Politique de droite

"Apaiser, rassembler et réformer", Dominique Perben déroule la stratégie Alain Juppé

A Saint Rémy, près de 400 personnes ont fait le déplacement à la salle Georges Brassens afin d'écouter l'un des piliers du dispositif Juppé. Dominique Perben resté en retrait de la sphère chalonnaise depuis son départ pour d'autres horizons a effectué sa rentrée politique en quelque sorte... et ce n'était pas pour déplaire dans la salle.

C'était le retour du "Patron" comme certains aimaient à le rappeler mardi soir à la salle Brassens. Un pari réussi pour les Juppéistes qui ont privilégié une figure locale pour porter la parole de leur leader à la primaire du mois de novembre. Tour à tour, Marie-Claude Jarrot, Sébastien Martin, Arnaud Danjean ont déployé les arguments en faveur de leur chef de file, appelant à plus de sérénité dans les débats politiques du moment. Du côté de la très gaulliste Marie-Claude Jarrot, "voter Juppé, c'est voter pour le candidat gaulliste". Un appel du pied clair et net à toutes celles et ceux qui vouent un culte aux idéaux d'après-guerre et qui restent au coeur de bien des militants de la droite française. 

"Une droite non sectaire"

Arnaud Danjean a fait l'apologie de "cette droite non sectaire. C'est la marque de fabrique d'Alain Juppé et à tous les étages. Oui, Alain Juppé est de droite. Arrêtons ce faux procès à son encontre. Il était Secrétaire général du RPR et co-fondateur de l'UMP. Alain Juppé fait des propositions applicables et chiffrées. On ne travaille pas à faire des promesses ou de dire à des gens ce qui serait agréable à entendre. Il faut en terminer avec ces vieilles manies et s'adresser à la raison, faire des propositions réalistes et applicables". 

"Plutôt que de hisser des murs, tissons des liens"

Sébastien Martin s'est voulu offensif sur le dossier du Front National, sur la peur qui mine le moral des Français, appelant à un sursaut économique, "seule voie permettant à une identité française partagée par tous". Le Président du Grand Chalon, coordinateur départemental de la campagne d'Alain Juppé a salué l'héritage de Dominique Perben et de Roger Leborne, ancien maire de Saint Marcel, à l'origine du Grand Chalon, "parce que la volonté était de tisser des liens plutôt que de hisser des murs". 

"Les Français veulent du sérieux et sont las des promesses non tenues. Il nous faut parler à la raison plutôt qu'à la passion ! Le chômage c'est une machine à créer du désespoir et une société baséee sur la peur ne peut avoir confiance ni d'espérance. A nous de ne pas confondre identité et repli identitaire" a lâché Sébastien Martin.

"On a plus de valeurs à partager avec les centristes qu'avec le FN !"

Sébastien Martin a rompu clairement avec certains du parti LR considérant que les voix sont à prendre au Front National. En présence d'Isabelle Dechaume, qui a quitté son poste de première adjointe, après la polémique du menu de substitution à Chalon sur Saône, Sébastien Martin, n'a pas hésité, à lui faire un appel du pied sur des idéaux qui se veulent partagés (même si sur le sujet, elle s'est retrouvée bien seule avec Jacques Morin, seul élu à s'être abstenu).

"Je suis de droite et je n'ai aucun complexe et aucune leçon à recevoir" a réaffirmé le Président de l'intercommunalité. "A nous de prendre de la hauteur de vue ou de revivre le passé. Que chacun ait conscience des enjeux ! Le pays a besoin d'être rassemblé et pas divisé pour gagner". 

"Apaiser, rassembler et réformer"

Dominique Perben n'a pas non plus fait dans la dentelle ce mardi soir, évoquant d'ores et déjà des mesures clés à mettre en oeuvre très rapidement afin de relever la France. 

"J'observe ce qu'il se passe depuis ma colline (Jully les Buxy) et je continue de ne pas m'en mêler" a aussitôt lancé Dominique Perben, face à celles et ceux qui attendaient éventuellement des prises de positions plus locales. 

"Alain Juppé, je le connais depuis plus de 40 ans. Il est solide, avec une capacité intellectuelle hors du commun, et une capacité de comprendre la complexité de la France d'aujourd'hui. Le monde est un village, la mondialisation est une réalité économique. La question n'est pas sur le passé mais sur demain, sur comment se projeter, évoluer sereinement au milieu d'un monde qui ne nous attend pas. Il nous faut continuer à aller de l'avant. Le pays se porte mal et il nous faut quelqu'un en capacité de tenir la barre et de porter des réformes. C'est pour cela que j'ai accepté de reprendre du service aux côtés d'Alain Juppé". 

"Seuls les vrais enjeux doivent compter et pas les enjeux pré-fabriqués. Ya suffisamment de problèmes, on n'est pas obligé d'en rajouter". 

Education, économie, réforme de l'état, armée, déficit... tout a été passé en revue par l'ancien ministre de Jacques Chirac, sans oublier les mesures fortes à mener contre l'islamisme radical. 

"Le Président doit être le garant de la paix civile. Il faut une personnalité capable de faire cela. C'est ce qu'on attend. La paix civile, ça c'est sérieux, et pas des excités ou des petites phrases pour faire des polémiques". 

"Si on n'a pas ce rassemblement, on sera mal. L'enjeu de ces élections est assez grave. Je le dis avec sérénité. Il faut y faire très attention !"

Laurent Guillaumé

 

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