Champforgeuil

« Un avion, un enfant, un rêve » - Déjà quinze ans... et toujours le même succès

Il ne pouvait pas manquer le 15e anniversaire de cette magnifique opération, créée en 2001 à l’initiative de la Jeune Chambre Economique de Chalon.

Depuis plusieurs jours sa venue était espérée par tous mais il s’est encore fait attendre tout au long de la journée. Le soleil, puisque c’est de lui dont il s’agit, est arrivé samedi alors que s’achevait à Champforgeuil par un final de haute tenue « Un avion, un enfant, un rêve ». Comme pour marquer encore un peu plus cette édition 2016 du sceau du succès.
Une édition 2016 qui avait débuté en beauté par le survol de Champforgeuil et de Fragnes-La Loyère par deux avions du groupe directorial de la célébrissime Patrouille de France, lâchant des fumigènes bleus et rouges, sur le coup des dix heures trente. A cette heure des dizaines et des dizaines de bénévoles s’activaient déjà sur les deux sites.
A commencer par les préposés aux baptêmes en avion. Renseignement pris auprès de Fabien Chanois, le grand ordonnateur des départs, ce sont au total près d’une soixantaine d’enfants et de personnes malades et handicapées, originaires de Saône-et-Loire et de Côte-d’Or, qui ont pu aller pour la première fois faire un tour d’une vingtaine de minutes dans le ciel du Chalonnais. Conduits par Frédéric Duterrage de l’aéro-club du Bassin Minier (sis à Pouilloux), par Didier Perrault de l’aéro-club du Morvan (implanté à Autun) et par Michel Picard, maire de Chagny, à bord de son avion personnel. Trois pilotes qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour que le planning des rotations soit correctement respecté.


Une douzaine de trikes venus de toute la France


Mais « Un avion, un enfant, un rêve », même si son intitulé contient le mot « avion », ce n’est plus depuis plusieurs années uniquement que des baptêmes de l’air. D’autres baptêmes sont venus se rajouter. Comme par exemple les baptêmes en bateau, grâce à Cap au Large et son président Jean-Luc Durand et grâce aussi au team AB Boat 71 toujours fidèle entre deux entraînements. Une centaine de bénéficiaires a ainsi pu effectuer une reposante promenade sur les eaux du canal du Centre, au départ de la halte nautique de Fragnes.
Et au fil des éditions la palette des baptêmes s’est encore élargie. Avec désormais la possibilité de rejoindre Champforgeuil à Fragnes en side-car, en camion, en voiture (plus particulièrement des véhicules à l’intérieur desquels on n’a pas la chance de monter dans la vie quotidienne) et pour la première fois cette année en trike. Des trikes - ces drôles d’engins à trois roues ! - venus de toute la France. Finalement c’est également une centaine de « chanceux », qui ont pu se balader dans les rues et sur les routes du Nord de Chalon.


Faire mieux connaître la maladie de Charcot


L’un des temps forts de la journée a été bien sûr l’accueil de Gilles Houbart sur le tarmac de Champforgeuil, en fin d’après-midi, en présence de nombreux officiels, partenaires et invités, parmi lesquels Jehan-Eric Winckler, sous-préfet de Chalon, Gilles Platret, maire de Chalon, Cécile Untermaier, députée, Elisabeth Roblot, vice-présidente, représentant André Accary, président du Conseil départemental, Raymond Gonthier, conseiller départemental, Annie Lombard, vice-présidente chargée des solidarités, représentant Sébastien Martin, président du Grand Chalon, René Guyennot, maire de Champforgeuil, Christophe Hannecart, maire de Saint-Martin-sous-Montaigu, Michel Isaïe, maire de Saint-Jean-de-Vaux, ainsi que celle de plusieurs élus de communes de la région chalonnaise (Fontaines, Fragnes-La Loyère, Givry, Saint-Marcel, Saint-Rémy...).


Atteint de la maladie de Charcot depuis 2007, Gilles Houbart, ancien guide de haute montagne et ancien moniteur de parapente, s’est lancé, à l’âge de 59 ans, comme pari celui d’effectuer dans un fauteuil roulant électrique les 788 km reliant Bellentre, petit village de Tarentaise, à Paris, en treize étapes. Histoire de faire connaître un peu plus au grand public cette terrible maladie, dont le nom scientifique est sclérose latérale amyotrophique. La SLA est une affection neurologique dégénérescente touchant le système nerveux central de l’adulte et entraînant une lésion des cellules nerveuses, ce qui provoque une paralysie progressive. Plus de 800 nouveaux cas sont ainsi diagnostiqués chaque année en France. Les personnes ayant eu durant leur vie de grosses activités physiques (sportifs de haut niveau, agriculteurs...) seraient les plus concernées. L’espérance de vie médiane (50% de décès) est de 27 mois, la survie à plus de cinq ans après le début de la maladie étant à peine d’un malade sur cinq.


Gilles Houbart a bouclé les derniers kilomètres de la sixième des treize étapes le menant le 11 juin prochain à Paris, devant le ministère de la Santé, en compagnie de José Utiel, un quadra charmillat, lui aussi atteint depuis de nombreux mois de « cette saloperie », pour reprendre son expression. José Utiel était bien sûr soutenu par les membres de l’association « Josespoir », créée par sa compagne Sandrine.


Avant que place soit laissée à la démonstration de l’Equipe de Voltige de l’Armée de l’Air, la présidente de « Josespoir » a remis à Valérie de Broglie, directrice de la Fondation Thierry Latran, un chèque d’un montant 14 100 €,  correspondant à la moitié du bénéfice de la vente de bougies led lors de la chaîne de la Lumière et de l’Espoir. Une action initiée par l’association de La Charmée, avec l’appui du Collectif Solidarité Charcot, et qui s’est déroulé simultanément dans plusieurs villes de France en décembre 2015 sous le parrainage d’Yves Duteil. Si 14 100 € ont donc été attribués à la recherche, 14 100 € vont aussi servir à aider les malades et leurs familles, via les associations de terrain membres du Collectif Solidarité Charcot.


L’Equipe de Voltige de l’Armée de l’Air en invité d’honneur


Comme le veut une tradition bien établie, « Un avion, un enfant, un rêve » s’est achevé par un show aérien. Plus court qu’à l’ordinaire pour des raisons indépendantes de la volonté des organisateurs. A cause d’une météo défavorable, les pilotes des deux stearmans de la patrouille Sierra Whisky n’ont pas pris le risque de décoller de Reims et de Saint-Dizier. Appelé pour une mission, l’hélicoptère C 135 de la section aérienne de Bourgogne de la Gendarmerie Nationale, a dû quitter Champforgeuil plus tôt qu’initialement prévu. Et en début de semaine des problèmes sur son avion avaient contraint Sylvain Parmentier, le chef pilote d’Air Chalon Club, à déclarer forfait. Si la quantité faisait défaut, la qualité était là et bien là, avec le capitaine Pierre Varloteaux, membre de l’Equipe de Voltige de l’Armée de l’Air depuis 2001, et qui a participé à six championnats de France élite, trois championnats d’Europe et trois championnats du Monde. Durant une vingtaine de minutes, l’actuel commandant de l’Equipe de Voltige de l’Armée de l’Air a littéralement enthousiasmé le public, pourtant gâté depuis toujours.


« Un avion, un enfant, un rêve » est avant tout une journée festive. Et cette année encore la fête a été belle... Avec plein d’animations. Des « anciennes », comme une zumba géante organisée en début d’après-midi sous la halle de Fragnes ou comme une démonstration de matériel pour personnes en fauteuil proposée par Michel Vézy et son équipe de Samoëns Handiglisse. Mais aussi des « nouvelles », telles que la course de voitures sur un circuit automobile électrique ou des prises de photos avec des trompe-l’œil typiquement aéronautique.
Quinze ans ont passé depuis la première édition... et toujours avec la même réussite. Comme n’a pas manqué de le faire remarquer le maire de Chalon Gilles Platret lors de sa prise de parole. Et avec toujours le même objectif souligné par le sous-préfet de Chalon Jehan-Eric Winckler : mettre de la lumière dans les yeux des enfants qui ne sont pas gâtés par la vie.

Gabriel-Henri THEULOT

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