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Le Lazaret-Ollandini, haut lieu culturel ajaccien, devient propriété communale d'Ajaccio

Laurent Marcangeli, maire d’Ajaccio, la famille Ollandini, propriétaires du Lazaret-Ollandini, Musée Marc Petit et Mécènes du Palais Fesch de- puis 15 ans, ont signé les actes officiels de cession de ce haut lieu culturel ajaccien ce lundi . Cet outil devient municipal, sous la direction du Palais Fesch. Il a vocation à être transformé en un Musée municipal dédié à la peinture corse. La valeur de cette donation en pleine propriété s’élève à 3,6 millions d’euros.

Communiqué de presse de la mairie d'Ajaccio

Après la Citadelle, c’est un autre monument que les ajacciens affectionnent qui se- ra désormais propriété de la Ville d’Ajaccio. Après deux ans de travail, le Lazaret- Ollandini, un haut lieu de la culture ajaccienne, a officiellement été cédé ce lundi 15 juin à la Ville d’Ajaccio. Les actes notariés ont été signés sur site, en présence du Maire d’Ajaccio et Président de la CAPA, Laurent Marcangeli, de Madame et Monsieur Ollandini, devant Maître Le Hay, notaire.

 

La valeur de cette donation en pleine propriété s’élève à 3,6 millions d’euros. La donation partielle au profit de la commune s’élève à 2 520 000 euros. L’édifice en lui- même a été classé (façade, mur de clôtures et toiture) à l’inventaire des monu- ments historiques en 1977. La signature effective permet à François Ollandini et son épouse de conserver l’usufruit du lieu. La Ville d’Ajaccio devient propriétaire des murs et obtient la pleine propriété des œuvres et des objets d’Art (œuvres Beaux- Arts, peintures corses et Marc Petit) conservés dans les espaces extérieurs et esti- més à une valeur de 688 700 euros. Le reste des collections de peintures contem- poraines et autres objets d’Arts restent propriété de la famille.

Ce projet, porté par le premier adjoint Stéphane Sbraggia avec l’aide précieuse de la Direction des Patrimoines de la Ville d’Ajaccio et du Palais Fesch/Musée des Beaux- Arts (notamment Mme Marie-Laure Mosconi, Directrice des Patrimoines et Philippe Costamagna, Conservateur du Palais Fesch) répond à une sollicitation des époux Ollandini, qui souhaitaient depuis longtemps que le Lazaret, ainsi qu’une partie de la collection d’objets d’Arts, soient légués à la Ville d’Ajaccio. En grand mécène, sa vo- lonté est que ce patrimoine exceptionnel lui survive et bénéficie aux Ajacciens et aux générations futures.

Laurent Marcangeli, lors de son discours, n’a pas manqué de le remercier en souli- gnant par ce geste la confiance témoignée à la Ville d’Ajaccio. « Cette donation est avant tout celui d’un lien entre vous et votre Ville. Ce lieu reflète aussi une histoire familiale, lourde en investissement humain et financier, qui aboutit aujourd’hui à une donation. Et au-delà du terme juridique, il y a le geste symbolique et humain. Donner à Ajaccio, c’est une preuve d’amour que vous faites à votre ville. Ce lieu entre dans le bien commun, c’est un moment d’histoire... Le Lazaret restera un lieu d’échanges, de rencontres et de culture... Il y a un état d’esprit Ollandini que vous avez ancré ici, par votre investissement. Nous le préserverons et perpétuerons ce travail auprès de nos concitoyens. Nous nous montrerons à la hauteur de ce à quoi vous avez donné vie ».

Du rêve à la réalité

François Ollandini a déjà été le généreux donateur de 150 tableaux cédés au musée Fesch, dans un département qui porte son nom. Ce dernier présente au public une collection de peintures corses labellisée par le Ministère de la Culture. Ce grand collectionneur compte parmi les plus importants mécènes de la ville depuis ces vingt dernières années. Mais François Ollandini, c’est aussi l’âme du Lazaret. Acheté en 1996, il s’est appliqué pendant des années à restaurer et conserver l’endroit et à en faire un lieu culturel réputé en Corse et même au-delà. Homme de partage, il s’est toujours situé dans la transmission de sa passion, aussi bien pour les locaux, que pour les visiteurs.

Aujourd’hui, l’ambition de la Ville d’Ajaccio est de transformer le Lazaret en musée de peintures corses, autour d’un projet scientifique et culturel qui permettrait de recevoir une labellisation « Musée de France », le rêve ultime de l’œuvre de François Ollandini : « Ce Lazaret a été construit en 1848 et il a fallu 15 ans de travaux pour l’édifier. Il a évité la démolition de justesse, grâce à son classement au monument historique. Nous l’avons réhabilité, restauré, réinventé, ressuscité et voilà ce qu’il est devenu ... Chacun de nous essaye de donner un sens à sa vie. Elle est à la fois unique et à nul autre pareil. Nous sommes chacun de nous une vérité à la fois éter- nelle et mortelle. Un éclair d’existence. J’ai eu trois amours, l’entreprise, Marie- Jeanne ma femme, et le Lazaret. Le Lazaret-Ollandini, musée Marc Petit, futur mu- sée municipal de la peinture corse, va nous renvoyer à jamais à ce que nous sommes » a exprimé François Ollandini, avant de citer, devant l’assemblée, le philo- sophe Lucien Jerphagnon: « Au temps qui passe, donner un sens qui reste ».

François Ollandini est ancien gérant de la société corse Ollandini, groupe de trans- ports et de tourisme, créée son grand père en 1933 et perpétué par son propre père, qui l’a développé et a participé à l’avènement du tourisme en Corse.

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