Politique de droite

Exit Wauquiez, l'ombre de Sarkozy plane au-dessus du parti...

Laurent Wauquiez, patron du parti LR, aura attendu une semaine avant de prendre la décision finale, à savoir celle de sa démission de son parti politique. Après une défaite historique pour sa famille politique, la ligne politique portée Laurent Wauquiez et les siens n'aura donc pas fait long feu. L'heure de tirer des enseignements ?

Il avait sans doute espéré un peu de compassion dans le tumulte des résultats des élections européennes, mais le soir même, des voix se sont élevées afin de réclamer sa tête. Et c'est bien le propre de la politique, que d'être sans pitié avec les perdants ! Laurent Wauquiez n'a donc pas échappé à la vindicte des membres de son parti. Une vindicte née de ses prises de positions idéologiques depuis sa prise de contrôle du parti. En allant gratter toujours plus loin sur l'aile droite de sa famille politique, Laurent Wauquiez et ses soutiens se sont heurtés, comme il fallait s'y attendre, au roc du Rassemblement National, qui scrutin après scrutin fait la démonstration de la solidité de sa base électorale alors que sur son aile gauche, Emmanuel Macron a réussi à faire main-basse sur son électorat ex-UDF/centriste. Disons-le très franchement, la droite de Sarkozy puis de Wauquiez n'avait plus rien de centriste et les électeurs attachés aux valeurs du gaullisme social ont finalement quitté le parti qui n'a pas assumé une ligne idéologique clarifiée.

En clivant en permanence, en mettant dos à dos les Français, au lieu de créer de vraies conditions propices au débat et à l'esprit républicain, nombre d'électeurs se sont détournés de la ligne politique portée par le parti LR. Depuis de nombreuses années, info-chalon n'a de cesse de l'écrire, que ce n'est pas en clivant, en mettant dos à dos les individus que l'on créé les conditions propices à un projet partagé. En écoutant son oreille droite, plutôt que celle qui l'avait vu naître en politique, celle d'une droite plus sociale et européenne, Laurent Wauquiez a succombé. 

En attendant, la présidence intérimaire sera assurée par Jean Léonetti, figure modérée du parti et ancien soutien à Alain Juppé. Après le cas Wauquiez qui ne faisait guère de doutes, les militants, seront invités à se prononcer sur la future présidence du parti, une élection qui conformément aux statuts du parti, devra se tenir dans les 65 jours. Il y a fort à parier que devant le marasme ambiant, les candidatures ne soient pas pléthoriques. Pour autant, côté militants, c'est encore Nicolas Sarkozy, qui semble obtenir les suffrages même si sa ligne et sa personnalité ont été par deux fois sanctionnées par les électeurs. Affaire à suivre...

Laurent Guillaumé 

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