Sport

Le Breakdance aux Jeux Olympiques : réactions à Chalon-sur-Saône

Depuis jeudi dernier, le breakdance est désormais un sport olympique ! Cette danse acrobatique a décidé s'inviter au programme de Paris-2024, au même titre que le surf, l'escalade et le skateboard, de quoi donner un coup de jeune à l'institution olympique. Info-Chalon a récolté pour vous les réactions de quelques acteurs du milieu dans notre ville.

Depuis jeudi dernier, le breakdance, art majeur du hip-hop avec ses codes et son univers très libre, est l’invité surprise à la grande table des sports olympiques. En effet, cette danse acrobatique fera son apparition aux Jeux olympiques en 2024, lesquels se dérouleront à Paris, rejoignant les 28 sports déjà au programme, dont le surf, l'escalade et le skateboard, une sélection à valider par le Comité international olympique (CIO), répondant une volonté de «se connecter aux sports qui cartonnent partout dans le monde pour apporter aux Jeux une dimension plus urbaine, plus sport de nature, plus artistique», comme le souligne Tony Estanguet, le président du Comité d'Organisation Olympique de Paris 2024. 

Entre satisfactions et inquiétudes

«Pour moi, c'est quelque chose de positif en terme de visibilité planétaire. Cela va donner lieu à des battles* de malades. C'est une époustouflante mise en lumière pour cet art né dans la rue. J'espère que le breakdance va en sortir gagnant. Par contre, je m'interroge quant à la gestion et sur la question de la sélection nationale. Je crains les copinages. Attention à ne pas tuer le hip-hop!», souligne Rachid Kassi «hyper fier», 45 ans, ancien de Génération Ghetto, de 1991 à 2000 et actuellement, chorégraphe pour la compagnie Tous simplement nous (TSN).

Avis partagé par Jérémy Pirello, 34 ans, membre de TSN et professeur de hip-hop au Conservatoire de Chalon-sur-Saône, situé au 1 Rue Olivier Messiaen. «Personnellement, c’est une belle reconnaissance envers notre culture, le Hip-Hop a gardé ses valeurs malgrè l’évolution qu’il a prit (je parle du Hip-Hop puriste) celui qui m’a fait vibrer et continue à ce jour de m’emporter» nous dit-il.

Depuis 1999, la vie de Jérémy tourne autour de la danse «ou peut être bien que c’est elle qui tourne en moi (rires)» rajoute-ti-il en plaisantant.«Rivaliser dans la case des plus hauts athlètes de la planète de manière officielle est un pas en avant pour le breakdance, je sais pertinement que nous pourrons attirer l’attention du grand public. (...) Paris 2024? Moi je dit oui mais sous réserve malgrés tout. Les deux points auquels il faudra porter attention : que les marques et sponsors ne prennent pas le dessus afin que le breakdance puisse rester authentique et non pas guidé par l’argent et deuxième point : mettre en place un système de jugement juste et équitable qui permettra à tous les danseurs talentueux d’avoir une chance sans corruption ou parti pris», prévient le jeune Chalonnais qui a passé son enfance dans le quartier des Aubépins. «2024 va être mémorable pour les breakdancers de la planète!Hâte de voir ça!», conclut-il.

Même son de cloche chez Mehdi Diouri, 34 ans, originaire lui aussi de Chalon-sur-Saône et à cheval entre Paris et notre ville.«C'est une vraie chance pour la culture hip-hop et une belle vitrine pour le breakdance. C'est une culture avant tout mais je ne peut pas encore dire si c'est bien ou pas car j'ai peur qu'on y perde un peu de l'âme. C'est une cuture née dans la rue, elle était accessible à tous. Pour moi, c'était juste en bas de chez moi. Le breakdance doit rester un espace de liberté pour la jeunesse. Wait and see!»,nous explique le directeur de la compagnie MehDia, fondée, il y a maintenant 5 ans.

Florian Chalumeau, 30 ans, fait du breakdance depuis maintenant 17 ans, de la compagnie Flex Impact, affiliée à la Fédération Française de Danse (FFD), a également peur que le hip-hop perde de son âme. «Certes, c'est une grande reconnaissance pour cet art qui vient de la rue. Passé de la rue à la scène et maintenant les Jeux Olympiques, c'est une belle évolution mais ça doit rester un art lié à la culture hip-hop. On espère surtout voir un très beau spectacle et je pense que tous les Bgirls et les Bboys du monde se préparent à cela», nous dit-il.

Effectivement, le breakdance est né dans la rue mais il n’y est pas resté. Si, toutefois, son inscription en tant que discipline olympique soulève de nombreuses interrogations, l'arrivée de cette danse acrobatique promet un beau spectacle. Info-Chalon remercie les différentes compagnies d'avoir bien voulu répondre à nos questions. Et qui sait? Peut-être que des breakdancers de Chalon-sur-Saône seront présents aux Jeux Olympiques, en tout cas, c'est ce que toute la rédaction leur souhaite et longue vie au hip-hop!

* compétitions en duel.

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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