Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Pyromane, il s'en était pris aux poubelles rue Paul Eluard à Chalon

Entre le 4 janvier et le 8 mars derniers, le local à poubelles du 26 rue Paul Eluard à Chalon-sur-Saône a eu chaud, les flammes des feux ont même léché la façade à deux reprises. C’était toujours de nuit, « quand les gens sont le plus vulnérables parce qu’il dorment » dit le ministère public. L’incendiaire appelait lui même les pompiers pour qu’ils interviennent, nous apprend Maître Morlet son avocat. Certes mais le feu est imprévisible, si dangereux.

Quand l’escorte introduit le prévenu dans le box des comparutions immédiates, ce lundi 11 mars, on le trouve « pataud ». C’est du moins le mot qui nous vient à l’esprit. Pataud dans son maintien, dans sa mise et jusqu’aux traits de son visage. Il a 34 ans, il est locataire de 2 pièces rue Paul Eluard, il est sous curatelle : une mesure de protection civile effective depuis 2016. Maître Morlet lit, page 2 du renouvellement de la décision : « Il présente une altération de ses facultés mentales, le maintien de la mesure est nécessaire, il a besoin d’être suivi en continu. »

 

Le prévenu présente aussi « une addiction à l’alcool ». La vice-procureur comme l’avocat évoquent un événement qui a dû faire trace dans l’esprit de cet homme : il a grandi avec ses parents à Saint-Vallier dans une maison qui fut détruite par un incendie (en cause : installation électrique défectueuse). L’enfant qu’il était fut intoxiqué par les fumées, et ce sont les pompiers qui l’ont sorti de là. 

 

En raison de la curatelle, l’expertise psychiatrique est de droit avant jugement. Le parquet requiert son maintien en détention vu le risque de réitération, et le tribunal l’ordonne, même si l’avocat « ne pense pas qu’il y ait un risque pour la collectivité puisque ses actes ne sont pas une vengeance. Il met le feu et appelle les pompiers. » Outre le fait que les pompiers n’ont pas que ça à faire que d’intervenir sur des feux de poubelles à répétition, la collectivité du Grand Chalon et le bailleur social Habilis entendent se constituer parties civiles car les poubelles, les containers et le crépi de façade ont un coût.

 

Le prévenu est poursuivi pour 4 faits de détérioration par moyen dangereux. Le 8 mars ne fut qu’une tentative : la combustion du papier dans un container fut insuffisante pour que le feu prenne. L’homme a tout reconnu et lorsque la présidente Pertuisot lui demande s’il a quelque chose à ajouter, il dit : « Déjà de me faire soigner, déjà, avant. » L’expert psychiatre ira le voir au centre pénitentiaire, il sera jugé mi-avril.

 

Florence Saint-Arroman 

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