Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Deux frangins avaient attaqué à coups de couteau plusieurs personnes

Les victimes sont assises au premier rang de la salle d’audience, ce jeudi 21 février. Une femme et un couple. Du côté du couple, ça pulse. Faut dire que madame a pris un coup de couteau dans une fesse (5 jours d’ITT), et son homme fut agressé, au couteau également, au visage et au cuir chevelu. Les agresseurs présumés sont dans le box, ils ont 18 et 20 ans, ils sont frères.

Les frères vivent à Simandre chez leurs parents. Le 16 février dernier ils se trouvaient à Saint-Etienne en Bresse. On ne saura pas immédiatement ce qui s’est passé pour qu’ils en arrivent à frapper dans les portes, la baie vitrée, à donner du couteau sur ce couple, à menacer de mort la troisième victime, « je vais finir par vous saigner ». On ne saura pas, parce que leur avocate, maître Gemma, demande une expertise psychiatrique pour chacun avant jugement. Du premier rang l’homme provoque les prévenus du regard, de la main, et des lèvres. La présidente Sordel-Lothe le recadre à plusieurs reprises, il ne semble pas comprendre. « Restez à votre place, si j’entends des menaces vous pourriez vous retrouver de l’autre côté aussi. »

Les deux frères ont été placé en détention provisoire la veille de l’audience. Maître Gemma sollicite donc les expertises « psychiatriques et psychologiques » de ses clients. « Pour les deux, nous avons plusieurs dossiers jugés et aussi à juger, mais nous n’avons aucune étude de leur personnalité, or… » Or celui qui est né en 1998 a reconnu avoir « un problème d’alcool » et « une consommation problématique de cannabis », il a 4 mentions à son casier, deux sursis mis à l’épreuve en cours (une interdiction de paraître à Sennecey-le-Grand). Condamnations pour usages de stups, vol aggravé, destruction du bien d’autrui par moyen dangereux. Hier à Bourg il fut jugé également. Son frère, né en 2000, déjà condamné pour vol aggravé, fut jugé la semaine dernière pour d’autres faits et condamné à 14 mois de prison dont 7 assortis d’un sursis mis à l’épreuve.

« Réitération des passages à l’acte. » Marie Gicquaud, substitut du procureur, demande leur maintien en détention. Rappelle que le plus jeune encourt 7 ans de prison et le plus âgé, 14 ans, car le parquet entend faire valoir l’état de récidive légale, « ils pourraient donc vouloir se soustraire à la justice ». Leur avocate monte au créneau pour faire valoir, elle, les points favorables aux deux garçons, à commencer par le fait qu’ils travaillent et donnent toute satisfaction. Le plus âgé des frères est passé « d’une consommation quotidienne de volumes d’alcool importants à une consommation occasionnelle (dont le jour des faits, ndla), il a entrepris des soins.

Le tribunal ordonne le renvoi début avril, ordonne expertises psychiatriques des frangins, ordonne leur maintien en détention au vu de leurs casiers, pour éviter tout renouvellement de tels faits. La présidente avait demandé aux victimes si elles avaient des observations à faire. L’homme s’était instantanément levé et avancé vers la barre : « Moi je dis, ils sont venus chez nous, ils nous ont agressés. Les expertiser, moi je veux bien, mais euh… moi aussi je suis alcoolique et j’ai jamais fait des choses comme ça. »

Florence Saint-Arroman

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