Société

Allocution à peine terminée... et déjà le couac autour de la hausse du SMIC !

L'allocution présidentielle était très attendue et ce sont des millions de Français qui attendaient cette intervention télévisée. Le sentiment d'info-chalon.com.

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? On en revient finalement toujours au même ! Les Français attendaient ce lundi soir une prise de décisions, des choix courageux en faveur de tous les Français, qu'ils soient salariés du public, du privé, qu'ils soient à la retraite, en bonne santé ou souffrant d'un handicap. Finalement l'attente autour de l'intervention télévisée était tellement grande que la déception ne pouvait être qu'au rendez-vous. Bien évidemment, au bout des 13 minutes d'intervention, les pro-Macron et les anti-Macron se sont tous retranchés dans leurs camps respectifs, et il ne fallait sans doute pas s'attendre à autre chose. 

Sauf que le message à la Nation aurait du être clair, audible et sans faux semblant. Depuis des mois et des mois, c'est à se demander ce qu'il passe dans l'organisation de l'expression présidentielle. Comment peut-on passer à côté d'un tel moment ? Certes le Président de la République a fait son mea-culpa sur son comportement, sur ses déclarations intempestives trop souvent outrageuses ou dédaigneuses à l'égard d'un certain nombre de nos compatriotes et ça personne ne peut lui retirer. Reste à savoir si sur la durée, Emmanuel Macron sera en capacité d'avoir retenu la leçon. 

Sur les annonces, certaines d'entre elles étaient très attendues et certaines ont répondu à des attentes légitimes notamment sur la suppression de la hausse de la CSG sur les plus petites retraites avec un seuil fixé à 2000 euros, la suppression des hausses liées aux carburants (annoncée la semaine précédente), la suppression des hausses sur l'électricité et du gaz (dont le rattrapage se fera tôt ou tard soit dit en passant). Possibilité est donnée aux entreprises volontaires de distribuer une prime non taxée tant du côté du salarié que du côté du patron. Une prime qui pourrait changer l'interprétation de la feuille de paye en janvier avec l'entrée en vigueur de l'impôt à la source. 

C'est le retour d'une opération de défiscalisation des heures supplémentaires mises en place sous Nicolas Sarkozy et dont le coût avait été tant décrié, pour être supprimée sous François Hollande. Un certain nombre de proches d'Emmanuel Macron avaient d'ailleurs pointé du doigt la mesure de défiscalisation à l'époque. 

Rien sur les classes moyennes, rien pour les fonctionnaires

Même si Emmanuel Macron a apporté un semblant de réponses à une catégorie de la population, une grande partie des Français s'est retrouvé dans la déception ce lundi soir alors que les espoirs étaient grands de se voir enfin écoutés. Finalement, rien aux fonctionnaires, quelque soit l'administration. Rien sur les salaires gelés, rien sur les catégories C et B des trois fonctions publiques ? Que dire des classes moyennes ? Quel sera demain leur pouvoir d'achat alors même que les mesures annoncées seront payées par leurs impôts ? 

La hausse du SMIC à 100 euros... non non pas tout à fait ! 

Au 1er janvier 2019, le salaire minimum - actuellement de 1 184,93 € net et touché par 1,655 M de salariés sera revalorisé d’environ 1,8 % comme confirmé ces derniers jours par l’exécutif. Cette augmentation correspondrait à une vingtaine d’euros. Autrement dit, l’équivalent de la stricte application de la règle de calcul automatique appliquée au smic. Par ailleurs, selon l’Elysée, s’ajouteront à cela 20 euros de baisse de charges salariales. En fait, le Président de la République a  ajouté à son calcul le coup de pouce de 50 % de la prime d’activité pour les 3,2 millions de travailleurs qui touchent le smic ou un peu plus, auquel il s’était engagé pendant la campagne. Mais au lieu de procéder comme prévu à une augmentation par vagues successives de 20 € par an étalée sur tout le quinquennat, décision a été prise d’accorder en une fois, au 1er janvier 2019, ce coup de pouce non négligeable de 60 € d’augmentation aux allocataires de la prime d’activité. Ce mardi matin, Benjamin Griveaux a rappelé que pour 2020, 2021, la question se posera plus tard. Pour être encore plus précis, il est à noter que tous les salariés rémunérés au niveau du smic ne bénéficieront pas forcément de ce coup de pouce intégral à la prime d’activité. En effet, cette aide est calculée en fonction de la situation familiale et des revenus pour les personnes qui gagnent jusqu’à 1,2 smic, donc jusqu’à 1 379 € nets mensuels. Du coup, quel sera l'impact pour ceux qui perçoivent un demi-smic ? 

Finalement tous les soutiens et parlementaires En Marche ont donné leurs versions de la hausse du SMIC depuis hier soir. En attendant, quand c'est flou... c'est qu'il y a un loup comme disait Martine Aubry pointant du doigt le programme de François Hollande, pas sûr qu'Emmanuel Macron, figure du programme économique de François Hollande, ait retenu la leçon. L'enjeu de l'intervention télévisée méritait sans doute plus de pugnacité, de clarté et d'efficacité. La réponse ne saura guère tarder ! 

Laurent Guillaumé 

 

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