Opinion

Lettre ouverte aux acteurs du tourisme en Saône et Loire

C'est un coup de gueule porté par deux administrateurs de l'ADT71

Madame, Monsieur,
Nous souhaitons avant la tenue de l’assemblée générale de l’agence de développement touristique « Destination Saône et Loire » du 30 juin 2016, exprimer notre inquiétude et dénoncer le mode de fonctionnement et la politique menés par cette institution.


1. Nous dénonçons des choix de politique touristique hasardeux
Choix de se consacrer de façon quasi « exclusive » à la promotion (608 000 € y sont consacrés dans le budget prévisionnel 2016 contre 71 000 € pour l’ensemble des autres actions) au détriment de l’organisation et de la qualification de l’offre, ainsi que de l’animation du réseau des acteurs (développement et ingénierie). Ce choix est en contradiction avec les souhaits des Offices de Tourisme exprimés au Président Acccary lors d’un petit déjeuner de travail.


Cette promotion se résume uniquement à de la communication, à travers le « Country Break », (positionnement marketing). L’abandon de « Bourgogne du Sud » au profit de « Saône et Loire » est très dommageable pour la visibilité de notre département.


Ce choix ignore de fait :


- Les orientations nationales de l’association des ADT de France (ex RN2D, devenue aujourd’hui « Tourisme et Territoires » qui se recentre sur l’ingénierie et le développement. La promotion et la communication nécessitent des moyens très importants, à mettre en oeuvre essentiellement au niveau régional.


- Le nécessaire partenariat régional par rapport aux filières et aux cibles retenues (oenotourisme, vélotourisme, Tourisme & Handicap, etc.). Aucune labellisation « Tourisme & Handicap » n’a eu lieu cette année, ni les réévaluations nécessaires permettant d’éviter les radiations.


- Le niveau local : malgré la volonté apparente affichée, l’ADT abandonne de fait son rôle de fédérateur et de soutien des offices de tourisme dans leur mission de développement. L’ADT n’assure même plus les réponses aux demandes de documentation, déléguées d’office aux OT sans accord ni contrepartie financière.


2. Nous dénonçons un mode calamiteux de gouvernance du conseil d’administration fondé sur le secret, le mensonge, la peur et la manipulation.


Les statuts n’ont pas été respectés à de multiples reprises jusqu’à ce qu’une menace d’action judiciaire impose la réunion d’un Bureau avant les CA et la communication des documents sur lesquels le Conseil doit se prononcer (vices de procédure reconnus par E. Roblot).


Plus grave, des menaces ont été exercées sur des administrateurs et des acteurs professionnels : chantage économique, chantage à l’emploi, chantage à la subvention.


Ces menaces ainsi que la non-transparence dans la gestion de l’argent public laissent entrevoir son utilisation à des fins de clientélisme politique, c'est-à-dire en contrepartie d’un alignement politique :


- Subventions déguisées en dépenses publicitaires sans qu’aucune convention de partenariat public/privé n’ait été soumise au CA (par exemple des dizaines de milliers d’euros pour un affichage publicitaire placé pendant un match de l’Elan Chalon, le directeur de l’ADT reconnaissant lui-même que ce dispositif n’engendre aucune retombée tourisme).


- « cadeaux publicitaires » (14 000 € au budget en 2015), des coffrets cadeaux de vin pour un montant de plusieurs milliers d’euros, non distribués à 90%.


- Une politique de promotion inégalitaire à 2 vitesses selon les acteurs touristiques du département.


Des dépenses importantes sont sans justification (ex : 20.000 € d’honoraires « juridiques » dans les comptes 2015 sur lesquels les dirigeants refusent toute explication) ou sans retour auprès du CA et resté sans suite (ex : voyage d’étude « oenotourisme » en Espagne pour 6 personnes dont E. Roblot et R. Lavina).


3. Nous dénonçons une gestion indigne du personnel
7 salariés en moins en 2016 :
- Deux agents fonctionnaires ont été réintégrés au Conseil Départemental début 2016 et une autre en a fait la demande en raison de la façon dont elle est traitée.
- Une salariée a démissionné pour les mêmes raisons.
- Trois autres sont en cours de licenciement, malgré les affirmations contraires mensongères faites en assemblées départementales le 10 mars par A. Durix et le 22 juin par E. Roblot
(Auxquels s’ajoutent deux autres salariés non remplacés en 2014)


Il ne peut s’agir de licenciements économiques, il s’agit d’un choix politique puisque la subvention du département à l’ADT n’a pas été modifiée, hormis l’abandon de la subvention de la marque territoriale (300.000 €) alors qu’on en conserve les charges importantes de personnel…


Une manipulation du mode de calcul des frais permet, au nom de soi-disant 200.000€ d’économies, de justifier la suppression de 3 postes. (Au profit d’une externalisation dans des structures privées ou de délégations au niveau régional sans anticipation ni concertation préalable).


Pour compléter, les dirigeants retiennent des critères « sur mesure » pour se débarrasser des 3 personnes visées malgré leur compétence reconnue, leur ancienneté et leur état de santé.


Le personnel est en grande souffrance (nombreux témoignages consignés dans le registre des Délégués du personnel, signalements à la médecine du travail de l’ADT et du Conseil Départemental) et la Direction vient même de tenter d’interdire au personnel d’assister à l’AG du 30 juin, en contradiction avec le règlement intérieur de l’ADT.


Les licenciements prévus ne pourront être effectifs qu’au terme de procédures juridiques fort coûteuses pour les contribuables, tant les manquements sont graves.


En conclusion
Le département a décidé de faire du tourisme sa priorité mais les dirigeants de l’ADT imposent, par des méthodes inacceptables, des choix qui ne peuvent être justifiés par la réforme territoriale ou des difficultés financières.
Ces choix marginalisent le département et ne peuvent lui permettre de devenir la « grande destination touristique » souhaitée.
Ils doivent, de façon apaisée, faire l’objet d’une véritable concertation avec tous les acteurs du tourisme, d’une façon qui satisfera les exigences d’humanité, de citoyenneté et de démocratie, mais aussi d’efficacité.
Ils doivent être amendés dans un sens qui permettra un véritable développement et une véritable attractivité touristiques pour notre département.


Edith Bonnet administratrice ADT 71
Patrick Laden administrateur ADT 71