Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - 45 ans et déjà 33 condamnations ... et retour en case prison

Il a 45 ans, un casier judiciaire superlatif (33 condamnations), une mine de papier mâché. « Vous voyez un psychiatre. Par rapport à quoi ? - Je ne sais pas. » On lui fait des piqûres, mais il ne sait pas pourquoi. On va le juger parce qu'il n'est pas rentré au centre pénitentiaire au terme de deux jours de permission. On va le juger pour évasion, à l'audience des comparutions immédiates de ce jeudi 18 avril..

Il avait obtenu deux jours de permission de sortie, du 2 au 4 de ce mois, pour aller se présenter au CHRS à Besançon. Il préparait avec le SPIP, sa sortie. Il va si bien, cet homme-là, que l'autre option envisagée c'est un appartement thérapeutique sur Dijon. Le 4 avril à 18 heures le centre pénitentiaire constate son absence, le lendemain le parquet délivre un mandat de recherche. On le retrouve chez un de ses frères, le 6 avril en matinée. « Il n'a pas fui, plaide maître Bailly, il est juste resté chez son frère. » L'avocate dit, et le prévenu l'avait dit aussi en audition, qu'il a des problèmes avec son co-détenu, et qu'il en a peur.

En réalité, au cours des auditions, il a donné plusieurs raisons différentes : le co-détenu, la défaillance de son frère qui devait le ramener à Varennes, et sa famille dit, elle, qu'il n'avait pas l'intention de retourner à la zonz, et ça, ça semble agacer les magistrats. Pourtant Aline Saenz-Cobo, substitut du procureur, fait le même constat que l'avocate, avec d'autres mots : « C'est sûr, ce n'est pas une cavale internationale, monsieur n'en a ni les moyens intellectuels, ni matériels. Il est parti pendant 2 jours, mais on a dû le chercher. Son casier judiciaire est plus long que la procédure, il a sans doute des troubles de la personnalité, mais... », mais elle requiert 6 mois de prison et mandat de dépôt.

Son casier s'ouvre en 1992, alors qu'il était mineur. « Vous commettez plusieurs infractions par an, il n'y a de pauses que lorsque vous êtes incarcéré » constate la présidente. Elle ajoute : « Aucune pièce au dossier ne dit que vous vous êtes présenté au CHRS de Besançon. C'est toujours des embrouilles, vos réponses. »

Le tribunal le condamne à 4 mois de prison, décerne mandat de dépôt. S'il ressent quoi que ce soit il n'en laisse rien paraître. La présidente Sordel-Lothe, après avoir exposé les faits, lui avait demandé ce qu'il en pensait. Réponse : « Rien. »

Florence Saint-Arroman

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