Saône Doubs Bresse

CONFLU’ART 2018 – Rencontre avec Yannick Seitz

Depuis mardi, les anciennes halles de Verdun-sur-le-Doubs accueillent les œuvres d’artistes de France et de Navarre. Parmi eux, un alsacien vivant désormais à Montbéliard, Yannick Seitz.

Parmi les artistes, il y a parfois des raseurs. Des raseurs qui s’épanchent d’autant plus que leurs œuvres, elles, n’ont fondamentalement pas grand-chose d’intéressant à nous dire… Il y a aussi des hommes comme Yannick Seitz, que l’on pourrait écouter des heures durant. Parce que leur conversation est intéressante. Parce que l’histoire de leur vie l’est tout autant. Parce qu’il y a chez eux quelque chose qui titille notre curiosité.

Avant, bien avant de se retrouver à conflu’Art, Yannick Seitz exerçait un métier a priori assez éloigné de la création artistique : celui de « commercial en vins et spiritueux », puis « dans l’alimentaire ».  Et, à bien l’écouter, s’il s’essayait en quasi-autodidacte au dessin et à la peinture depuis l’adolescence, la trajectoire de sa vie d’alors ne l’aurait peut-être pas conduit à exposer ses œuvres si, au début des années 1990, il n’avait eu un grave accident de voiture à la suite duquel, deuxième choc, il a croisé une image qui « ne cesse depuis de [le] travailler », à savoir la pochette d’un album du groupe de rock anglais Joy Division.

Que représente cette fameuse pochette ? Une… onde radio. Celle de « PSR B1919+21 », également nommé « CP 1919 » et « PSR J1921+2153 ». Le premier pulsar découvert (si l'on excepte « PSR B0329+54 » dont le signal avait été capté auparavant sans attirer l'attention) par Jocelyn Bell et son directeur de thèse, Antony Hewish. Un objet astronomique qualifié d’ « étoiles à neutrons » par les scientifiques, situé dans la constellation boréale du Petit Renard. Et quand Yannick Seitz dit qu’elle le turlupine, il n’exagère pas. En effet, nombre des œuvres exposées à Conflu’Art en ce moment tournent autour de l’expression visuelle de cette onde.

Ceci étant, s’il semble captivé par cette dernière, Yannick Seitz n’en a pas moins su s’intéresser à d’autres sujets. L’un d’eux par exemple, « le nombre d’or », l’a conduit à réaliser une toile qui, à la suite d’échanges avec Mireille Fouchecourt, l’organisatrice de l’exposition, est devenue point de départ d’une série de sculptures composées de fil de fer et de plâtre, évoquant la danse. Un autre sujet encore, les conséquences sur lui-même de son accident de voiture, l’a quant à lui incité à élaborer des sérigraphies troublantes, à partir de photographies qu’il a volontairement souhaité détériorer. Une œuvre en trois parties devant laquelle info-chalon.com s’est senti profondément touché.

Samuel Bon

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