il ne s’agit pas de bouteilles d’alcool ou d’eau...


« Ils sont de parfaits consommateurs » a ironisé le substitut Christel Bénedetti. « Ils essayent de minimiser les faits. Et pourtant, quand on les entend parler de bouteilles, il ne s’agit certainement pas d’alcool ou d’eau mais bel et bien de cocaïne ». « J’ai du mal à croire qu’ils effectuaient un ou deux voyages à Besançon par semaine pour juste 20 à 30 € de cannabis » a confié la magistrate du parquet. « Il est avéré que John Meyer alimentait une dizaine de clients et que c’est Jimmy Weiss qui organisait les voyages ». 


Ni matériel, ni train de vie...


« On n’a trouvé aucun matériel du parfait petit dealer » s’est étonné Me Nathalie Bernard, conseil de John Meyer, avant de regretter qu’il n’y ait pas eu de recherches sur son train de vie. « Il vit en caravane avec sa grand-mère et s’il a eu du mal à répondre aux convocations de la justice, c’est parce que sa voiture était en panne ». Assurant également la défense de Jimmy Weiss, l’avocate montcellienne a rappelé que son client était connu pour ses violences mais que jusqu’à présent il n’y avait rien sur les stupéfiants. Me Bernard a enfin fait remarquer « Tous les témoins sont de gros consommateurs, ça reste des paroles de toxicomanes ». 


Finalement le Tribunal a suivi les réquisitions du parquet, en condamnant les prévenus à 2 ans de prison. Une peine qui a été alourdie de 4 mois supplémentaires à l’encontre de John Meyer, suite à la révocation d’un sursis assorti d’un travail d’intérêt général prononcé le 31 août 2018 par le tribunal correctionnel de Chalon. « Nous allons faire appel » a aussitôt annoncé Jimmy Weiss.

Gabriel-Henri THEULOT

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