Chalon sur Saône

Gilles Platret hausse le ton après deux incidents lors de mariages

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 24 Mai 2026 à 09h00

Gilles Platret hausse le ton après deux incidents lors de mariages

Des incidents qui ont poussé le maire à réaffirmer fermement les règles républicaines et le respect de l'ordre public. Plus de détails avec Info Chalon.

Le samedi 23 mai 2026 restera un jour particulièrement tendu à la mairie de Chalon-sur-Saône. À travers un long message publié sur Facebook, le maire a dénoncé deux situations qu'il juge contraires aux valeurs républicaines et au respect de l'ordre public.

Alors que cinq cérémonies étaient prévues ce jour-là, à savoir trois mariages, un renouvellement de vœux et un parrainage républicain, Gilles Platret, le maire de Chalon-sur-Saône, affirme dans sa publication avoir dû faire face à des comportements qu'il qualifie «d'inacceptables».

Une poignée de main refusée pour motif religieux
Le premier incident s'est produit dans la matinée, lors d'une cérémonie de mariage célébrée au salon d'honneur de l'hôtel de ville. Selon l'édile, l'un des époux aurait demandé qu'il ne serre pas la main de son épouse pour des raisons religieuses.

Face à cette demande, Gilles Platret explique avoir refusé catégoriquement. Arborant son écharpe tricolore, symbole de son autorité républicaine, il affirme avoir rappelé aux mariés qu'«en France, on se serre la main», présentant ce geste comme une marque élémentaire de respect et de civilité.

Le maire précise avoir finalement serré la main des deux époux, tout en avertissant qu'aucune entorse aux règles républicaines ne serait tolérée à l'avenir, quelle qu'en soit la justification religieuse ou culturelle.

Un cortège de mariage provoque le chaos en ville
Quelques heures plus tard, un second événement est venu perturber la journée. Cette fois, il ne s'agissait pas d'un mariage célébré à Chalon-sur-Saône, mais d'un cortège lié à une cérémonie organisée à Châtenoy-le-Royal.

Selon la publication du maire, plusieurs infractions auraient été constatées dans les rues de Chalon (utilisation de fumigènes, blocage volontaire de la circulation, rassemblements massifs sur la chaussée, comportements dangereux de passagers sortant des véhicules, absence de ceinture de sécurité, personnes assises aux fenêtres des voitures, plaques d'immatriculation dissimulées et exhibition de drapeaux tunisiens).

La Police municipale de Chalon-sur-Saône aurait dû faire appel à des renforts afin de sécuriser la zone et de rétablir l'ordre. Des verbalisations et vidéo-verbalisations ont été effectuées, malgré ce que l'élu décrit comme une «hostilité réelle» de certains participants.

Par mesure de sécurité, les autorités ont également vérifié que le cortège ne se dirigeait pas vers la Place de l'Hôtel de ville, provoquant un retard dans une autre cérémonie prévue, quant à elle, dans le calme.

Un discours centré sur l'autorité républicaine
À travers cette prise de parole, Gilles Platret a voulu envoyer un message clair sur sa conception de l'autorité municipale et du respect des règles françaises.

Un message adressé «aux salafistes et autres fauteurs de troubles».

Le maire a notamment dénoncé «la volonté scandaleuse d'interdire qu'une femme puisse serrer la main d’un homme» et «la prétention à privatiser l'espace public» au détriment de la sécurité collective.

Dans sa conclusion, l’édile résume sa position par une formule volontairement ferme :
«La main a été serrée. Le cortège a été verbalisé. Et il en ira toujours ainsi à Chalon».

Cette déclaration a rapidement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et relancé le débat autour de la laïcité, du communautarisme et du respect des règles lors des célébrations publiques en France.

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati