Politique de gauche

Pour Nathalie Arthaud - Lutte Ouvrière " la campagne du tout-sécuritaire, ça évite de rendre des comptes sur la misère et le chômage"

A 46 ans, la porte-parole de Lutte Ouvrière, était à Chalon sur Saône, ce samedi après-midi. L'occasion pour cette forte personnalité de l'extrême gauche française de réaffirmer les ambitions politiques de Lutte Ouvrière, et cela malgré le débat politique ambiant.

Elle sera candidate au printemps prochain pour les élections présidentielles. Les choses sont d'ores et déjà actées au sein de Lutte Ouvrière et la campagne n'a quasiment jamais cessé pour la chef de fil du  "camp des travailleurs". Après un passage à Belfort et à Dôle ce vendredi, et avant se rendre ce dimanche à Dijon, la porte-parole de Lutte Ouvrière a effectué une escale à Chalon sur Saône. Celle qui a pris la relève d'Arlette Laguiller n'a pas sa langue dans la poche lorsqu'il s'agit de  porter haut les couleurs de la lutte contre le capitalisme et les attaques menées contre les travailleurs.  "On est là pour faire entrendre le camp des travailleurs contre les logiques de compétitivité et de fléxibilité portés par les partis du PS au FN. On se doit de mettre en avant les intérêts des travailleurs en combattant le chômage, en interdisant les licenciements, en augmentant les salaires et les retraites et en répartissant le travail". 

"Le revenu universel ? Un os à ronger...!"

Interrogée sur la question du revenu universel, Nathalie Arthaud a fustigé la politique gouvernementale. "Ce n'est pas l'aumône qu'on revendique. La droite a validé la démarche après avoir fait ses petits calculs. Le patronat ment sur ses difficultés et sur ses problèmes. L'argent ? Il faut le prendre là où il est ! C'est un combat à mener, il faudra nécessairement un rapport de force. Voter Lutte Ouvrière, c'est voter pour la combativité, celle de la conscience de classe". 

Le tâcle à Jean-Luc Mélenchon

Le leader du Parti de Gauche n'a pas plus été épargné par Nathalie Arthaud, "sa posture de Sauveur Suprême on la dénonce également comme une illusion. Il ne définit pas nos politiques vis à vis des travailleurs". 

"La campagne du tout-sécuritaire, ça évite de rendre des comptes sur la misère et le chômage"

Nicolas Sarkozy comme François Hollande ont été étrillé par la candidate de Lutte Ouvrière dans leurs politiques contre le chômage, "c'est simple 1 million de chômeurs en plus chacun. Ils brassent du vent, dans une surenchère sécuritaires qui ne coûte pas grand chose, juste de l'émotion qu'ils instrumentalisent. C'est une diversion démagogique. Ils n'éradiquent ni le terrorisme, ni la délinquance ni la criminalité parce qu'ils ont des racines dans la société qu'ils défendent. Le terrorisme est même alimenté par ses manoeuvres", s'amusant même à citer Dominique de Villepin, pour appuyer son argumentaire. "Ce n'est pas en donnant un permis de tuer qu'on gagnera !"

Celle qui appelle "au vote de la fierté ouvrière" demande "à ne pas faire le lit du rejet de l'autre, du repli sur soi, des idées nationalistes et réactionnaires. Chaque parti alimente ce débat réactionnaire en réveillant les démons, en fabriquant de A à Z des fantasmes. Il va falloir se préparer à se battre... Notre campagne c'est celle du 1er tour pour faire progresser la conscience de classe". En 2012, Nathalie Artaud s'était contentée pour Lutte Ouvrière que d'un petit 0,56 %, tout en s'interdisant de donner une quelconque consigne de vote pour le second tour. Les élections présidentielles de 2017 pourraient lui donner un sursaut au regard de l'actualité sociale et sociétale particulièrement dense. 

Laurent Guillaumé

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