FEMMES A L'HONNEUR [PORTRAIT 22] – Rencontre avec la bloggeuse Anne-Ju

On ne s’ennuie pas avec Anne-Ju ! Pétillante, débordante d’énergie, rien d’étonnant que la Bibliothèque Municipale de Chalon-sur-Saône ait fait appel à elle pour co-animer, l’un des groupes de lecteurs du temps fort « Pages en Partage ». Ce petit bout de femme de 37 ans, bourguignonne depuis 5 ans, célibattante comme elle aime à se définir partage son temps entre son blog culturel et son métier dans l'inspection nucléaire.

Après des études commerciales, elle côtoie le monde des antiquaires, du transport et du BTP ; des univers divers et variés mais toujours masculins car c'est là qu’elle se sent le mieux nous confie-t-elle. Aujourd’hui, son blog, lui prend tout son temps libre. Cette passion pour la lecture lui vient à l’adolescence après avoir épluché la bibliothèque familiale et se révèle totalement lorsqu’elle découvre « À la recherche du temps perdu » de Marcel Proust. Puis s’ensuivent des années où les études et le travail reprennent le dessus mais il y a deux ans, l’envie de partager et d’échanger sur des coups de cœur littéraires se réveille de nouveau. Le 25 juin 2015, elle créé son blog : Les Motordus d'Anne-Ju, « un petit hommage à Pef » souligne-t-elle. « Je ne voulais pas un blog comme tous les autres, on l'on met son avis "très carré". Je n’aime pas entrer dans les cases. Je le voulais différent car certes, je lis énormément mais je regarde aussi beaucoup de séries, je vais également dans des salons littéraires. Je voulais qu’il soit le reflet de mon monde culturel. » En à peine 1 an, son blog enregistre déjà plus de 1000 abonnés et pas loin de 23 000 visites ! Un virus qu’elle a donné à sa sœur puisque cette dernière a également créé un blog culturel.

Que représente pour vous « la Journée de la Femme » ? Je suis honorée que vous ayez choisi de m’interviewer en ce jour qui ne devait pas être qu'un seul jour ! La journée de la femme, ça devrait être tous les jours ! Ceci étant, il n'existe pas de journée de l'homme, au final, on s'en sort pas mal (rires).

Au long de votre vie ou de votre carrière, avez-vous vécu des inégalités hommes/femmes ? Il est difficile, encore de nos jours, de faire entrer dans les mentalités de beaucoup que les femmes valent autant que les hommes. Dans mon parcours professionnel, je n’ai fréquenté que des mondes d'hommes et j’ai dû faire mes preuves pour prouver que je pouvais être aussi « technique » qu’eux. Le monde des antiquaires est un monde assez machiste et je ne vous parle pas du BTP ! Mais, j'ai aussi vu une évolution des mentalités avec l'arrivée de jeunes dans les équipes et de femmes notamment. J'étais ravie de voir un jour débarquer à mon comptoir, une femme "chef de chantier" pour louer une machine ! Mais, elles ne sont pas encore assez nombreuses dans ce milieu. Je ne demande pas l'égalité car il faut être lucide ; il y a, sans doute, des métiers qui conviennent plus à des femmes qu’à des hommes et vice versa, mais l'équité. Ce qui peut être semblable alors que c'est totalement différent.

Quelle est votre devise, votre philosophie ? Être soi en toutes circonstances. C'est dommage de nous ranger dans la case "maman", "femme-enfant" "secrétaire" "trop sensible"… pour caricaturer. Et si on inversait et que l'on rangeait les hommes aussi dans des cases ?!

Que défendez-vous ? Il y a une cause qui me touche beaucoup, c’est celle de défendre les femmes qui sont victimes de violences. Je lutte également avec ferveur contre le "Tu me quittes, je te tue". Je parle de violences physiques mais n’oublions les violences psychologiques qui sont toutes aussi violentes. Certes, on a fait un grand pas avec le droit de vote, de l'avortement, de prendre la pilule. Mais pour beaucoup d'hommes, il y a une mécanique de dénigrement qui reste ancrée dans leur fonctionnement et cela passe également par les blagues douteuses… Tout le monde sait à quoi je fais référence !

Que voulez-vous transmettre ? L’idée qu’il n’y a pas de fatalité ! Il faut se battre, se révéler à soi-même pour mieux se révéler aux autres. Il n’y a personne d'infaillible, on a tous nos moments de grande force mais aussi de fragilité. Il faut se battre, ne jamais cesser… J'ai connu les violences psychologiques et on se sent seul quand ça nous arrive mais il ne faut pas hésiter à en parler. Aujourd’hui, je vais vers ces femmes qui souffrent juste pour leur dire ce que j’ai vécu, pour leur dire également qu'elles ne sont pas seules, que des associations existent que des gens sont formés pour les accompagner. Et surtout, que ce n'est pas de leur faute !!!

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ? Qu’il faut être fier d’être ce que l’on est et ne pas oublier d’où l’on vient. Je suis entourée de femmes courageuses, des battantes comme ma grand-mère qui faisait les marchés et qui a élevé 4 enfants, mon autre grand-mère qui n'avait pas eu une enfance facile, ma mère qui combinait son travail et notre éducation, ma sœur qui devient une femme dont je suis fière.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez donné ? Cela tourne toujours autour de la même idée : être soi !

Quelle est/ quelles sont les femmes qui vous ont le plus influencée ? Les femmes de mes lectures comme Emma Bovary, Mme Merteuil ou encore notre chère Scarlet O'Hara. J'ai aussi une profonde affection pour Simone Veil, une femme que j'admire beaucoup. Je n'oublie pas ces femmes anonymes que l'on croise dans la rue, dans les hôpitaux... Je pense à vous aussi qui faites cet article en me choisissant, moi petit bout de femme que je suis ! Mais fière d'être une femme ! 

Photos transmises par Anne-Ju

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