Opinion

Lettre ouverte aux gestionnaires de la résidence «La Girandière» à Chalon-sur-Saône

«Le 27 juin 2017, ma maman est décédée» explique cette lectrice. «Le 09 juin, on m’appelait en me disant qu'elle était transportée au service des urgences de l’hôpital. Elle avait fait une chute sur son balcon. Le problème est qu’elle est tombée dans la matinée du 08 juin. Elle a donc passé 24 heures sur son balcon, en chemise de nuit couchée sur le côté, à ne pouvoir se relever, se retourner.» «Je souhaite faire connaitre son histoire par le biais d’une lettre ouverte car j’ai le sentiment que les personnes âgées sont devenues des pompes à fric» poursuit Valérie Lavaux, dont nous publions le texte en intégralité.

Lettre ouverte aux Gestionnaires de la Résidence «La Girandière» à Chalon-sur-Saône :

Le 27 juin 2017, nous avons célébré les obsèques de notre maman, âgée de 86 ans. 

 

Et alors ? Le rapport avec cette lettre ouverte ? Pour le comprendre, il faut revenir quelques mois en arrière.

Maman a emménagé dans une résidence pour séniors le 1er juin 2016 dans un appartement type T2 (44,42 m²), meublé, moyennant un loyer de 1500€ TTC/mois. 
Ladite redevance d’hébergement meublée comprend (reprise de  l’article 2 tel qu’il est écrit sur le contrat de location) :

La mise à disposition d’un logement meublé, les charges locatives mensuelles des parties communes incluant l’accueil de jour aux heures et jours ouvrés.
La télésurveillance assurée par un personnel qualifié, présent sur site 24h/24, 7j/7, qui :
Réalise occasionnellement des visites physiques de convivialité destinées à rassurer le résident et à détecter des signes ou comportements inhabituels ;
Déclenche des interventions au domicile du résident en cas de besoin de ce dernier, en répondant à son appel émis via son médaillon d’appel,
Alerte les services de secours et/ou la famille en cas de situation d’urgence ou de difficulté rencontrée par le résident.
La mise à disposition d’un animateur pour les activités collectives ;
Tout autre service complémentaire inclus dans la redevance d’hébergement meublé mentionné sur la plaquette tarifaire figurant en page 9 (note de l’auteur de la lettre, le contrat ne possède que 5 pages !).
Etant par ailleurs précisé que la redevance d’hébergement meublé, pour le logement, inclut :
Consommations énergétiques
Consommations d’eau.
En tout état de cause, il est également précisé que la Taxe d’Habitation demeure à la charge du Locataire. Le Loueur propose également aux résidents des services de restauration (petit-déjeuner, déjeuner, dîner), de blanchisserie (fourniture d’un kit linge à la quinzaine, lavage, séchage), etc… facturés à l’unité ou au temps sur la base de tarif en vigueur…


A son entrée, maman n’a souscrit à aucun service complémentaire car, bien que souffrant de la maladie de Parkinson depuis 1995, elle était encore très autonome, aidée par une personne qui venait 1 heure/semaine ainsi que d’anciens voisins. Elle avait accepté de quitter sa maison car elle ne se sentait pas en sécurité seule chez elle (n’habitons pas la région). Cette situation et ce besoin de sécurité étaient connus des services de la résidence et notés (en tout cas le besoin de sécurité) par la directrice qui a effectué l’entretien d’arrivée. Après son installation, il m’a été dit : «partez tranquille, on s’occupe de votre maman».
En avril 2017, un établissement spécialisé lui installait un lit type lit d’hôpital loué sur prescription médicale.
Début mai, elle était hospitalisée pour dosage de traitement : elle est restée hospitalisée 5 jours. A son retour, elle ne sortait plus quotidiennement comme auparavant et s’est fait établir un devis de prestations d’aide à la personne par les services de la résidence.
Le 09 juin 2017, une des responsables de la résidence m’avertissait que les pompiers avaient été appelés pour intervenir chez maman, qu’ils l’emmenaient aux services des urgences du CH. Elle avait fait une chute sur son balcon et n’avait pu se relever : elle était sur son balcon, en chemise de nuit, depuis LA VEILLE, le 08 juin 2017 au matin ! 
Maman avait passé 24 heures seule sur son balcon à appeler au secours en vain, à subir la pluie, le vent, le froid de la nuit, à se sentir littéralement abandonnée et perdue. La venue de son taxi le vendredi matin, qui venait la chercher comme tous les vendredis et qui s’est inquiété de ne pas la voir, a permis de la secourir.
«Elle ne portait pas son médaillon !» m’a dit la directrice sitôt qu’elle m’a eue informée de la situation ! Le fait est ! Elle ne le portait jamais car il était tellement lourd qu’elle en avait mal aux vertèbres cervicales ! Et puis, pour faire fonctionner ce médaillon, il faut appuyer dessus alors, encore faut-il ne pas avoir perdu connaissance !
Maman n’est pas sortie vivante de l’hôpital. Je ne dis pas que cette chute l’a tuée. Vraisemblablement, sa maladie est la cause de son décès. Mais la résidence où elle avait emménagé n’a vraiment pas répondu à ses attentes ni aux nôtres : et ce tant pendant son séjour, qu’au moment de l’accident ou après son décès. 

C’est pourquoi aujourd’hui cette lettre ouverte est diffusée :    

POUR ALERTER.


Vous alerter, vous, les gestionnaires et les investisseurs dans des Résidences pour Séniors : que vous gagniez de l’argent, d’accord mais faites en sorte que vos engagements soient plus clairs (ou tout du moins en adéquation avec ce que comprennent les résidents et leur famille) et que le matériel mis à disposition soit mieux adapté (sans parler pas des logements en eux-mêmes…). J’en veux pour preuve l’article 2 de votre contrat de location cité précédemment et notamment la phrase : «Réalise occasionnellement des visites physiques de convivialité destinées à rassurer le résident…» ou également un des services inclus dans le montant de l’hébergement et listé dans un document remis suite à la visite du logement et vantant votre résidence qui dit «La présence de personnels qualifiés 24h/24 et 7j/7, qui assurent la sécurité». Fin de la citation : aucune condition énoncée…
OR, des signes étaient là, vos services au courant de cet état. Pourtant, aucune visite occasionnelle n’a été faite, personne n’a été alerté.

Alerter les familles : que les choses soient claires pour eux aujourd’hui. Dans le type de résidence où maman a emménagé pour 1500€/mois (charges comprises), la seule plus-value à attendre est d’avoir des services accessibles sur place mais facturés en supplément.

Voilà, notre histoire n’est pas extraordinaire mais il nous a paru important de la faire connaître afin d’essayer de faire changer un peu les choses. Maintenant, si la Direction de la Résidence veut en savoir plus, ou qui que ce soit d’autre, je suis à leur disposition.

Valérie Lavaux

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