Politique

La guerre entre les parlementaires et le Président de la République est ouverte

La sortie de ce mardi soir d'Emmanuel Macron sur l'Affaire Benalla donne le ton d'une guerre qui s'ouvre avec les parlementaires.

« La République exemplaire n’empêche pas les erreurs. S’ils cherchent un responsable, le seul responsable, c’est moi et moi seul. C’est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C’est moi qui ai confirmé la sanction. Ça n’est pas la République des fusibles, la République de la haine, poursuit-il avec force. S’ils veulent un responsable, il est devant vous !  Qu’ils viennent me chercher. Je réponds au peuple français ! » C'est par ces mots qu'Emmanuel Macron a tenu à s'exprimer ce mardi soir après de longues, très longues journées de silence alors que la polémique prenait de l'ampleur. 

Bien évidemment chacun aura bien compris que la polémique autour du responsable sécurité de l'Elysée tombe à point nommée alors que les parlementaires devaient se pencher sur le cas de la réforme constitutionnelle, ouvrant la voie à un renforcement de l'exécutif, une diminution du nombre de parlementaires ou encore l'instauration d'une dose de proportionnelle. Un dossier majeur pour le gouvernement mais qui se retrouve au coeur de l'Affaire. 

L'occasion était trop belle pour les parlementaires de démontrer à Emmanuel Macron et à son gouvernement que la France est constituée de principes démocratiques, qui entendent bien jouer leur rôle jusqu'au dernier moment. Déjà des voix s'élèvent de toutes parts, au sein de toutes les oppositions politiques, pour faire en sorte que la réforme constitutionnelle voulue par l'Elysée soit retouchée voir même avortée en l'état. 

Pour autant, ce mardi soir, Emmanuel Macron a franchi un cap, en pointant du doigt ces fameux "ils". "Qu'ils viennent me chercher. Je réponds au peuple français" a-t-il lancé. Des propos offensifs, qui laissent une odeur de soufre dans l'ambiance du moment, avec le risque de jouer un jeu très malsain qui serait celui finalement d'affaiblir les parlementaires, et de renforcer l'antiparlementarisme primaire. Un jeu qui pourrait s'avérer très dangereux alors même que la République En Marche ne dispose pas de la majorité nécessaire à l'adoption de la réforme. 

A trop avoir voulu laisser s'éteindre le feu Benalla, la gestion du dossier s'est finalement avérée catastrophique de la part de l'Elysée et de la garde rapprochée d'Emmanuel Macron. A ce stade, il apparaît compliqué de voir la polémique retomber aussitôt sans que des gages soient donnés. 

Laurent Guillaumé 

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