Givry

MUSICAVES DE GIVRY 2018 : Les bénévoles sont prêts pour le cru 2018 du festival

Histoire de prendre le pouls d’un festival sur le point de célébrer sa 21ème édition, info-chalon.com est passé faire un tour au barbecue de retrouvailles que les bénévoles des Musicaves de Givry font chaque année, avant le lancement officiel à la halle ronde de Givry, le mercredi soir. Le retour d’info-chalon.com.

Se pointer au barbecue de retrouvailles que les bénévoles des Musicaves de Givry font chaque année le mardi soir qui précède l’ouverture du festival, c’est un peu, pour l’observateur extérieur, découvrir une vallée au moment de la fonte des neiges. Une vallée au milieu de laquelle coulerait une rivière, irriguée par des ruisseaux jaillissant de toutes parts, dont on peinerait à soupçonner l’existence à d’autres périodes de l’année, par exemple lorsqu’il gèle à pierre fendre.

Au début, il n’y a qu’une table, sur laquelle trônent quelques bouteilles de vin et un peu de nourriture. Puis, petit à petit, celle-ci est recouverte des plats qu’apportent les uns, puis les autres. Des gens du cru, c’est-à-dire de la « Côtechal », mais pas que. En effet, si des Givrotins et Saône-et-Loiriens sont là, il y a aussi des femmes et des hommes qui viennent de bien plus loin : des nombreuses régions de France et de Navarre (Auvergne, Plateau de Langres, Jura…), d’Europe (Portugal) ou de bien plus loin encore (Afrique). Certains ont même fait le voyage juste pour assister au festival et retourneront d’où ils viennent une fois celui-ci terminé, non sans être préalablement passé voir un vieil ami ou un parent pour le saluer. Certains ont même pris des vacances pour ne surtout pas manquer l’occasion de donner un coup de main et, ainsi, apporter leur pierre à un édifice qui prend forme depuis 21 ans, grâce à eux, grâce à la conviction qu’ils ont que ce festival doit vivre.

Comme s'ils ne s'étaient pas vus depuis la veille

Mais ce qui surprend le plus, au final, ce n’est pas cette diversité des provenances géographiques. Elle est étonnante, c’est vrai, mais bien moins que l’hétérogénéité sociologique de tout ce « petit » monde. Humainement et socialement parlant, c’est un véritable habit d’Arlequin que l’on voit apparaître devant soi. Des baroudeurs aux surnoms dignes des romans d’Albert Simonin ou des dialogues d’Audiard (« Le héron cendré », « Monchtit », « Kiki ») trinquent avec un œnologue en mode déchaîné (Guillaume Le Bras), des retraités, des techniciens, une étudiante, un nouveau musicaviste tout fraichement débarqué et vite intronisé à coups de godets de Givry bien remplis, c’est-à-dire pas plus haut que le bord. Ils trinquent comme s’ils s’étaient quittés la veille, se connaissaient depuis toujours, s’étaient toujours connus. Peut-être parce que, dans leurs têtes et dans leurs cœurs, ils se sont quittés quelques jours auparavant. Peut-être parce que, de fait, la plupart se connaissent depuis des années et que si tel n’est pas le cas, l’expérience « Musicaves » agissant comme un accélérateur de rencontres, il ne leur est nullement nécessaire de vivre chaque jour ensemble pendant dix ans pour nouer des relations d’intimité avec celui qui, jusqu’alors, n’était encore qu’un « étranger ».

(à g., Guillaume Le Bras)

Une organisation au cordeau

Cela dit, en trinquant ainsi, vont-ils réussir à assurer le lendemain et les jours suivant ? L’histoire des Musicaves, 21 éditions au compteur, démontre que oui. Il faut dire que quand on boit du bon vin (de la côte chalonnaise, of course), les séquelles, s’il y en a, sont minimes. Et puis, à bien y regarder, ils trinquent plus qu’ils n’absorbent des quantités létales de pinard. En réalité, le vin est d’abord un prétexte pour discuter, prendre des nouvelles de l’autre, de ce qu’il y a eu de nouveau dans sa vie durant les mois qui viennent de s’écouler. On est loin des soirées « médecine » ou « pharma » de facs, juxtapositions d’infividualités aux passions souvent tristes, et qui exigent l’utilisation d’un Karcher le lendemain pour effacer les traces de renards déposés par des cohortes d’étudiants sur les trottoirs attenants à la salle des réjouissances après deux verres de vodka orange.

Surtout, derrière l’apparente décontraction de la soirée, tout est calé, ou presque, depuis belle lurette. Dès le mois de mars, un homme, François Eymard a veillé au grain. Pas comme le feraient l’un de ces insupportables petits chefs, maniaques du contrôle, aussi médiocres qu’irascibles ou fourbes, qui s’effondrent dès qu’un détail leur échappe. Plutôt comme un compilateur de génie, aussi discret que rigoureux.

(à g. : François Eymard)

Dans un document de plus d’une trentaine de pages, qu’il fait circuler, celui-ci recense par domaines (décoration, techniques, billetterie, etc.), les multiples tâches à effectuer pour que le festival tourne, se déroule sans accroc, passe comme une lettre à la Poste, avant sa privatisation. Ceci fait, les forces de mise en œuvre, les compétences et les disponibilités recensées, il articule le tout (des dizaines et des dizaines d’heures de travail, souvent passées sur des tableurs), en fonction des disponibilités et souhaits de chacun. Sans contraindre, sans exiger, sans commander. Il s’adapte Et adapte. Et comme tout le monde est de bonne volonté, l’organisation des Musicaves de Givry jaillit naturellement. Une sorte d’«ordre spontané », comme chez Hayek. A moins qu’il ne s’agisse de l’anarchie au sens noble du terme, c’est-à-dire telle que conçue par Pierre-Joseph-Proudhon : l’ordre sans la coercition ; le contraire du chaos. Et, en tous les cas, l’assurance, quelque part, que le festival sera un moment de plaisir pour tous, pour le public comme pour ceux qui lui donnent corps : Philippe Perrousset, les musiciens, les vignerons, les techniciens mais aussi, et surtout, les bénévoles.

Samuel Bon

 

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ATTENTION : Les concerts de mercredi et jeudi soir sont complets. Il reste en revanche des places pour vendredi et samedi.

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