Journée Internationale des droits des femmes

Femmes à l'Honneur [Portrait 11] - Chantal Prot

Lyonnaise de naissance, chalonnaise depuis plus de vingt ans, sans nul doute avez-vous déjà croisé Chantal Prot, facile à identifier avec quelques-uns des accessoires qui font partie de sa panoplie : un engin motorisé à deux roues, crayons et bloc-notes, un appareil photo et un microphone !

 Originaire d'une famille de soyeux lyonnais, c'est à Paris que Chantal Prot a choisi de poursuivre ses études universitaires en Histoire de l'Art et Lettres modernes, à l'institut d'Art et d'Archélogie notamment. « Durant ma vie, j’ai déménagé une bonne dizaine de fois. Je suis chalonnaise depuis plus de vingt ans, avec une interruption de 2002 à 2007. J’ai travaillé dans la presse jeunesse puis intégré la presse quotidienne et régionale pour un grand titre du Nord de la France. À Chalon, au Journal de Saône-et-Loire, j’ai collaboré à « La Bougeotte », quand Jean-Philippe Chapelon était chef d’agence, puis à « Samedi et Compagnie » dirigé par Michel Limoges. Dorénavant, je participe au Magazine culturel sur RCF en Bourgogne et fais de belles rencontres », nous explique-t-elle. Et lorsqu’on l’interroge sur son action dans le tissu associatif local : « Durant la scolarité de mes enfants, j'ai toujours été membre d'associations de parents d’élèves. Tour à tour, je fus présidente d’un club de gym, d’un club service, j'adhère à plusieurs associations par conviction, pour apporter ma pierre, faire « bouger », autant que faire se peut, les idées reçues et partager un idéal d’échanges et de solidarité », poursuit-elle. 

Que représente pour vous la journée internationale des droits des femmes ?  

La journée de la femme permet de reposer les choses à plat, de rappeler que tous les êtres humains ont des droits, de voir les progrès accomplis - en matière de législation notamment - mais aussi dans les évolutions de la vie quotidienne, d’observer les régressions, d’évaluer ce qu’il y a lieu de faire, de rester en éveil, vigilante. 

Au cours de votre vie ou de votre carrière, avez-vous vécu ou avez-vous été témoin d'inégalités hommes/femmes ? 

Non. 

Depuis ces dernières années, les politiques tentent de prendre à bras le corps ce problème... La mise en place de la parité vous a-t-elle semblé être une bonne mesure ?  

Oui  bien sûr, encore que cela devrait advenir naturellement, on ne devrait pas avoir à la décider. Le panachage devrait être naturel et évident, suivant les motivations, compétences et talents de chacun. 

Pensez-vous que l'image et la place de la femme dans la société française aient évolué ?

Elles évoluent constamment mais il faut rester attentif pour que cela perdure, que de réels changements s’opèrent et s’installent. 

Être une femme a-t-il déjà été pour vous un handicap ? Une force ? 

Ni l’un, ni l’autre. 

Quelle est la phrase que vous aimeriez ne plus entendre ?

« Des études, ça sert à quoi ? »

Quelle est votre devise ou votre philosophie ? 

L’ennui naquit un jour de l’uniformité.

Que défendez-vous et que voulez-vous transmettre ?   

La bienveillance, la tolérance, le respect, la fantaisie, la joie de vivre. 

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ? Le meilleur que vous ayez donné ? 

Transmis : Se projeter dans l’avenir, ne pas ergoter sur l’erreur effectuée, mais partir d’elle pour mieux avancer. Donné : Utiliser sa curiosité, son enthousiasme. Garder sa propre personnalité. 

Quelle est, ou quelles sont, les femmes qui vous ont le plus influencée ?   

Simone Weil, Simone de Beauvoir, Colette, Gisèle Halimi, Elisabeth Badinter, Georges Sand, Louise Michel, les femmes qui osent, savent se faire entendre au moment opportun dans leur époque, voire même au-delà. Je découvre avec intérêt la parole de Fatiha Agag Boud Jahlat.

De nombreuses actrices ont pris la parole ces derniers mois, qu'a suscité chez vous l'affaire Weinstein ? 

Du dégoût, de l’écœurement et de la colère. 

Avant que le scandale n'explose médiatiquement, aviez-vous conscience de l'ampleur de ce problème de harcèlement sexuel ?

Non, pas franchement. La promotion canapé, quelques années en arrière, cela faisait juste rire. Néanmoins, quand le rendez-vous a lieu dans une chambre d’hôtel, l’actrice peut tout de même se méfier. 

Comprenez-vous que certaines femmes n'aient pas voulu s'exprimer sur le sujet, comme certaines victimes qui ne veulent pas porter plainte alors qu'elles subissent des violences conjugales ?

Oui, on marche sur des œufs. Il faut respecter les réactions de chacune.  

L'actrice Cate Blanchett a été désignée pour présider le jury du Festival de Cannes.  De nombreux médias ont commenté cette annonce en mettant en avant qu'elle avait été l'une des premières femmes à s'être élevée contre Weinstein. N'est-ce pas déroutant que l'on puisse penser qu'elle ait été choisie pour cette raison ?

Cela n’a pas de lien selon moi, Cate Blanchett était pressentie. Cela a été annoncé, peut-être par volonté délibérée, au moment adéquat pour faire du buzz. Je suis ravie que la présidente soit une femme, car là en effet, la parité n’est pas respectée. On se souvient des présidences de Isabelle Huppert, Adjani, Jeanne Fonda, Ingrid Bergman. 

Qu'avez-vous pensé du #balancetonporc en France ou #MeToo lancé aux États-Unis ?

La violence de la formulation me choque, on encourage la délation, il y a une démesure. C’est grave de balancer. Et puis, il y a des zones floues, où commence le harcèlement ? Il est vrai aussi que certaines blagues lourdes, potaches, font partie du registre humoristique de certains hommes ; à mon sens, il ne faut pas oublier le  second degré avant de rejeter ce style d’humour.  

... D'autres initiatives, comme le mouvement Time's Up (un fonds pour soutenir toutes les victimes de harcèlement sexuel) initié entre autres par Natalie Portman et Jessica Chastain ?

Que les femmes qui s’expriment et veulent garder l’anonymat soient soutenues est indispensable. Les situations sont toujours délicates, chaque femme a son propre ressenti. 

Chef, cheffe, auteur, auteure, autrice, madame le sénateur, madame la sénatrice... Que pensez-vous de la féminisation de certaines professions et de l'écriture inclusive ?

Je ne vois pas trop l'intérêt de telles mesures. L’écriture inclusive, non !

Que pensez-vous des féministes ?  

Toute femme se doit d’être féministe. Ce sont aussi les mères qui transmettent par l’éducation, des gestes, des usages, des savoir-faire, des valeurs, leur culture... Bien sûr, il me paraît important que les fils - les garçons - soient incités à faire les mêmes tâches que les filles, dans la vie domestique notamment, mais aussi intègrent les valeurs nécessaires à la vie en commun, altruisme, respect, tolérance. J’admire le courage des féministes engagées, leur détermination. Les suffragettes, féministes en leur temps, ont largement contribué à faire évoluer les mentalités pour parvenir au vote des femmes. 

Homme/femme, un message pour un "mieux vivre ensemble" ? 

Se respecter, s’écouter, se regarder, se sourire !

Propos recueillis par SBR - Photo transmise par Chantal Prot

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