Agression vendredi de 4 pro-migrants par des militants d'extrême-droite

Vendredi, en début de soirée, des militants d'extrême-droite ont agressé 4 personnes en marche d'un rassemblement organisé, à l'occasion de la Journée mondiale pour les migrants, dont la présidente de la CIMADE71 et deux membres de la section locale du Parti Communiste Français. Hier, deux des victimes de cette agression s'exprimaient lors d'une conférence de presse. Plus de détails avec Info Chalon.

Vendredi 18 décembre, aux alentours de 18 h 30, de retour de la déambulation aux flambeaux, organisée par le Collectif Chalon Solidarité Migrants, à l'occasion de la Journée mondiale des Migrants, 4 militants ont été sauvagement agressés par deux individus tout de noir vêtus et vraisemblablement âgés d'une vingtaine d'année, d'après les victimes, à l'angle de la Rue Fructidor et du Boulevard de la République.


Après avoir frappé, insulté et jeté à terre leurs victimes, les agresseurs se sont emparés des pancartes, en guise de piètre butin de guerre avant de déguerpir à la hâte.


Bien qu'elle n'a pas pu interpellé les agresseurs qui ont pris la poudre d'escampette, la Police est intervenue rapidement sur les lieux.


Parmi les victimes, la présidente de la CIMADE 71, Nicole Vercey, la co-trésorière et le co-secrétaire de la section PCF du Grand Chalon, Dolorès Arnao, Alexandre Bessot, et la fille de ce dernier, âgée de 19 ans.


Pour l'heure, 3 d'entre d'elles ont porté plainte.


Hier, à 17 heures 30, une conférence de presse était organisée au siège de la Fédération PCF 71 et de la section Grand Chalon, 30 Rue Théodore de Foudras, avec deux victimes, Dolorès et Alexandre.


En premier lieu, la section PCF du Grand Chalon a souhaité apporter tout son soutien au Collectif Chalon Solidarité Migrants dont elle fait partie ainsi qu'à la CIMADE 71.


«Nous soulignons la lâcheté dont on fait preuve les agresseurs. Attaque par surprise et dans le dos, coups portés à trois femmes, dont deux sont retraitées et la troisième étudiante», dit Alexandre Bessot, en lisant le communiqué de presse.


Précisons que les agresseurs ont revendiqué leur acte sur les réseaux sociaux.


«Au terme d'une manifestation d'une soixantaine de gauchistes, en soutien aux migrants, deux nationalistes Bourguignons attaquent les jeunes PCF. Sous la pression, ils abandonnent leurs matériels», pouvait-on lire via l'application de messagerie instantanée sécurisée, Telegram.


De jeunes, il n'y avait que la fille du militant communiste. Pas sûr qu'être déclarées «jeunes» consolent les deux retraitées...


La revendication est accompagnée d'une photo où l'on voir les pancartes arrachées aux 4 militants et un drapeau bourguignon.


«Nous sommes convaincus de la participation d'une troisième personne», poursuit le co-secrétaire, estimant que les Communistes étaient particulièrement visés, d'après cette revendication.


«Si les défenseurs des droits humains sont qualifiés de "gauchistes", nous rappelons à ces individus que nous préférons ce terme à celui de "fascistes" que nous pouvons leur décerner sans aucun doute. Nous revendiquons d'être communistes et nous sommes fiers de l'être! Car les nôtres sont encore célébrés tous les 8 mai pour faits de résistance! Nous retrouvons là les vieilles techniques d'intimidation, de stigmatisation dont est friande l'extrême-droite. Sachez que nous n'avons pas peur! Nous continuerons, quoiqu'il arrive, à nous dresser contre vos idées rances et de votre haine», ajoute-t-il avant de céder la parole à Dolorès, obligée de porter des lunettes noires, celles qu'elle porte habituellement ayant été brisées lors de l'agression.


La Section PCF du Grand Chalon inscrit cette agression dans un continuum à l'échelle nationale et locale (dégradations de locaux, agressions, insultes, etc).


«(cette agression) s'inscrit également dans un climat de violence de l'État contre les migrants et contre celles et ceux qui défendent les droits de l'Homme mais aussi contre les citoyens qui contestent la politique anti-sociale du gouvernement. Cette violence illégitime de l'appareil de l'État encourage la parole et les passages à l'acte des extrêmistes racistes et réactionnaires comme dans les heures les plus sombres de notre Histoire», poursuit la co-trésorière avant de citer la célèbre citation du pasteur allemand Martin Niemöller (1892–1984) sur la lâcheté des intellectuels au moment de l'accession des Nazis au pouvoir et des purges qui ont alors visé leurs ennemis, un groupe après l'autre: «Quand les Nazis sont venus chercher les communistes, je n'ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n'ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester».


«Nous ne sommes pas encore là mais la Bête immonde rôde!», prévient Dolorès Arnao avant d'ajouter : «Nous appelons toutes les organisations Chalonnaises à se rassembler dès janvier pour faire front contre la montée de l'extrême-droite et nous signons la Section PCF du Grand Chalon»


Une enquête est en cours.


Notons que la revendication n'a pas été signée, il est, pour l'heure, difficile de dire à quel groupe d'extrême-droite appartiennent les agresseurs, si tenté qu'ils appartiennent à un groupe d'extrême-droite, et que le PCF fête ses 100 ans d'existence, en ce mois de décembre.

 

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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