Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - 2e jour de procès sur le réseau d'armes et de stupéfiants.. un 2e jour à la recherche de connexion dans le Lyonnais

Histoires de familles, histoires de gitans, mais pas seulement.Au deuxième jour du procès en correctionnelle pour trafic d’armes et de stupéfiants se dessine également l’histoire de connexions avec d’autres réseaux, via un contact, Y.Z. alors détenu, qui, s’il on en croit les écoutes téléphoniques, a fini par envoyer des gars de Bron chez E.K. à Brienne, pour y acheter « des machins ».

L’audience de ce mardi 19 mars s’attache essentiellement à reconstituer les journées qui auraient été des journées de « transactions », et le 4e prévenu à comparaître détenu est concerné (bien qu’en réalité il soit considéré comme « libre » pour ce dossier, il purge une peine pour une autre cause, une longue peine). B. B. est lyonnais. Il est domicilié à Bron chez ses parents lorsqu’il n’est pas en prison, il a 23 ans. Pour fixer ces journées sensibles qui formaliseraient des ventes d’armes, les enquêteurs ont une équipe de filature au sol, un hélico dans les airs et des dispositifs de géolocalisation des véhicules outre les écoutes habituelles. 

 

C’est le cas en février 2017. Le 13, Y. Z. annonce à K. H. que quelqu’un « va passer demain ou après-demain ». Y. Z. n’en démordra pas : il bluffait. C’était tout du bluff même si parfois un peu moins et d’autres fois un peu plus (on dirait qu’il improvise un sketch à la Raymond Devos). Sur la ligne dite « de guerre » de K. H. ils se mettent d’accord sur ce qui va être livré. « Il est neuf le pompe ? - Ouais, ouais, il est neuf. », etc. Toujours du bluff ? « Oui, mais des fois je suis tombé dans mon propre bluff, à vouloir des détails. Faut pas faire trop attention aux petits détails, madame la juge. »

 

La présidente comme les deux substituts du procureur ne cessent pourtant d’être attentives aux détails et ne manquent pas une occasion de relever les contradictions ou les évolutions dans les défenses des prévenus. « Vous ne nous aidez pas à faire une autre lecture du dossier. Le problème c’est que vous ne nous donnez rien. » Le fameux B. B. ne donnera rien non plus mais il est le plus virulent pour dénoncer que « c’est une enquête mal faite » et que rien ne vient démontrer qu’il était présent, le 18 février 2017 à Brienne. 

 

Pourtant il bénéficiait d’une permission, pourtant c’est un de ses frères qui avait loué la Renault Cactus qui arrive de Bron avec un passager dont on dit que c’est lui, pourtant des écoutes téléphoniques semblent l’impliquer, pourtant la ligne de téléphone qu’on pense être la sienne a accroché des relais à Bron, puis est entrée en contact avec la ligne de la femme de H. K, puis elle est géocalisée à Brienne le jour de la transaction et appelle Y. Z., et enfin accroche un relais à Roanne, où il doit retourner en cellule. Que dit-il de cela ? : « Alors déjà, y a aucun indice grave et concordant. Je vous dis que l’instruction a été mal faite, elle a pas été épurée. » Que veut-il dire par « épurée » ?

 

Angélique Depétris, substitut du procureur explique à son tour aux 4 du box que certes, ils démentent la réalité de leurs propos interceptés mais qu’il y a des actes objectifs établis par la procédure « qui correspondent à ce que vous dites ». Y. Z. le reconnaît : « oui, mais je le fais indirectement ». Ça tombe bien, c’est ce qu’on lui reproche : avoir été un commanditaire. Le jeune K. H. semble lui aussi reconnaître quelque chose : « j’ai été pris dans un engrenage, j’avais des dettes ». Randall Schwerdorffer ne résiste pas à cette fenêtre entrebâillée. L’avocat rappelle à son jeune client qu’il a, au tout début, reconnu avoir vendu des armes, « anciennes, des armes de poing », « est-ce que ça ne serait pas cohérent avec le sac caché chez votre père ? » (qui contenait également un USM1 et un MAT49). Est-ce que c’est pas une vérité ? Vous avez trafiqué ces armes là mais avec des gens qui ont un pedigree et vous êtes devenu prisonnier de vos conneries, et chacun a pris sa petite place et se la joue. Parce que, hein, se procurer des Glock ou des M16, c’est pas la même histoire. »

 

K. H. n’est pas prêt à reconnaître franco quoi que ce soit. Que ça soit dans le box ou dans la salle, on sent encore davantage la cohabitation entre deux milieux qui n’ont en commun que de transgresser volontiers les règles et les lois. Pour le reste ils n’ont ni les mêmes cultures, ni les mêmes conduites, ni les mêmes façons de vivre. 

La présidente entreprend ensuite d’interroger les trois prévenus qu’elle a regroupés dans un chapitre intitulé : « les potentiels fournisseurs d’armes ». Ils tiendront la même ligne que les autres : ils ne voient absolument pas de quoi on leur parle.

 

Florence Saint-Arroman

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