Opinion de gauche

"SNCF : Changer OUI, casser NON !" pour la section PCF du Grand Chalon

L’Europe libérale mène une guerre contre le service public ferroviaire. La France, avec le nouveau pacte ferroviaire issu du rapport Spinetta, en est un acteur majeur.
→Une France à deux vitesses
Alors que les besoins de mobilité ne cessent d’augmenter, cette réforme n’apportera aucune réponse. En refusant de financer les «petites lignes», le gouvernement laisse cette responsabilité aux régions, sans aucun moyen supplémentaire. Plus de 9000 kilomètres sont menacés !

Le réseau ferré doit "irriguer" l'ensemble du pays et jouer ainsi son rôle dans l'aménagement du territoire. Alors "que La concentration des investissements sur les métropoles et les grands nœuds ferroviaires va créer des déserts ferroviaires.

→ Le statut comme argument de la division
Le gouvernement veut supprimer le statut des cheminots pour les nouveaux embauchés. Ce régime, qu’ils financent par des cotisations plus élevées que celles du régime général, n’est en rien responsable de la dette de la SNCF. C’est un choix purement idéologique d’un gouvernement cherchant à opposer les cheminots aux usagers et aux autres salariés. A la SNCF aussi Macron veut imposer sa norme du travail précarisé, ubérisé ou chaque travailleur est isolé. Il n’y a rien à attendre d’un soutien au plan Macron. Une fois le statut des cheminots supprimé, ce sera le tour de ceux qui auront encore un emploi stable.

→ Ouverture à la concurrence : rien n’est obligatoire
Pour le gouvernement, l’urgence et la violence de cette réforme se justifieraient par une ouverture inéluctable à la concurrence. Mensonge ! Rien n’est obligatoire, les traités européens permettent d'y déroger. Par contre les grands perdants seraient les usagers : hausse des prix, rétrécissement du réseau et baisse du niveau de sécurité.
Usagers, citoyens, cheminots, élus : luttons pour un service public ferroviaire de qualité. C’est notre patrimoine. Il faut investir pour le développer et l'améliorer.
→ La dette de la SNCF, parlons-en !
Le gouvernement utilise l’argument de la dette pour exiger la privatisation de la SNCF. Cette dette de 53 Mds résulte du sous-engagement de l’Etat et des investissements faits sur demande de l’Etat pour construire les lignes de TGV. Rien à voir avec le statut des cheminots !
→ La solution : de nouveaux financements pour la SNCF
Il est urgent de reconstruire un maillage du réseau SNCF sur l'ensemble du territoire national. Il y a un besoin criant de modernisation des infrastructures (30 ans d’âge en moyenne). Cela suppose :

• Une action coordonnée entre Etat et régions pour évaluer les besoins, définir les implantations, développer les projets et les interconnexions, une action à poursuivre jusqu'au niveau européen, tant les besoins de mobilité s’expriment maintenant à cette échelle. Une action à intégrer à la lutte pour une industrie du ferroviaire en France et donc la défense d’Alstom.

• De dégager les financements à la hauteur. De l'argent il y en a. Dans le journal "Les Echos" des 7 et 9 mars on apprend que la France compte désormais 40 milliardaires totalisant une fortune de 265 Mds d'euros, + 30% sur 2016 et que le "CAC 40, avec 92 Mds de profits réalise sa meilleure année avec + 21,3%.
• Les besoins d'investissements ferroviaires sont énormes. Aucun Etat ne peut faire face à de telles dépenses sans recourir au crédit et donc sans faire appel à la BCE. Nous proposons la création d’un fond social, solidaire et écologique adossé à la BCE pour financer à un taux d'intérêt très abaissé les investissements ferroviaires dans tous les pays de l'Union.
• Ce financement va de pair avec une profonde réforme fiscale, notamment des entreprises, du capital et de la fortune pour financer le fonctionnement de ces services et rembourser les prêts contractés.
• Dans l’immédiat ramener à zéro les charges d’intérêt de la dette ferroviaire en la faisant reprendre à 0% par la BCE et tout de suite par la Caisse des Dépôts. A ce jour la SNCF paie 2,7 Mds/an de charges d’intérêts et financières aux banques et assurances. Soit 1/3 de sa masse salariale de 9 Mds, soit l’équivalent à 26000 emplois.

Voilà de quoi réduire la dette de la SNCF, augmenter les investissements et limiter les prix des billets. Un cercle vertueux, plutôt que le cercle vicieux du gouvernement.

→ Sur le plan stratégique, il faut :
+ Une entreprise unique et intégrée, 100 % publique, sous contrôle démocratique, protectrice pour ses agents comme pour les usagers.
+ Le développement du fret pour désengorger les routes, limiter la pollution et l'insécurité routière.
+ Inter modalité : le rail doit être la colonne vertébrale des transports, en articulant les autres modes autour des gares pour s'accorder aux besoins des usagers.

Toutes et tous dans la rue le 22 mars pour exiger une vraie réforme de la SNCF, pas un bradage !

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