Chalon sur Saône

EHPAD DES TERRES DE DIANES - "70 personnes vont être auditionnées d'ici la fin du mois de septembre" pour Christine Ungerer, Directrice du centre hospitalier de Chalon sur Saône

Sollicitée par notre rédaction, Christine Ungerer, Directrice du Groupement Hospitalier du Nord Saône et Loire a répondu à nos questions sur le dossier des maltraitantes supposées à l'EHPAD des Terres de Diane.

"Au début, il n'y avait que très peu d'éléments. C'est principalement la CGT qui était en contact avec les personnes désireuses de témoigner. Par nature, les agents étaient protégés. Il y a un cadre de travail qui protège. Pour autant, c'est très dur de maîtriser les petites remarques, j'en conviens" précise la directrice Christine Ungerer, pointée du doigt par la CGT, pour ne pas avoir pris toutes les mesures afin de donner des garanties aux agents souhaitant témoigner. "Dans un contexte conflictuel au sein d'un service, on s'est posé la question dès le départ". 

"Ca a été très compliqué de gérer cette crise au coeur de l'été"

"Les courriers sont arrivés le 15 juillet mais on a été informé début juillet par la médecine du travail mais de manière très vague. La CGT avait des éléments plus précis sur des phénomènes de maltraitance sérieux. On a dialogué avec les représentants syndicaux. Les faits étaient précis mais on ne connaissait ni les témoins ni les mis en cause. Par quel bout il fallait prendre le sujet ? Il fallait des éléments plus précis et aussitôt le Président du Conseil de surveillance a été informé. J'ai toujours dit que je prenais ça très au sérieux. A partir du moment où l'on a eu des courriers, on a pu enclencher une autre phase".

"De manière concertée avec le maire, on a saisi le Procureur de la République et l'ARS suite aux courriers. J'ai demandé à la directrice délégué ce qu'il se passait dans ce service. Des dissenssions entre les équipes étaient signalées. Il fallait voir la véracité des faits, il pouvait y avoir des dénonciations quelque peu exagérées. Il fallait qu'on sache où on allait". 

L'enquête administrative

"Au départ, on a démarré avec le cadre de santé de l'équipe. Ca paraissait naturel et puis très vite, on a terminé les entretiens programmés et on a mis en place plus de neutralité et d'objectivité. Oui effectivement, on aurait peut-être du agir plus tôt sur ce sujet mais c'était l'été. On a tout de suite informé tout le monde qu'une deuxième audition était possible si un mal-être était présent. Oui en plein été, c'était compliqué de trouver du monde. Oui certains agents de l'EHPAD ont pu penser qu'on n'allait pas prendre de mesures. A partir du moment où on a décidé la suspension, ça a peut être libéré la parole". 

"En tout, ce sont 70 personnes qui seront auditionnées. Il va falloir faire la synthèse de tous les entretiens. Une famille s'est émue de la situation pendant l'enquête administrative. Cette famille nous a fait un témoignage qui conforter les faits et nous a demandé de prendre des mesures. On ne pouvait plus attendre, c'était important de prendre une décision au regard du nombre de faits remontés.  Il y avait des faits concordants, on a pris des mesures à titre conservatoire". 

"On gère de manière très rapprochée avec la CGT, qui a suggéré de voir les agents de nuit, qui tournent sur toutes les unités et peuvent avoir une vue d'ensemble. On va interroger les personnes qui ont quitté l'unité depuis deux ans. Il faut avoir un état des lieux complet, on élargit l'enquête pour avoir une vue d'ensemble la plus objective. Certaines personnes ont pu quitter l'unité parce qu'ils étaient témoins de certaines choses, on va interroger les cadres supérieurs et les médecins". 

"On veut des réponses. Qu'est ce que vous avez fait, vu ou entendu ? On veut des choses précises dans les auditions et pas seulement des rumeurs. On a très peu de témoins directs mais beaucoup de choses entendues. Je ne peux pas donner les conclusions de l'enquête mais oui il y a quand même des faits". 

Une tournure pénale ? "Il y a des faits qui relèvent très clairement de la procédure pénale. Il y a une enquête de police en cours". "L'importance est de qualifier les faits de manière très précise en vue des éventuelles sanctions administratives". 

"Essayer de comprendre comment ça a pu arriver"

"Conditions de travail des agents, position de l'encadrement, les formations, l'organisation de travail, il peut y avoir des phénomènes qui facilitent davantage ce type de dérives" pour Christine Ungerer. "On n'a pas interrogé encore les cadres, l'enquête est à mi-parcours, c'est trop tôt. Ca ne veut pas dire qu'on n'a pas quelques idées mais on veut comprendre l'origine. On ne part pas du principe que c'est un agent isolé qui a fait ça tout seul dans son coin". 

Laurent Guillaumé 

 

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