Politique

LEGISLATIVES : les candidats EELV du département pour une levée totale de l'interdiction des cépages résistants au mildiou et à l’oïdium

Claire Mallard et Vincent Talmot, candidats EELV, ont rencontré le Collectif Mâconnais Pesticides et Santé. Ils ont répondu à la sollicitation du CMPS qui a interrogé les candidats sur leurs propositions en faveur d'une agriculture et d'une viticulture sans pesticides. Ils ont souhaité échanger de vive voie avec le Collectif, représenté par Marine Pasquier, sur les préoccupations des riverains, les conséquences sanitaires et environnementales des pesticides et le modèle agricole et viticole qu'ils défendent, celui de l'excellence environnementale.

Avec plus de 250 000 morts/an dans le monde, et certaines pathologies ( cancers, maladie de Parkinson, infertilité, dégénérescence nerveuse...) attribués aux pesticides, leur impact désastreux sur les pollinisateurs, et donc sur la production alimentaire mondiale, il est indispensable de redéfinir en profondeur le système agricole français.

Bien évidemment, l'usage des pesticides a un coût. Une étude réalisée par deux chercheurs de l'INRA ( mars 2016) a montré que les pesticides coûtent plus à la société qu'ils ne rapportent et de conclure qu'ils sont une impasse économique. En effet, la réalité des coûts environnementaux et sanitaires n'est pas prise en compte, et surtout ces coûts sont externalisés dans d'autres secteurs ( traitement de l'eau, système de santé...). Chaque année, le traitement de l'eau coûte aux contribuables 1,5 milliards d'euros.

Rappelons que la France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le troisième au niveau mondial.

L'ambition des candidats EELV est de réorienter massivement les crédits en faveur de la Recherche et Développement sur les pratiques agro-écologiques et la lutte biologique, la formation des jeunes agriculteurs aux techniques agro-écologiques et biologiques en les mettant au cœur de l'enseignement agricole, comme pour la formation obligatoire des professionnels ( certiphyto).

Ce sont des premières mesures pour soutenir un programme de sortie progressive et totale des pesticides, avec une interdiction immédiate des plus dangereux (pesticides CMR), des néonicotinoides dès 2018 et du glyphosate au niveau européen.

La protection des riverains a été évoquée avec la création de « zones 100% sans pesticides", au travers de contrats passés avec les producteurs en priorité près des habitations avec des traitements bios et le soutien aux conversions biologiques.

Si d'autres mesures comme la réorientation des aides de la Politique Agricole Commune en faveur de l'agrocécologie, de l'entretien des paysages et de l'agriculture bio, le 100% de bio-local dans la restauration collective a été au cœur des échanges, les solutions pour tendre vers une viticulture sans pesticides ont également fait l'objet de longs débats.

En effet, on constate que des domaines viticoles prestigieux se sont convertis en bio. Avec un marché est en pleine croissance, une demande forte de transparence des consommateurs, et plus de 30 000 emplois crées en quatre ans, il apparaît évident que toutes les technologies, l'agronomie et la recherche doivent être fortement soutenues pour généraliser ce mouvement de conversion.

De plus, les candidats défendent la levée totale de l'interdiction des cépages résistants aux maladies « cryptogamiques » ( oïdium et mildiou). C'est une véritable innovation agronomique pour la viticulture. Ces cépages obtenus par croisement de variétés naturellement résistants permettent de réduire, selon l'INRA, de 80 à 90% l'utilisation de pesticides. Avec l'arrêté du 27 avril 2017, trois cépages résistants, sur une liste de 25 au total, seront commercialisés en 2018.


Les écologistes souhaitent ainsi se mobiliser contre la lenteur administrative de mise sur le marché et pour un renforcement des programmes expérimentaux entre les laboratoires de recherche et les exploitants pour aboutir à des plants combinant le goût et la résistance.

 

Tous soulignent que des bassins viticoles comme le Sud Ouest, le Languedoc Roussillon et la Vallée du Rhône-Provence s'engagent dans cette voie de rupture, alors que la Bourgogne ne semble pas ouvrir le débat. Les candidats écologistes considèrent que les cépages résistants représentent un atout majeur pour faire évoluer la filière viticole vers de nouvelles pratiques conciliant prospérité économique et santé-environnementale.

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