Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Sur l'A6, un routier roulait ivre de vodka et de THC

Le jeudi 17 janvier dernier, vers 17 heures, un automobiliste inquiet a prévenu les gendarmes qu’à hauteur de Demigny, sur l’A6, un semi-remorque avait un comportement dangereux, le conducteur ne semblait plus maîtriser son véhicule. Aussi sec la BMO intervient, mais le routier ne se stoppe pas tout de suite.

Interpellé, le conducteur de 26 ans sera entendu puis placé sous contrôle judiciaire jusqu’à son jugement, ce lundi 4 février. Il avait quasiment 2 grammes d’alcool dans le sang, et il avait fumé des pétards. Il faisait des embardées sur la chaussée, contraignant les militaires qui usaient de leurs avertisseurs visuels et sonores, à se rabattre avant de parvenir à le doubler et à l’arrêter : « Refus d’obtempérer à une sommation de s’arrêter, dans des circonstances exposant directement autrui à un risque de mort ou d’infirmité ». Pour un jeune chauffeur routier, ça fait lourd. Pourquoi ne s’est-il pas arrêté immédiatement ?

Notre pote Jimmy dit toujours qu’il ne faut pas pousser mémé « dans les orgies ». Eh bien, faut pas y pousser Val non plus, car le jeune homme, ivre de vodka et de THC, la musique à fond dans l’habitacle du semi, ne se sentait plus. Vraiment plus… quand on l’a appréhendé, il sentait évidemment l’alcool, il avait « du mal à tenir sur ses jambes », il était « incompréhensible », au point qu’on le crut « étranger ». C’est ainsi qu’il explique qu’il n’ait pas répondu à la seconde aux avertisseurs des gendarmes motorisés : « Je reconnais l’alcool, mais j’ai pas essayé de m’échapper ! A 90 km sur l’autoroute au volant d’un 44 tonnes, je serais allé où ? Mais je ne comprends pas pourquoi je ne me suis pas arrêté… Pris dans l’ambiance, avec la musique, l’alcool, avec les nerfs aussi… »

Ah les nerfs ! Marie Gicquaud, substitut du procureur, lui demande s’il a conscience qu’il croisera toute sa vie des situations ou des moments, de stress, de pressions, et alors compte-t-il boire et se droguer toute sa vie ? Le prévenu est plutôt avenant car il semble cash dans ses réponses, tant au président Therme qu’au ministère public. Son père lui a visiblement passé une avoinée corsée, témoigne maître Bourg, « il a réagi en père, même si son fils a 26 ans ». C’est qu’ils sont routiers, dans cette famille, alors on y connaît bien les pressions, mais aussi les risques et les dangers. Val assure qu’il a compris, qu’il a entrepris de tout arrêter.

Le suivi de son contrôle judiciaire fut confié à l’association d’enquête et de médiation (AEM), mais 15 jours, c’est vite passé, aussi le prévenu est en bute à deux difficultés : le rapport dit qu’il n’a pas une réelle prise de conscience du danger qu’il a fait courir aux autres (et à lui-même par la même occasion), et lui, il dit qu’il a arrêté l’alcool et la drogue, mais ne peut en justifier, le délai est trop court. « Vous buvez régulièrement ? lui demande le président. – Pour être franc, je dirais ‘plus ou moins’. » Pour être franc, il ne répond pas vraiment, donc. Son avocate va venir à son secours, car les réquisitions du parquet sont lourdes, pour quelqu’un qui n’a que deux mentions au casier (vieilles de 7 ans) : 12 mois de prison dont 5 mois assortis d’un SME de 2 ans, et annulation de son permis de conduire. Le parquet est fidèle en cela à la politique choisie : pas d’indulgence pour les délits routiers, il y a trop de morts sur les routes de Saône-et-Loire.

Maître Bourg, du reste, ne plaide pas l’indulgence, « les faits sont graves », mais l’adaptation de la peine à la personnalité et à la situation de son client. « Aucun délit routier auparavant, il est en CDI depuis 3 ans. » Elle estime que la sanction ne doit pas pour autant grever son avenir, tant personnel que professionnel. Des soins et un suivi, oui (sans douter de la bonne volonté du jeune homme, on peut légitimement penser qu’il ne s’est pas sevré de deux addictions en deux semaines, surtout si l’AEM relève qu’il y avait encore quelques résistances à lever en lui, ndla).

Le tribunal le condamne à 6 mois de prison entièrement assortis d’un sursis mis à l’épreuve comportant des obligations de soins (alcool et stupéfiants). Il devra faire à ses frais, un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Son permis est suspendu pendant 1 an, histoire qu’il ait le temps de se sevrer, ce qui ne va jamais de soi. Le tribunal ordonne l’exécution provisoire.

Florence Saint-Arroman

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