Agglomération chalonnaise

Balto : quand une bénévole de la SPA “craque” pour un pensionnaire… difficile !

Balto : quand une bénévole de la SPA “craque” pour un pensionnaire… difficile !

Arrivé à la SPA dans un état critique, Balto semblait condamné. Grâce à une chaîne de solidarité et à la patience d’une bénévole devenue sa maîtresse, ce chien au passé brisé apprend aujourd’hui à vivre… et à faire confiance.

Difficile d’imaginer ce que Balto, croisé berger allemand de 3 ans, a traversé quand on le voit aujourd’hui : la puissance de ses 40 kg, son regard confiant et son énergie.

Pourtant, à son arrivée à la fourrière* en novembre 2024, Balto était méconnaissable : d’une maigreur effrayante (22 kg),affaibli, incapable de marcher correctement, le pelage clairsemé et souillé. « Complètement dénutri, il ne regardait personne, on pensait qu’il allait se laisser mourir », se souvient Marie, bénévole à la SPA chalonnaise.

Un survivant au passé lourd

Derrière ce corps fragile, un passé lourd se devine : abandonné après avoir probablement vécu enfermé sans soins ni nourriture, il doit sa survie à une mobilisation collective. La fourrière, le refuge, puis l’adoptante, une chaîne essentielle pour « réparer » ce que l’humain a parfois détruit. On ne dira jamais assez combien ces personnes rachètent des injustices.

Raconter une adoption ne peut se faire sans parler de la personne qui devient le protecteur et ami de l’animal. La voici.

Marie, bénévole à la SPA Ernest L’Henry, à Châtenoy-le-Royal

« J’habite en appartement, donc je me disais que je ne pouvais pas raisonnablement adopter un chien. Le bénévolat à la SPA était ma façon à moi d’aider les animaux orphelins de maîtres. »

Depuis octobre 2024, elle prête main-forte à l’équipe de diverses manières. Promener les chiens, selon ses disponibilités. Une sortie quotidienne est indispensable pour la bonne santé des chiens, et le réseau grandissant des bénévoles permet de les assurer. Le samedi matin, elle vient souvent en renfort au nettoyage des boxes. Enfin, elle participe à la communication du refuge sur Instagram.

Une bénévole devenue repère

Quand elle croise Balto, entré au refuge en novembre 2024, Marie hésite. « Il sautait partout dès qu’on le préparait pour la promenade, avait des réactions brusques aux manipulations ; lui mettre le harnais était une épreuve », raconte-t-elle. Peu de bénévoles osent le sortir.
Un jour, découragée, elle confie vouloir cesser de s’occuper de Balto. La réponse de Lorena (responsable des bénévoles) a changé son regard : « C’est vrai, Marie, Balto est difficile à gérer. Mais tu sais, il a beaucoup souffert, il a failli mourir, je crois qu’il faut lui laisser sa chance. »

Alors elle persévère, malgré sa peur initiale. Les mois passant, un lien se tisse sans qu’elle s’en rende compte. « Dès que j’arrivais, il ne regardait plus que moi. »

Son déclic à elle survient en mai 2025, lorsqu’une famille s’intéresse à Balto, et qu’elle doit leur présenter : « J’avais le cœur serré. C’est à ce moment-là que j’ai compris que, moi aussi, j’étais très attachée à ce chien. » Finalement, la famille n’a pas donné suite. Ce fut pour Marie un soulagement et une prise de conscience.

Famille d’accueil : un tournant décisif

Freinée par la vie en appartement, Marie hésite encore. La solution vient du refuge : devenir famille d’accueil ; Balto reste officiellement à la SPA, mais vit chez elle temporairement. Une étape clé, qui permet de tester la cohabitation sans s’engager à long terme.

« À l’appartement, il a tout de suite été parfait : calme et propre, confiant avec mon conjoint et moi-même ». Mais hors du logis, les difficultés apparaissent. Face aux irruptions soudaines d’inconnus, des voisins, un autre Balto apparaît : il grogne, montre les dents. « Je le sortais 4 fois par jour, mais chaque sortie devenait stressante. C’était compliqué et usant. Au bout de 15 jours, j’ai appelé Olivier, qui est venu aussitôt. »

L’aide d’un professionnel

Olivier est le nouveau président du refuge. Il est aussi éducateur et comportementaliste canin : un atout précieux pour la SPA du Chalonnais.

Un retour de Balto à la SPA est convenu. Marie assiste à quelques séances avec l’éducateur-comportementaliste : muni d’une manchette, Olivier teste le chien, varie les provocations. Jamais Balto ne mord. « Ce n’est pas de l’agressivité, c’est la peur qui le pousse à intimider. Balto n’attaque pas, il se protège. »

Il faut se rappeler que Balto n’a jamais rien connu, sinon un cruel manque de soin.

Provoquer, ramener au calme et donner la récompense : la désensibilisation se met en place. « J’ai réalisé qu’avec un travail, Balto pouvait changer. Ça m’a beaucoup rassurée », constate Marie.

Une persévérance récompensée : apprendre à vivre ensemble

Marie persévère et reprend Balto en accueil 3 mois plus tard, mieux préparée. « Même si je sais qu’il ne mord pas, je lui mets une muselière par égard pour mes voisins et les gens croisés. » Marie anticipe ses réactions, reste vigilante et multiplie les mises en situation. « Nous l’emmenons dans toutes nos activités : le trail (course en nature), la montagne… et nous constatons que Balto découvre tout avec nous. » C’est à la fois une responsabilité et une grande joie de le voir s’ébattre en toute liberté.

Les progrès sont visibles. Une voisine le remarque : « Il n’a plus peur de moi ». Chez les proches, il finit par faire confiance.
Chaque progrès est une petite victoire sur le destin. Marie et son conjoint ont adopté définitivement Balto.

Cet été, ils s’installeront tous les trois dans une maison. « Je me surprends à penser : malgré les difficultés, ces premiers mois en appartement, riches en rencontres, ont été une chance. Il a fait de grands progrès de socialisation. »

Et peut-être que tout a commencé par ça : accepter de devenir, d’abord, une simple famille d’accueil… avant de former une véritable famille.

Par Nathalie DUNAND
[email protected]

Photos transmises par Marie pour publication.

* Une fourrière animale assure la prise en charge, la garde et l’entretien des animaux errants ou saisis. Elle procède à la recherche des propriétaires et à leur restitution quand ils sont réclamés. Dans le cas contraire, les animaux sont confiés à un refuge pour adoption. La fourrière gère donc la récupération temporaire des animaux errants, alors que le refuge vise leur réhabilitation et leur adoption.

SPA Région chalonnaise – Refuge Ernest L’Henry
Rue des Rotondes, 71880 Châtenoy-le-Royal
Tél. : 03 85 87 90 01
Site : spa-chalon71.fr
Mail : [email protected]

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