Chalon sur Saône

Plus de 120 personnes mobilisées pour soutenir les Yeganyan sur la Place de l'Hôtel de Ville

Samedi matin, un nouveau rassemblement a eu lieu sur la Place de l'Hôtel de Ville, pour soutenir les Yeganyan, une famille arménienne de Chalon-sur-Saône, enfermée dans un centre de rétention administrative et menacée d'expulsion vers leur pays d'origine où un sort peu enviable les attend. Plus de 120 personnes se sont mobilisées. Plus de détails avec Info Chalon.

Voilà 58 jours qu'une famille arménienne de Chalon-sur-Saône, les Yeganyan, a été placée, sur ordre préfectoral, dans le centre de rétention administrative de Metz (Moselle) avant d'être conduits à celui de Le Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), au nord de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, en vue de leur expulsion vers leurs pays d'origine.


Arrivés en France, en janvier 2015, les Yeganyan ont fui l'Arménie, à la suite de menaces de la mafia locale qui a grièvement blessé le père de famille afin de faire main basse sur son magasin.


Installés à Chalon-sur-Saône depuis 6 ans, la famille s'était parfaitement intégrée.


Pour faire annuler cette «cruelle décision», une nouvelle mobilisation a eu lieu, hier, samedi 10 octobre, à 10 heures, sur la Place de l'Hôtel de Ville.


Les soutiens Chalonnais demandent «instamment leur libération du CRA et l'octroi du statut de réfugié» pour Edvard, Gayané et leur fils, Tigrane.

 

Rentrer en Arménie? Pour les Yeganyan, une solution inenvisageable!

Ce rassemblement a lieu dans un contexte particulier, après la reprise, depuis près de deux semaines, des hostilités entre l'armée azerbaïdjanaise et les troupes séparatistes de la République du Haut-Karabagh (Artsakh), un état autoproclamé du Caucase, à majorité arménienne, soutenu par Erevan.


Ce territoire a déclaré son indépendance en septembre 1991 mais n'est toujours pas reconnue par la communauté internationale.


En dépit d'un cessez-le-feu entré théoriquement en vigueur dans la journée, Stepanakert, capitale de la république séparatiste, a été, dans la nuit, la cible de bombardements, alors que retentissaient, dans toute la ville lourdement frappée, les sirènes d'alerte sommant les habitants terrorisés à s'abriter dans des abris et des caves.


Il s'agit d'un des nombreux épisodes d'un conflit vieux de 30 ans.


Pour comprendre la situation actuelle, il faut remonter à 1921, quand les Soviétiques déclarèrent que le Nagorny-Karabagh, pourtant peuplé à majorité d'Arméniens ferait partie de la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan.


70 ans après, lors de l’éclatement de l'URSS, la majorité arménienne qui compose le Nagorny-Karabagh, devenu entre temps Haut-Karabagh, se sépara de l'Azerbaïdjan.


S'ensuivit une guerre de 3 ans, faisant près de 30 000 morts des deux côtés et se soldant par un précaire cessez-le-feu en 1994.


Dans ce contexte de guerre, les soutiens de la famille estiment qu'en renvoyant Tigrane, jeune homme tout juste âgé de 20 ans, en Arménie, serait le vouer à une mort certaine.


Quant au père, Edvard, sa tête est toujours mise à prix par la mafia.


Qu'adviendra-t-il alors Gayané, une femme appréciée par de nombreux Chalonnais, sans son mari et sans son fils?


D'autant plus, qu'ils n'ont plus rien en Arménie...


Tour à tour, de nombreuses personnes ont pris la parole, dont le Père Stéphane Boyer, président de l'ASTI (Association de Solidarité avec Tous les Immigrés), Jacques Tatreaux, membre des Accompagnants du Commissariat de Chalon-sur-Saône, Liliane Fauconnet et Marie Termeulen, membres de l'ASTI, pour ne citer qu'eux.

Plus de 120 personnes se sont mobilisées à l'issue de ce rassemblement.

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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