Journée Internationale des droits des femmes

Femmes à l'Honneur [Portrait 17] - Florence Plissonnier

Malgré son fort investissement en tant que Maire de Saint-Rémy, Florence Plissonnier a souhaité, afin de garder la réalité du terrain et de ne pas devenir une élue éloignée des difficultés des administrés, conserver à temps partiel son activité professionnelle.

 Née à Dijon, installée depuis de nombreuses années dans le chalonnais, tout d'abord à Champforgeuil, puis à Chalon-sur-Saône, pour s'établir enfin à Saint-Rémy, il y a plus de 18 ans, Florence Plissonnier, infirmière libérale depuis octobre 1985, possède un cabinet situé au plateau Saint-Jean et exerce sur tout le nord de Chalon.

Florence, parlez-nous de vous et de votre choix de vous investir dans la vie politique de votre commune...

Mariée depuis 20 ans, mère de deux filles (19 et 17 ans), je me suis toujours investie au sein de leurs structures scolaires. J’ai également toujours été engagée dans des associations, notamment depuis 30 ans dans un club service qui met en avant la solidarité. Toujours intéressée par la vie publique, habitant à Saint Rémy et faisant un constat décevant, j’ai décidé, au lieu de critiques stériles, de m’investir efficacement afin de dynamiser sainement notre ville, comme elle se doit, en tant que seconde commune de l’agglomération.

J’ai souhaité développer sur ma commune :

- des actions de solidarité telle que la Mutuelle des San Rémois, le Téléthon, favoriser l’ insertion des jeunes dans le milieu professionnel en intégrant les services civiques, des stagiaires, des TIG entre autres, 
- impulser une dynamique sportive en créant un service dédié et en diversifiant les activités proposées,
- développer une sensibilisation à l’Environnement par la création d’un service dédié, en favorisant l’installation d’un verger conservatoire, en préservant des abeilles grâce à l’installation de ruches et en favorisant la biodiversité, en mettant en valeur les zones humides de la Thalie, en réhabilitant les parcs Monet et Comtesse Keller.
- valoriser la culture à Saint-Rémy en mettant en avant les jeunes talents aux Jeudis de la Taverne et lors des expositions régulières en mairie.
 
En parallèle à tout ceci, le Président du Grand Chalon m’a confié la Vice-présidence en charge des équipements culturels d’intérêts communautaires et du soutien aux activités culturelles. Ce niveau de responsabilité me permet d’avoir une action sur la culture à l’échelle de l’agglomération mais également de participer à l’exécutif du Grand Chalon. Tout cela n’est que des exemples parmi tant d’autres qui caractérisent mes valeurs et mon engagement. Ils  se sont forgés au cours de mes expériences professionnelles et de mon vécu personnel. Passionnée par toutes mes missions, j’ai encore de nombreuses envies et idées pour les années futures, toujours dans l’intérêt des San Rémois.


Que représente pour vous la journée internationale des droits des femmes ?  


L’occasion de mettre en avant l’investissement et la valeur ajoutée qu’apportent les femmes dans notre société.

Au cours de votre vie ou de votre carrière, avez-vous vécu ou avez-vous été témoin d'inégalités hommes/femmes ?  

Oui. Principalement des inégalités dues à une différence de force physique.

Depuis ces dernières années, les politiques tentent de prendre à bras le corps ce problème, la mise en place de la parité vous a-t-elle semblé être une bonne mesure?  

Non, j’estime que ce n’est pas une bonne mesure telle qu’elle est présentée. En effet, à compétence égale, que nous privilégions les femmes me semble être une bonne mesure. Par contre les imposer sur le seul critère que ce soient des femmes me paraît inadapté et leur fait perdre la légitimité de leurs compétences, donc est moins valorisant pour elles.

Pensez-vous que l'image et la place de la femme dans la société française aient évolué 

Oui, les femmes ont de moins en moins de complexes à occuper des postes de dirigeant et assument le fait de se préoccuper de leur carrière.

Être une femme a-t-il déjà été pour vous un handicap ? Une force ? 

Le fait d’être une femme est à mon avis un atout car entre notre vie professionnelle et personnelle, nous sommes amenées à gérer de multiples actions en même temps, à nous organiser et à prioriser nos interventions. Nous devons être à la fois dans l’opérationnel, dans l’anticipation et avoir une vision globale de notre charge de travail afin de la gérer au mieux. 

Comment conciliez-vous vie professionnelle et vie personnelle ? 

