Givry

2 816 randonneurs ont fait avancer le « Rêve de Marie »

Qu’ils soient passionnés de randonnées, professeurs, chercheurs, médecins, ou inconnus touchés par cette noble cause, 2 816 personnes étaient réunies le dimanche 10 septembre à Givry pour « le Rêve de Marie ». Entre amis, en famille ou seul, ils ont parcouru six, douze ou vingt kilomètres dans les vignes givrotines. L’objectif était multiple : rendre hommage à Marie, adolescente pétillante décédée d’un lymphome lymphoblastique il y a un an, sensibiliser au cancer pédiatrique, et récolter des fonds pour la recherche. Pari gagné : dans une ambiance conviviale, la première édition fut un succès.

Didier et Sylvie Garopin, parents de Marie et organisateurs de la randonnée pédestre « Le Rêve de Marie » en sa mémoire, attendaient 1 500 personnes. Ils en ont accueilli plus de 2 800. Une réussite inespérée dans la gaieté et la générosité. « Nous recherchions une dynamique humaine pour que chacun se sente bien. Mais c’est allé bien au-delà de nos espérances. A 9h30, un monde fou a envahi le parking du gymnase pour s’inscrire. C’était irréel. Nous nous sommes demandés si nous allions pouvoir tout gérer. Sans aucun doute le moment le plus fort de la journée. C’était émouvant de les voir là pour Marie et pour la cause… Wahou ! » déclarent Didier et Sylvie Garopin. Dire que le parcours n’a été qu’une partie de gâteau ? Ce serait mentir, comme l’affirme la maman de Marie : « Je me suis longtemps demandée si je faisais bien d‘organiser cette randonnée. Là, quand je vois le chercheur et les médecins qui viennent marcher, tous ces gens qui ont été sensibilisés au cancer pédiatrique et la façon dont leurs dons peuvent aider la recherche, alors oui, j’en suis sûre : il fallait le faire ». 

Des profils différents venus d’ici et d’ailleurs pour un but commun

Anaïs 24 ans est venue de loin avec sa famille, d’Alsace exactement. Venir marcher six kilomètres ici ? Une évidence pour celle qui avoue avoir eu l’un de ses proches atteint d’un cancer avant d’ajouter : « C’est un moyen de combattre le cancer, de collecter des fonds et d’obtenir des bénéfices pour la recherche ». La famille de Marie s’est aussi déplacée pour cette grande journée, comme sa grand-mère, avec une randonnée de 6 kilomètres au compteur. Malgré ses 81 années, pas de fatigue comme elle en témoigne : « Marie nous a donné la force d’y arriver. Dans tous les cas, nous y serions allés à quatre pattes pour elle. Elle le mérite tellement ». 

Tous ses amis étaient également là. Pour marcher, comme les filles du Givry Starlett Club et de l’Ecole de Danse Monnot, ou en tant que bénévole au ravitaillement, comme Laura, Claire et Léa, ses meilleures amies. Lucile et Juliette, étudiantes à Lyon mais originaires de Givry sont venues braver les douze kilomètres : « Je ne connaissais pas Marie, mais ses parents sont venus présenter la randonnée et le cancer pédiatrique dans ma classe de terminale à Hilaire. J’ai trouvé cela dingue qu’il y ait si peu de fonds attribués à la recherche pour les cancers pédiatriques. Cela m’a beaucoup touchée. Alors si nous pouvons faire un petit quelque chose, nous le faisons » révèle Lucile. 

C’est aussi le cas de cette bande d’amis venus de la région lyonnaise. S’ils sont davantage sportifs du dimanche et adeptes de la pause-café que randonneurs de fonds, ils viennent ici pour « faire une bonne action en se faisant plaisir ». Quant à Caroline 41 ans, accompagnée de son chien et addicte des trails et des courses, c’est bel et bien la lutte contre le cancer pédiatrique qui l’a « aidée à se lever ce matin ».

 Des amis, des familles certes, mais aussi des professeurs, les pompiers de Givry en vélo, des enfants comme Lou-Anne et Clarisse, 9 ans venues pour « donner des sous contre le cancer tout en s’amusant », et des personnalités politiques.

