Grand Chalon

Chalon-sur-Saône, Festival Instances - Cap sur la Sicile, rencontre avec Emilio Calcagno, chorégraphe

Soucieux des diffférents publics, Emilio Calcagno, propose des ateliers ouverts à tous (initiés et non initiés) et invite également la danse dans des espaces non scéniques. À l'occasion du Grand Atelier Danse organisé mercredi 16 novembre de 18h30 à 21h30 au théâtre Piccolo et constituant "Les "petits + du festival" mis en place par l'Espace des Arts, info-chalon.com a rencontré ce chorégraphe sicilien, véritable électron libre...

Sortir la danse "hors des murs", était-ce une évidence pour vous? 
Je n'imagine pas un spectacle sans public donc forcément il faut être soucieux du public, de tous les publics. Lors de ma 1ère tournée en Inde, à l'âge de 24 ans, j'ai été très surpris de devoir danser seulement devant des expatriés. Je ne m'attendais pas du tout à cela... Je m'étais préparé à danser devant les indiens et je m'en réjouissais alors, j'ai tout simplement refusé de monter sur scène tant que les portes ne leur seraient pas ouvertes. Un vrai bras de fer mais comme je suis têtu, ils ont fini par les faire entrer. Depuis, j'invite la danse partout : dans la rue, les prisons, les hôtels...
 
Cet atelier s'inscrit dans cette réflexion d'ouvrir cette pratique à tous les publics. Comment appréhendez-vous ce travail avec les non-initiés?
Ce n'est pas une question de niveau, c'est une question d'oeil, d'oreille. Ces rencontres sont très fortes parce qu'à travers la danse, le miracle opère toujours. C'est un mystère. Je vois les gens que j'ai en face de moi et c'est une rencontre avec son lot de surprises. Quant au sujet de ce stage, il est en lien avec le spectacle présenté vendredi 18 novembre, il s'agit de donner des clés mais pas trop... Quand on a trop d'informations, on est moins neutre et dans ce cas, il me semble que je donnerais une interprétation qui serait la mienne alors que le public doit s'approprier l'oeuvre. Marcel Duchamp posait la question : "Est-ce qu'un artiste est conscient de tout ce qu'il fait?" Cet atelier est certes un temps d'échanges mais il est aussi l'occasion, pour chaque participant, de parler avec lui-même.
 
Que voulez-vous transmette? 
Ce que je veux transmettre est : "Qu'est ce qu'un corps?". Vous verrez, dans CATANIA, CATANIA, il y a beaucoup de monde sur le plateau. J'aime les corps. Le corps, c'est quelque chose avec lequel on vit. Le corps est multiple, il faut se le réapproprier lorsqu'il évolue. Ce que je veux transmettre, c'est que la vie prime avant tout. Lorsque l'on a grandi entre l'Etna, la mer et les tremblements de terre, on a une autre vision de la vie, du corps. On se montre, on se touche, on vit tous ensemble, les décisions sont prises tous ensemble... On existe à travers soi mais aussi, on existe parce qu'il y a l'autre. 
 
Y a-t-il un fil conducteur dans tout votre travail? 
Surtout pas! Pas de fil conducteur, pas de répétitions dans les événements! 
 
On nous l'avait promis : "Bain de soleil et d'agrumes garantis!"
 
Le Grand Atelier Danse a réuni une vingtaine de danseuses du Conservatoire du Grand Chalon et une demi-douzaine de non-initiées. Beaucoup de travail en écho aux thématiques de CATANIA CATANIA, d'échanges sous l'oeil bienveillant du chorégraphe qui, avec beaucoup d'humour et de rigueur, a dirigé le groupe. Une soirée que les participantes enthousiastes, engagées dans une riche conversation, auraient voulu voir se prolonger. "Soyez vous-mêmes. Dites ce que vous avez à dire, ne vous taisez pas. Refusez l'uniformisation, exprimez-vous. Peut être n'aurais-je pas tenu ce discours il y a 5 ans mais aujourd'hui, plus on a envie de me faire taire, plus j'ai envie de crier... Aujourd'hui, les danseurs ne veulent plus transpirer, être décoiffés... mais ce n'est pas ça la danse. Avant tout, il y a la passion et il est important de l'exprimer avec ce que l'on est vraiment, précisément, des corps qui transpirent, qui évoluent..." a conclu l'enfant terrible de la profession. 
 

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