Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Un joueur de l'ACF s'en était pris à l'arbitre

« Le comportement qu’a eu monsieur est parfaitement inadmissible, il en convient lui-même. » Le 9 décembre dernier, monsieur, âgé de 36 ans, jouait un match de foot senior au stade Léo Lagrange à Chalon. L’association chalonnaise de football rencontrait une équipe de la Chapelle-de-Guinchay. L’arbitre en venait également : il a fini au sol, roulé en boule, à prendre des coup de pieds.

« A la 50ème minute du match, un carton rouge fait déjà monter la pression, raconte la présidente Sordel-Lothe, et à la 73èmeminute, quand l’arbitre déclare la sortie de but en faveur de la Chapelle-de-Guinchay, le joueur chalonnais numéro 14 s’approche de lui, l’insulte, tente un coup de poing qui échoue mais l’arbitre tombe et reçoit des coups de pieds dans le haut du dos. Un joueur qui s’interpose prend un coup de poing. Les coups portés sont très violents, et il est dit à plusieurs reprises que vous ne vous seriez pas arrêté tout seul. » En audition, le prévenu dit que l’arbitre était partial, et l’a provoqué en lui suggérant d’aller « niquer sa mère ».

Il fut placé sous contrôle judiciaire le 12 décembre, avec interdiction de contact avec les victimes et interdiction de paraître aux manifestations sportives jusqu’à son jugement, ce jeudi 21 février. Il est à la barre, il a intégré qu’il est inutile de discuter sur la question de l’insulte, qu’il faut laisser cela de côté, que « l’arbitre a un pouvoir de décision indiscutable », rappelle la présidente, que « un jeu doit rester un jeu » rappelle la présidente, et que, comme dit tout sportif, « l’arbitre a toujours raison, c’est la première règle du sport, sinon, pas de sport ! ». Donc il laisse et ne cesse de réitérer des excuses. Qu’est-ce qui lui a pris ?

« Il n’est pas réputé violent, plaide maître Lépine. Il joue depuis très longtemps, et son père était éducateur sportif. Mais son père a alors de graves problèmes de santé, il vit loin, ce n’est pas facile à vivre pour mon client qui perdra son père le 4 janvier. Il n’a peut-être pas su gérer la pression du match. Il va bientôt comparaître devant les instances sportives, il exprimera comme aujourd’hui ses regrets et sa honte, ne fera aucune demande pour rechausser les crampons. » Maître Reynaud intervient pour les parties civiles, soit le jeune arbitre, et l’union nationale des arbitres de football. « Tristesse et incompréhension », « il est arbitre depuis 15 ans, au service des licenciés et du jeu », « angoisses, insomnies, gros préjudice moral », « il a perdu sa passion ». L’avocat demande des indemnités élevées, la défense demande au tribunal de retailler des cotes raisonnables, adaptées, et de rejeter les demandes non justifiées.

« Il a eu le temps de réfléchir et rien ne vient nous dire qu’il est violent. De plus il est inséré, il travaille. » Marie Gicquaud, substitut du procureur, requiert 4 mois de prison avec sursis (le prévenu n’a pas de casier), 100 euros d’amende, et l’interdiction de paraître sur les manifestations sportives de Chalon et de la Chapelle-de-Guinchay. « J’ai honte, avait dit le prévenu. Ça fait 7-8 ans que je suis dans cette équipe, et je n’ai jamais eu de problèmes. J’étais énervé à lui dire qu’il faut être juste, et il a insulté ma mère, et je ne sais pas ce qui m’a pris. Pour moi c’est la honte, je regretterai toujours. J’arrête le sport et je m’occupe de ma famille, c’est pas dans ma nature d’être comme ça. – Du coup, c’est difficile à comprendre, observe la présidente. »

Le tribunal le condamne à 4 mois de prison avec sursis, à 100 euros d’amende. Interdiction de paraître dans une enceinte sportive où jouent des équipes de l’ACF ou de la Chapelle-de-Guinchay pendant 12 mois. Il devra verser à l’arbitre 110 euros au titre de son préjudice matériel et 500 euros au titre de son préjudice moral ainsi qu’une somme pour ses frais d’avocat, le tribunal rejette les autres demandes.

Florence Saint-Arroman

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