Sébastien Martin, président du Grand Chalon trouve « l’histoire de Marie émouvante. Mais de cette tristesse, il faut faire jaillir de l’espoir pour les enfants. Ce genre d’événement est une vraie mobilisation. Dans notre société très innovante, nous avons tendance à penser que tout est réglé. Mais non. Il faut continuer à aider. Alors en tant qu’homme politique j’apporte mon soutien à une telle manifestation en faisant six kilomètres ». 

 « Voir autant de générosité m’a redonné confiance en l’humanité »

Marraine de cette grande journée, Dana Vaïtilingom, 22 ans, connaissait bien Marie. Championne internationale de twirling bâton originaire de la Drôme, Dana Vaïtilingom a découvert une « jeune fille pleine de vie et agréable » grâce à ce sport. Touchée d’avoir été choisie pour remplir ce rôle, elle ne s’attendait pas à une telle solidarité. « Voir autant de générosité m’a redonné confiance en l’humanité. Tous ces gens, cela fait chaud au cœur. Nous ne parlons pas assez du cancer pédiatrique. J’attends et espère vraiment de cette journée que nous récoltions beaucoup de fonds pour aider à la recherche ! » soutient la Bourcaine. 

Souhait partagé par l’équipe de réanimation de l’Hôpital Femme, Mère, Enfant (HFME) de Lyon. Ceux qui décrivent Marie comme « combattante, courageuse et lumineuse » tenaient à marcher dans le vignoble Bourguignon pour lui rendre hommage, mais aussi pour continuer son projet. Quand Armand, Sophie, Véronique, Marine et Emmanuelle, s’occupaient de Marie et lui prodiguaient des soins douloureux, ils entendaient l’histoire de sa maman pour la soulager : l’ascension de Marie jusqu’à la Madone, cette immense statue qui trône sur une esplanade au milieu des vignes. Alors pour eux, c’était une nécessité de voir ce parcours en vrai, en réalité. D’autant plus qu’une journée comme celle-ci, dont tous les bénéfices sont reversés à la recherche contre le cancer pédiatrique, permet de remettre les enfants au cœur d’un système dont ils sont les oubliés. « Nos enfants sont l’avenir. Il faut penser à eux, développer la recherche autour d’eux. Les fonds aujourd’hui sont insuffisants puisque la pédiatrie n’est pas rentable alors les laboratoires se concentrent sur les cancers adultes ! » s’indigne Armand.

 Quant au Docteur Mathieu Gabut, membre de l’équipe de recherche du centre Léon Bérard à Lyon, il ne connaissait pas Marie. Mais il s’était engagé à venir : « En dehors de mon métier, je participe aux événements qui développent des fonds pour la recherche. Les parents de Marie ont investi énormément de motivation et de temps dans cette journée. C’était naturel pour moi d’être là. Je suis ravi de voir des gens qui se mobilisent pour qu’on puisse réaliser notre travail. » Stipule-t-il avant d’expliquer : « La base de nos recherches consiste d’abord à obtenir des échantillons des tumeurs d’enfants pour les analyser. Sans cette étape nous ne pouvons rien faire. Une tentative d’extraction coûte entre 500 et 600 euros sans aucune garantie que cela marche. Il faut voir si telle molécule qui fonctionne chez l’adulte fonctionne chez l’enfant ». Le Docteur l’assure : « Ce qui est important, c’est que cela change maintenant, peu importe le retard ! D’ailleurs, c’est en train de changer ! Des associations discutent avec les instances politiques pour que les enfants ne soient plus oubliés. Alors tout ce qui nous sera donné sera déjà un plus ».

Un mot donc : réussite. Une organisation saluée de tous, des participants ravis et le commencement de « quelque chose de grand » dans la recherche contre le cancer pédiatrique. Une prochaine édition en 2018 ? Sylvie Garopin l’avoue, pour l’instant, elle « profite de l’instant présent ». 

Marylou Czaplicki

 

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche