Givry

Musicaves de Givry 2017 : un public embarqué par « Orange Blossom », samedi soir, au domaine Thénard

A Givry, samedi soir, les musicavistes pouvaient assister à trois concerts. Retour sur celui d’Orange Blossom.

Devant Orange Blossom, ce qui frappe, d’emblée, du moins au début de leur concert, c’est le contraste entre la retenue de la chanteuse égyptienne Hend Ahmed, et le corps virevoltant, sautillant, du violoniste sur sa gauche. Hend Ahmed a bien, on pouvait le lire dans la brochure des Musicaves, « une voix incandescente ». Mais à côté des autres musiciens, elle semble figée. Sa voix de sirène semble jaillir d’un tombeau.

Une « Voix de sirène », vraiment ? La comparaison n’est pas si incongrue que cela. A l’instar des créatures auxquelles se retrouvent confrontés Ulysse et ses marins dans l’Odyssée, Hend Ahmed chante, comme pour attirer le pèlerin. Et ce n’est qu’une fois celui-ci agrippé, pris dans ses filets vocaux que le concert monte en puissance. En effet, le public conquis, hypnotisé par sa voix, elle commence enfin à bouger, à se laisser aller. Mais pas n’importe comment. C’est littéralement un corps de rêve qui se meut sur scène : un corps tel qu’on en voit assez souvent en songes, qui se déplace de façon spectrale, aux gestes lents.

A la fin du concert, au moment du « rappel », dans le public, un homme, manifestement conquis, lui crie : « embarque-nous ! » Curieuse injonction, à vrai dire. En effet, cela fait presqu’une éternité qu’Hend Ahmed nous a embarqué dans son univers.

Samuel Bon

(Photos : Samuel Bon & M.B.)

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