Je délimite les deux champs d’application afin que l’un n’interfère pas, ou le moins possible, avec l’autre. Grâce à une bonne organisation, j’ai pu également développer une implication associative importante et assurer un rôle investi de parent d’élève pendant toute la scolarité de mes filles et, comme vous le savez, prendre la responsabilité d’un mandat de Maire d’une commune de 6700 habitants. Chacun de mes rôles me passionne, m’enrichit intellectuellement et participe à mon épanouissement. Tout ceci n’est possible que grâce au soutien indéfectible de ma famille et de mes proches que je remercie chaleureusement. Par ailleurs, j’ai su m’entourer de collaborateurs efficients. 

Quelle est la phrase que vous aimeriez ne plus entendre ? 

« C’est impossible, je n’y arriverai jamais. »

Quelle est votre devise ou votre philosophie ?    

« À cœur vaillant, rien d’impossible », Jacques Coeur.

Que défendez-vous et que voulez-vous transmettre ?   

Je défends la valeur du travail, l’épanouissement dans l’engagement et le travail bien fait... Je souhaite transmettre, en exemple, qu’en s’engageant tout est possible.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ? Le meilleur que vous ayez donné ?  

« Aie confiance en toi et tout est possible. » Les meilleurs conseils que j’ai donnés à mes filles : « Soyez optimistes : à tout problème, il y a des solutions » et « Il y a du positif dans toute situation ».

Quelle est ou quelles sont les femmes qui vous ont le plus influencée ?  

Les femmes qui m’ont le plus influencée sont : Ma maman, pour l’éducation et les valeurs qu’elle m’a inculquées et que j’essaie de transmettre à mon tour à mes filles ; pour ma vie professionnelle, Madame Lacreuse, ancienne infirmière libérale, pour l’investissement et l’énergie qu’elle a déployés tout au long de sa carrière, ce qui m’a inspirée et donné envie de faire ce métier ; Madame Madeleine Mazière pour son expérience dans la vie publique et pour tous les conseils qu’elle m’a prodigués et qui me servent quotidiennement dans mon rôle de Maire.

De nombreuses actrices ont pris la parole ces derniers mois, qu'a suscité chez vous l'affaire Weinstein ? 

Compte tenu de mon tempérament affirmé, j’ai du mal à comprendre comment les femmes sont restées silencieuses si longtemps.

Avant que le scandale n'explose médiatiquement, aviez-vous conscience de l'ampleur de ce problème de harcèlement sexuel ?  

Non.

Comprenez-vous que certaines d'entre elles n'aient pas voulu s'exprimer sur le sujet, comme certaines victimes qui ne veulent pas porter plainte alors qu'elles subissent des violences conjugales ?  

Non, mais n’étant pas à leur place, il est impossible d’émettre un avis extérieur et ni le moindre jugement. Ce sont des situations très complexes et je suis toujours étonnée que cela touche tous les milieux sociaux et intellectuels. La manipulation est très dévastatrice.

L'actrice Cate Blanchett a été désignée pour présider le jury du Festival de Cannes. De nombreux médias* ont commenté cette annonce en mettant en avant qu'elle avait été l'une des premières femmes à s'être élevée contre Weinstein. N'est-ce pas déroutant que l'on puisse penser qu'elle ait été choisie pour cette raison ? 

N’est-ce pas réducteur pour elle de penser qu’elle a été choisie uniquement pour cela ? Elle a probablement été distinguée pour ses compétences d’actrice également.

Chef, cheffe, auteur, auteure, autrice, madame le sénateur, madame la sénatrice... que pensez-vous de la féminisation de certaines professions et de l'écriture inclusive ?  

J’estime que c’est un faux problème, de pays occidentaux, et je le trouve relativement futile au regard de ce qui se passe ailleurs. Nous devrions plutôt concentrer notre énergie à essayer de trouver des actions visant à dénoncer les inégalités graves et les sévices que peuvent subir certaines femmes dans le monde.

Que pensez-vous des féministes ? 

Je suis contre toute position extrême. J’estime que les inégalités physiques homme/femme existent, le reste ne m’a jamais posé de problème. Les féministes ont une utilité si elles sont modérées afin de dénoncer certaines situations problématiques. Je pense que l’éducation des petites filles devrait être renforcée sur l’estime et la confiance en soi, la capacité à dire non, etc. 

Homme/femme, un message pour un "mieux vivre ensemble" ? 

Oui, je crois beaucoup en la complémentarité des deux et je le constate au quotidien.

Propos recueillis par SBR - Photo transmise par Florence Plissonnier

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