Saône et Loire économie

Pour Patrick Martin, Président délégué du MEDEF, "l'Etat doit gérer ses contradictions"

Invité en Saône et Loire, à l'occasion du Forum Economique organisé par ses homologues, le Président délégué national du MEDEF a répondu aux questions d'info-chalon.com. Gilets jaunes, Emmanuel Macron ou élections européennes, petit tour d'horizon.

Aux côtés de Laurent Letourneau, Président du MEDEF Saône et Loire, Patrick Martin, Président Délégué du Medef s'est voulu très offensif à l'égard du gouvernement même si un certain nombre de bons points a été attribué à Emmanuel Macron et au gouvernement. Fort de ses 173 000 adhérents, le MEDEF n'entend pas céder son rôle de corps intermédiaires dans le cadre des futures négociations à mener avec le gouvernement, considérant "qu'on est à la croisée des chemins aujourd'hui. On se doit d'être vigilant. La tendance facile serait de se retourner vers les entreprises et les impôts pesant sur elles pour venir compenser des décisions gouvernementales". 

En ligne de mire, la disparition de la taxe d'habitation qui pourrait être compensée d'une manière ou d'une autre, par une nouvelle fiscalité pesant sur les entreprises, alors que l'Etat français a battu cette année tous les records en terme d'impôts collectés.

Côté gilets jaunes, contrairement à ce que certains pourraient laisser entendre, le mouvement patronal a livré sa compréhension vis à vis de tensions sociales de plus en plus vives."Reste que le mouvement des gilets jaunes pèsent sur les expéditions et les réceptions de nos entreprises. Bien évidemment que nous sommes inquiets mais la question de fond est de savoir comment on en est arrivé là !" plaide Patrick Martin. 

"Oui il y a de vraies mesures vers la transition écologique à prendre et de vraies opportunités de business existent dans ce secteur mais les dispositions fiscales sont trop brutales, avec le sentiment de voir des décisions très parisiennes sans aucune pédagogie. On est au stade où on stigmatise, on accable, ce n'est pas la stratégie à adopter ! Le coût sur les entreprises avec la TICPE sera de 1,3 milliards d'euros de plus. La suppression de l'exonération sur le gasoil non routier va coûter 600 millions de plus aux entreprises de travaux publics notamment. Et n'allez pas nous faire croire que l'électrique est en capacité de combler dès demain les manques sur les chantiers !". "On rappelera juste que les entreprises françaises participent à hauteur de 8 milliards d'euros par grâce au versement transport". Il va falloir que chacun comprenne le rôle de chacun et qu'on ne peut tirer indéfiniment sur la corde.

"L'entreprise n'a pas à assumer les contradiction et les erreurs de l'Etat"

Laurent Letourneau et Patrick Martin, ont martelé l'importance du fait que chacun doit être à sa place. Mais l'exemple de la réforme sur la formation place là encore une incompréhension des entrepreneurs sur l'échiquier. "Les entreprises sont là pour former leurs salariés pas pour former les chômeurs". Une nuance de poids que Laurent Letourneau a souhaité réaffirmer alors que toute une série de réformes vont place dès la rentrée prochaine. 

Pour le MEDEF, la seule issue possible semble être la réduction des coûts de fonctionnement de l'Etat Français, ironisant sur les "4500 suppressions d'emplois sur les 2 millions. On n'en finit plus de gérer la pénurie. L'Etat ne peut finalement se débrouiller seul. Sur le dossier, l'Etat joue petits bras" rajoute PatricK Martin. 

La mobilisation pour les élections européennes

Le MEDEF n'entend pas non plus baisser la garde dans le cadre des élections européennes et souhaite jouer son rôle afin de sensibiliser les électeurs. Pas question de laisser ce scrutin électoral majeur se voir confisqué au profit d'un référendum anti-macron. "Ne vous défoulez pas !" a conclu Patrick Martin, martelant le fait "qu'il faut dire merci à l'Europe" et ne pas succomber à certaines sirènes qui fait de l'Europe le bouc-émissaire idéal. 

Laurent Guillaumé 

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