Politique

Le feu est dans le Palais et un seul pompier a sans doute les clés du local à extincteurs !

La première audition du Ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb aura duré plus de deux heures. Les parlementaires, membres de la Commission des Lois, auront adopté un ton franc et direct, alors que se profile ce lundi après-midi, l'audition du Préfet de police de Paris.

Qu'on le veuille ou non, le cas Benalla, prend bel et bien la tournure d'une Affaire politique. L'audition de Gérard Collomb aura mis en lumière un certain nombre d'interrogations alors même que le Premier Flic de France, l'Homme le plus informé de France, a révélé de nombreux silences. Toutes les oppositions politiques ont joué le jeu démocratique, en interpellant le Ministre d'Etat sur la gestion du dossier Benalla depuis les agressions commises le 1er mai dernier. 

La question de fond a bel et bien été posée, à savoir celle que finalement c'est un inconnu qui gère la sécurité du Président de la République. Comment imaginer dans un contexte de tension anti-terroriste que le Ministre de l'intérieur ne connaisse finalement pas l'homme en charge de la sécurité d'Emmanuel Macron ? Comment imaginer le fait que malgré son opposition à doter Benalla d'une arme celui-ci se soit vu équiper d'une arme à feu ? Un grand nombre de questions ont germé au fil de l'audition de Gérard Collomb  et bien plus qu'un individu qui se serait arrogé des prérogatives personnelles, un individu isolé qui se serait grisé du pouvoir seul dans son coin, l'Affaire Benalla mérite des réponses, alors même que la lutte contre le terrorisme est affichée comme une priorité. 

L'exercice démocratique qui est en train de s'opérer par le parlement est à saluer et d'autres auditions vont devoir suivre, jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. Le feu est dans le Palais et un seul pompier a sans doute les clés du local à extincteurs... et pas sûr que les deux fusibles désignés ce jour soient suffisants pour éteindre l'incendie. Mais finalement, l'Affaire Benala arrive au meilleur des moments alors même que la révision constitutionnelle est sur la table avec les risques connus de renforcer le pouvoir exécutif et d'affaiblir la représentation parlementaire. Une Affaire bien évidemment en or pour les parlementaires qui entendent profiter de l'occasion pour signaler à l'Elysée que la dernière ligne droite risque d'être parsemée d'embuches et qu'en France le pouvoir passe par le respect d'obligations démocratiques. 

Laurent Guillaumé 

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